Lettre 59 Un avion abattu par erreur

On a échappé à une guerre annoncée.

Aux dernières nouvelles, Trump avait engagé une politique de retrait du Moyen Orient libérant ainsi l'échiquier au profit de Poutine ainsi qu'aux milices pro-iraniennes, sans parler de Daesh dont l'éradication n'est que provisoire.

 Et subitement les événements se sont accélérés avec pour point de chute 180 victimes collatérales.

Voici le fil des arcanes tel que rapporté en Israël sur la base des informations collectées au Canada et dans la presse américaine.

Informations à prendre comme d'habitude avec les réserves d'usage.

Tout a commencé au mois de mai 2019 lorsqu'en réplique aux sanctions américaines, l'Iran a piloté plusieurs attaques contre des tankers dans le golfe persique.

Photo provenant de la télévision d’Etat iranienne montrant  le tanker norvégien pris pour cible en mer d’Oman,  le 13 juin.

Les services de renseignements américains ont alors proposé à Trump l'élimination ciblée du chef des milices chiite Soleimani  comme possible réplique de nature donner un avertissement sévère à l'Iran.

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Le 27 décembre 2019  ces milices basées en Irak ont bombardé une base militaire américaine provoquant la mort d'un civil américain et blessant plusieurs militaires. Cette attaques faisaient suite à plusieurs attaques antérieures qui n'ont causé que des dégâts matériels.

 Cette situation tendue avait certainement pour objet d'accélérer  le départ des boys annoncé par Trump.

En réplique, des bases chiites furent à leur tour bombardées causant de nombreuses victimes parmi les activistes pro-iraniens.

Tout a basculé lors de l'attaque de l'ambassade américaine à Bagdad en fin d'année laquelle est intervenue sur ordre de Soleimani. Les activistes ont pénétré en nombre dans le périmètre protégé de l'ambassade  et les soldats avaient reçu l'ordre de tirer à balles réelles sur toute personne qui tenterait de pénétrer dans le bâtiment principal.

Cet événement n'étaient pas sans rappeler les douloureuses blessures causées à l'Amérique par l'attaque du consulat de Bengazi en 1972 et l'occupation de l'ambassade de Téhéran en 1979 pendant laquelle 56 diplomates et civils avaient été retenus en otages et où de nombreux soldats avaient perdu la vie lors d'une opération aérienne qui tourna au fiasco.

Des étudiants iraniens montent à l'ambassade américaine à Téhéran, 4 novembre 1979
Des étudiants iraniens montent à l'ambassade américaine à Téhéran, 4 novembre 1979

Depuis lors les relations irano-américaines étaient des plus tendues.

Trump ne pouvait permettre un tel affront et si par chance, les soldats avaient réussi a défendre l'ambassade sans mort d'hommes, il était bien évident que les choses ne pouvaient en rester là, ce d'autant plus que les services de renseignements annonçaient d'autres actions notamment contre d'autres ambassades dont Soleimani avait le secret.

C'est sur fond d'actions répétées et de menaces à venir que l'entourage de Trump chargé de la sécurité va faire pression pour aboutir à l'élimination de celui qui est considéré comme le N° 2 du régime iranien.

Cette élimination était déjà programmée de longue date mais aucun président américain n'avait franchi le pas par crainte de réactions graves. 

Il est bien évident que divers services secrets suivaient de près les faits et gestes de Soleimani et que celui-ci prenait des mesures de sécurité drastiques pour échapper à tout contrôle.

Mais des services bien informés ont déterminé que le 2 janvier 2020, Soleimani se trouvait à bord d'un avion parti de Syrie pour atterrir à Bagdad.

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Son élimination ciblée a été ressentie comme un tremblement de terre en Iran et alors que le peuple était divisé sur la politique des ayatollah, cette attaque a eu pour effet de renforcer le nationalisme iranien.

La réplique promise devait être à la hauteur de l'importance du personnage.

Pourtant de façon très inattendue, l’Iran s'est contentée de lancer quelques missiles sur une base américaine en Irak causant prétendument la mort de 80 boys.

Cette action de représailles a été présentée comme une victoire sans précédent. L'Iran n'avait jamais osé s'attaquer de front une base militaire américaine. Le peuple exultait.

Trump a très vite démonté cette propagande et a cherché à calmer le jeu, aucune des parties ne recherchant l'escalade. Pourtant là encore, connaissant le caractère va-en-guerre du personnage, on craignait le pire ce qui a impacté tant la bourse que le prix du baril de pétrole. 

En réalité, l'information avait fuité et les soldats américains étaient confinés dans les bunkers de sorte que seuls quelques dégâts matériels furent à déplorer.

 Mais dans cette ambiance de crainte d'attaque mutuelle de représailles, l'armée iranienne pilotée par les gardiens de la révolution a fait une erreur d'appréciation en abattant un avion civil ukrainien survolant Téhéran  causant la mort de 180 civils en majorité iraniens et canadiens.

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De façon scandaleuse, la position officielle évoquant une panne technique ne pouvait être accréditée face aux éléments de preuve flagrants attestant d'un tir de missile de fabrication russe.

Le peuple iranien a remis en cause la politique menée et s'est interrogé sur le crédit que l'on pouvait accorder au gouvernement.

Au final, l'Iran promet aux victimes que les responsables seront punis, et de pointer du doigt la pression que l’Amérique fait peser sur elle.

On aurait pu pour le moins s'attendre à des excuses circonstanciées, voire à des offres d'indemnisation.

En dernières nouvelles, un général des gardiens de la révolution a  endossé la responsabilité du drame.

Effet pervers de cette chaîne d'actions, Trump a renforcé l'envoi de troupes et 4.000 soldats sont en route.

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Trump envoi 4.000 soldats en Irak

L'Iran s'est ridiculisée et il faut s'attendre à une accalmie toute provisoire car déjà d'autres attaques sont annoncées.

Trump a adressé divers messages de médiation à l’Iran par l’intermédiaire de la Suisse laquelle sert de boite aux lettres depuis la rupture des relations diplomatiques entre ces deux pays.

On est passé à deux doigts d'un affrontement direct mais rien n'est joué. Si Trump finit par retirer ses troupes, l'Iran prendra position de façon extensive en Irak, pays rongé par la corruption d'un pouvoir fantoche aux ordres de l'étranger.

En attendant en Israël, on se félicite du déroulement des événements, mais il faut se souvenir que si les milices pro-iraniennes basées au Liban sud n'ont pas encore bougé, c'est aussi parce que Tsahal bombarde régulièrement en Syrie et en Irak des convois d'armes sophistiquées de fabrication russe venus d'Iran et qui leur sont destinées.

 Finalement cette escalade se termine par la chute "malencontreuse" d'un avion à bord duquel se trouvaient pour une large part des civils iraniens.

On n'a guère entendu de cri d'orfraie. Le calme semble revenu. Les pays occidentaux n'en demande pas moins.

On oubliera vite cet épisode.

















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