Lettre 392 La bataille du détroit d'Ormuz
On revient de loin!
La trêve acceptée par Trump sonnait comme une reculade. Un retrait du théâtre d’opérations. Déçu par l’attitude des tous ceux qui sont concernés par la fermeture du détroit d’Ormuz, Trump avait lâché l’affaire.
Cette guerre paraissait la plus grande défaite d’un Occident incapable de se coaliser pour défendre ses intérêts. Certes, ce blocus tout relatif n’était que le résultat d’une campagne militaire engagée contre le gré des Européens.
Certes, les Européens refusaient légitimement d’être entraînés dans une aventure avec un ennemi qu’il étaient prêts à supporter. Et qu’ils supportent depuis 47 ans.
Mais il faut être logique. Les Européens sont les derniers soutiens du droit international. Ils le revendiquent. Et lorsqu’il est violé, ils montent aux créneaux. (Ce n’est qu’une image)
Alors pourquoi ne font ils rien lorsque cette violation flagrante du droit maritime leur cause un préjudice conséquent.Pourquoi rechignent t ils à le faire respecter.
C’est précisément la question que Trump leur pose. Et puisque la réponse a été négative, il s’en est lavé les mains.
Dans une lettre précédente nous écrivions que bientôt les Européens supplieront Trump d’intervenir.
Car à y bien regarder, si la marine française dispose d’une base navale dans le secteur, elle n'est en rien de comparable à la flotte américaine.
Et vous avez tous compris.
Le pays qui dispose de ce détroit, n’a pas besoin de l’arme atomique. Il possède l’arme la plus puissante capable de mettre la planète à genoux.
Le pire, c’est que la fermeture du détroit n’a nécessité ni coup de feu, ni déploiement de force. La simple menace a suffit. Et après quatre petites semaines, le monde était sens dessus dessous. Trump semblait avoir baissé pavillon.
Trafalgar dans toute sa splendeur.
On ne s’en remettrait pas. Car désormais, ce détroit ne serait plus libre. Les Iraniens ont bien compris que sans Trump, personne ne viendra les déloger. Et que tous viendront cracher au bassinet.
Et encore bien contents qu’on leur en donne la possibilité.
Il y a 3.200 navires bloqués dans le détroit. Ils ne sortiront que par la force des baillonettes ou du chéquier. Et il faudra plusieurs mois pour que tous puissent sortir au compte gouttes. Par ici les Bitcoins.
Et connaissez vous un armateur qui s’y aventurera à revenir? Qui ira chercher le pétrole? À quel prix et avec quels risques?
Et c’est à cet instant que le cessez le feu vient calmer les esprits et permet à Trump de manier ses deux outils préférés: La menace et la négociation.
Les deux font la paire. Montrer les muscles pour mieux imposer ses conditions. Mais après un petit tour de table, Witkoff s’est levé pour claquer la porte. L’Iran refuse de renoncer à son programme nucléaire. C'est uen ligne rouge pour les deux côtés.
Nous étions tous persuadés que cette négociation allait se perdre dans les ténèbres et que Trump irait se faire pendre ailleurs. Se faire oublier en ouvrant ailleurs une autre ligne de front.
Et voilà la preuve par quatre que tout est planifié, pensé, organisé. Dans un premier temps, Trump exige le partage des royalties sur le passage des navires commerciaux. Une forme de fifty-fifty oublieux du droit international.
Et sur refus attendu des Iraniens, Trump porte l’estocade. Blocus. Et dans les deux sens. Mais limité aux ports Iraniens.
Au final, cette trêve de 15 jours semble le temps nécessaire à l’armée américaine pour se réorganiser, se réarmer, se repositionner. Trump n’utilise la négociation que pour temporiser et donner le change à une opinion publique qui réclame le désengagement.
Trump a trouvé l’antidote: Soit le détroit est ouvert à tous sans conditions, soit il est fermé hermétiquement et dans les deux sens. Et il met en place les moyens de blocage. Déjà deux tankers ont fait demi-tour.
Et Trump d’appeler les pays de l’OTAN et du Golfe à participer à ce blocus. Il leur demande de se tirer une balle dans le pied!! Pas moins que ça.
Mais leur refus ne changera rien à l’affaire, sauf à se faire à nouveau vilipender. L’affaire est délicate car les Gardiens de la Révolution sont assez fous pour lancer un bateau suicide sur un navire américain.
Le noeud de ce conflit, c’est le désamour entre les USA et l’Europe. Jusqu’à les considérer comme un ennemi potentiel. En faisant accroire la thèse que l’Europe à travers l’OTAN pourrait se défendre sans le parapluie américain. Sornettes!
Pourtant la société américaine n’a jamais été aussi proche des idées partagées en Europe où le Wokisme fait des ravages. Et le mandat de Trump prend fin dans moins de trois ans. Alors qu'il faudra au moins dix ans pour constituer une force armée sérieuse. Mensonges!
Mais attendez vous à savoir que cette force internationale devra se mettre en place. Trump ourdit ici un artifice vicieux. Il place un noeud coulant sur le passage du pétrole avec un argument incontournable: Priver l’Iran de sa ressource principale. Priver aussi les Chinois d’énergie s’ils poursuivent leur aide stratégique à l’Iran.
Ormuz et l’île de Kharg, c’est la bataille des Dardanelles. Soit une coalition forte contre l’axe du mal, soit une déculottée générale.
Dans cette coalition, Trump voudrait allier les pays du Golfe, les Européens, et cerise sur le gâteau, Israël. Et en poussant le raisonnement au bout, Trump et son équipe ont provoqué ce blocus iranien pour aboutir à ce résultat diabolique: Forcer la main aux Européens et accaparer le trésor de guerre.
Car dans ce plan à tiroirs, se trouve en épilogue la main-mise sur le pétrole iranien. Ou Trump n’est plus Trump. Avec un petit caillou dans la chaussure des Chinois.
Il est grand temps que nos commentateurs cessent de traiter Trump et son équipe d’amateurs n’ayant aucune connaissance du monde arabe.
Alors oui, l’apparente reculade de Trump n’a été que le moyen de poser un plan de bataille dans lequel tous ont leur rôle, une sorte de casting improbable.
Et en toile de fond une possible reprise des hostilités.
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