Lettre 73 Projet d'annexion
PALESTINE
Un nom évocateur d'espoir pour les uns, de troubles pour les autres et de diatribe médiatique pour tout le monde.
Historiquement, cette région du Moyen-Orient a été le siège du royaume d'Israël (biblique mais bien réel) avec pour premier roi Saül puis David (-1.300 AJC) suivi de son fils Salomon, roi sage célèbre pour ses jugements.
Puis pendant mil ans suivra une succession de rois jusqu'au dernier d'entre eux, le fameux Hérode (-73 à + 4), grand bâtisseur qui agrandira le temple de Jérusalem; temple qui sera détruit par les romains en 67 en répression du peuple juif qui refusait de se soumettre aux lois païennes. Le royaume d'Israël aura donc duré de -1300 à 67.
Temple de Jérusalem au temps d'Hérode le Grand
C'est précisément à cette période de l'occupation romaine que le nom de "Palestine" sera imposé par les romains et son usage persistera jusqu'à en oublier le royaume d'Israël gommé par 2000 ans d'exil, les juifs ayant fuit la Palestine pour échapper à la répression romaine.

La Menorah dérobée au Temple par les légions romaines sur l'arc de triomphe de Titus à Rome
Israël se mue en "Palestine" appellation reprise par le monde arabe pour désigner une vague province de l'empire ottoman laissée à l'abandon jusqu'à ce que les mouvements sionistes la ressuscitent au début du 20ème siècle et lui redonne son nom d'origine: ISRAËL
Le traité de Sèvres, conclu le à la suite de la Première Guerre mondiale entre les Alliés victorieux et l'Empire ottoman, reprennent les trois principes de la déclaration Balfour de 1917 au sujet de la Palestine:
Les populations arabes autochtones n'avaient aucun poids considérées comme partie intégrante d'un pays ennemi démantelé et qui avait abandonné une partie importante de son territoire aux alliés grands vainqueurs.

Plan du démantèlement de l'empire ottoman en 1920
Notons ici qu'il n'était pas question de créer un pays arabe en Palestine, alors surtout que le nationalisme arabe revendiquait l'indépendance sur d'autres parties du Moyen-Orient ce qui donnera naissance aux pays actuels après la fin des mandats français et britanniques sur la région.
Mais progressivement, l'arrivée massive de juifs d'Europe centrale entre 1920 et 1948 provoquera le soulèvement des populations locales lesquelles finiront par s'opposer à la création d'un pays pour les juifs expatriés.
Voici les données.
En 1947, l'ONU approuve un plan de partition de la Palestine mandataire lequel est refusé par les pays arabes, non pour défendre les intérêts des arabes autochtones, mais pour empêcher la création d'un état juif dans un moyen-orient 100% musulman.

Plan de partage voté par l'ONU en 1947
La guerre qui s'en suivra par l'invasion des pays arabes limitrophes et leur défaite aussi cuisante qu’inattendue, sera suivie de la déclaration d'indépendance d'Israël en 1948 dont les territoires conquis seront plus étendus que ceux prévus par le plan de partage.

Carte d'Israël après la guerre d'indépendance de 1948
Mais la partie destinée à constituer l'état palestinien (Cisjordanie en vert sur la carte) sera occupée par la Jordanie jusqu'en 1967 ce qui gèlera toute velléité de création d'un état palestinien. La population était sous le choc d'une déception et attendait une revanche qui ne viendra ni en 1967 (Guerre des six jours) ni en 1973 (Guerre du kippour).
Ainsi en 1967, l'armée israélienne grand vainqueur et invaincu occupera ce qu'on appelle désormais la "Palestine" alors qu'en Israël on la nomme "Judée-Samarie" c'est-à-dire l'ancienne province biblique siège de la royauté avec Jérusalem comme capitale.
Depuis 1967, des israéliens activistes et religieux se sont installés en Palestine considérant qu'à leurs yeux cette région est le cœur de géographique de leur foi pour inclure les sites religieux les plus sacrés savoir, le tombeau des patriarches (Abraham, Isaac et Jacob) et des matriarches (Sarah, Rebecca et Léa) sans parler du mont du temple.

Hébron et la Mah'pela lieu de sépulture de Sarah Abraham et des patriarches
Ainsi en 53 ans, 500.000 israéliens vont s'implanter en Palestine en créant de toute pièce des villes dont la plus importante, Maalé Adoumin (Jérusalem-Est) comprend 40.000 habitants.
Ce que les palestiniens nomment "occupation" se fait à grand renfort de présence militaire générant des tensions rendant la circulation particulièrement dangereuse.
Depuis les accords d'Oslo et la création de l'autorité palestinienne, la Cisjordanie a été divisée en trois zones A B C.
A : Sous contrôle total palestinien
B : Contrôle mixte palestinien-israélien
C : Contrôle total israélien

Carte de répartition de la souveraineté en Palestine
Il est remarquable que des localités importantes se trouvent au cœur de la Palestine rendant la situation inextricable sauf à admettre que les palestiniens ne voient pas d'objection à cette présence en cas de création de leur état.
Rappelons que cette mixité existe en Israël avec pas moins de deux millions d'arabes israéliens, minorité vivant en bonne intelligence et droits égaux.

Plan de partage TRUMP
Ainsi Natanyaou qui a déclaré accepter le plan du siècle présenté par Trump entend mettre celui-ci en application dès le 1er juillet 2020 du moins pour ce qui concerne l'annexion de la vallée du Jourdain (Partie droite de la Cisjordanie) et des parties de territoire où se trouvent les implantations juives.

Carte d'ensemble du futur état palestinien selon Trump
Un territoire frappé de mitage et relié par des routes sécurisées.
En contrepoint, l'autorité palestinienne déclare que si cette annexion est mise en oeuvre elle déclarera son indépendance dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale (intégrant donc le mont du temple) et provoquant la division de Jérusalem.
Voilà qui promet de belles joutes dont l'euphémisme ne vous échappera pas.
Sur le plan de politique intérieure, Gantz est lié par un accord de coalition qui prévoit cette annexion et déclare "Prends ce qui t'es attribué et pour le reste on avisera"
Sur le plan de politique internationale, seule la position américaine sera influente. L'Europe se contentera d'une condamnation verbale, Poutine n'y a aucun intérêt et les pays arabes ont abandonné la partie pour pactiser secrètement avec Israël.
Les avis sont partagés quant aux conséquences de cette annexion.
Certains prédisent un embrasement du style intifada.
D'autres pensent que le peu de troubles qui ont suivi le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem laissent à penser que la fatalité prédomine.
Ce qui est sûr c'est qu'Israël va s’attirer les foudres de l'Union Européenne, grand chantre de la solution à deux états, mais on sait le poids de cette ire dès lors que l'Amérique donne sa bénédiction à l'annexion.
Last but not least
Mais de quoi est-il question ?
La Palestine (Frontière de 1967) représente un territoire de 6.020 km² soit exactement la surface de la Moselle !!
Bref un mouchoir de poche pour ne pas dire un kleenex dont on sait le destin.
Certains diront qu'il est regrettable qu'Israël ait cru devoir arracher en 1967 cette enclave aux Jordaniens pour des raisons de sécurité.
Regardez bien la carte: De Tel-Aviv à la frontière il n'y a pas plus de 10 km. Vous avez dit sécurité ?!!
En 1967 les bombes pleuvaient sur Israël comme elles continuent à tomber sur le sud depuis la bande de Gaza.
Et à Gaza comme en Cisjordanie, point de salut sans une étroite collaboration économique avec un voisin incontournable en l'état.
Si un accord n'est pas trouvé aujourd'hui, la solution à deux états ne sera plus qu'un mirage.
Demeure l'éternelle question de la façon dont une population peut prétendre devenir un peuple avec vocation à se constituer en état.
Il semblerait que les palestiniens n'ont pas encore dépassé le stade de la négation d'Israël, négation qui ne suffit pas à fonder un nationalisme créateur.
Un nom évocateur d'espoir pour les uns, de troubles pour les autres et de diatribe médiatique pour tout le monde.
Historiquement, cette région du Moyen-Orient a été le siège du royaume d'Israël (biblique mais bien réel) avec pour premier roi Saül puis David (-1.300 AJC) suivi de son fils Salomon, roi sage célèbre pour ses jugements.
Puis pendant mil ans suivra une succession de rois jusqu'au dernier d'entre eux, le fameux Hérode (-73 à + 4), grand bâtisseur qui agrandira le temple de Jérusalem; temple qui sera détruit par les romains en 67 en répression du peuple juif qui refusait de se soumettre aux lois païennes. Le royaume d'Israël aura donc duré de -1300 à 67.
Temple de Jérusalem au temps d'Hérode le Grand
C'est précisément à cette période de l'occupation romaine que le nom de "Palestine" sera imposé par les romains et son usage persistera jusqu'à en oublier le royaume d'Israël gommé par 2000 ans d'exil, les juifs ayant fuit la Palestine pour échapper à la répression romaine.
La Menorah dérobée au Temple par les légions romaines sur l'arc de triomphe de Titus à Rome
Israël se mue en "Palestine" appellation reprise par le monde arabe pour désigner une vague province de l'empire ottoman laissée à l'abandon jusqu'à ce que les mouvements sionistes la ressuscitent au début du 20ème siècle et lui redonne son nom d'origine: ISRAËL
Le traité de Sèvres, conclu le à la suite de la Première Guerre mondiale entre les Alliés victorieux et l'Empire ottoman, reprennent les trois principes de la déclaration Balfour de 1917 au sujet de la Palestine:
Nous fêtons cette année les 100 ans de ce traité international qui servit de fondement à la création de l'état d'Israël.« Les Hautes Parties contractantes sont d'accord pour confier, par application des dispositions de l'article 22, l'administration de la Palestine, dans les frontières qui seront déterminées par les Principales Puissances alliées, à un mandataire qui sera choisi par lesdites Puissances. Le mandataire sera responsable de la mise à exécution de la déclaration originairement faite par le Gouvernement britannique et adoptée par les autres Puissances alliées, en faveur de l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, étant bien entendu que rien ne sera fait qui pourrait porter préjudice aux droits civils et religieux des Communautés non juives en Palestine, non plus qu'aux droits et au statut politique profitant aux juifs dans tout autre pays. [...] »
Les populations arabes autochtones n'avaient aucun poids considérées comme partie intégrante d'un pays ennemi démantelé et qui avait abandonné une partie importante de son territoire aux alliés grands vainqueurs.

Plan du démantèlement de l'empire ottoman en 1920
Notons ici qu'il n'était pas question de créer un pays arabe en Palestine, alors surtout que le nationalisme arabe revendiquait l'indépendance sur d'autres parties du Moyen-Orient ce qui donnera naissance aux pays actuels après la fin des mandats français et britanniques sur la région.
Mais progressivement, l'arrivée massive de juifs d'Europe centrale entre 1920 et 1948 provoquera le soulèvement des populations locales lesquelles finiront par s'opposer à la création d'un pays pour les juifs expatriés.
Voici les données.
En 1947, l'ONU approuve un plan de partition de la Palestine mandataire lequel est refusé par les pays arabes, non pour défendre les intérêts des arabes autochtones, mais pour empêcher la création d'un état juif dans un moyen-orient 100% musulman.
Plan de partage voté par l'ONU en 1947
La guerre qui s'en suivra par l'invasion des pays arabes limitrophes et leur défaite aussi cuisante qu’inattendue, sera suivie de la déclaration d'indépendance d'Israël en 1948 dont les territoires conquis seront plus étendus que ceux prévus par le plan de partage.

Mais la partie destinée à constituer l'état palestinien (Cisjordanie en vert sur la carte) sera occupée par la Jordanie jusqu'en 1967 ce qui gèlera toute velléité de création d'un état palestinien. La population était sous le choc d'une déception et attendait une revanche qui ne viendra ni en 1967 (Guerre des six jours) ni en 1973 (Guerre du kippour).
Ainsi en 1967, l'armée israélienne grand vainqueur et invaincu occupera ce qu'on appelle désormais la "Palestine" alors qu'en Israël on la nomme "Judée-Samarie" c'est-à-dire l'ancienne province biblique siège de la royauté avec Jérusalem comme capitale.
Depuis 1967, des israéliens activistes et religieux se sont installés en Palestine considérant qu'à leurs yeux cette région est le cœur de géographique de leur foi pour inclure les sites religieux les plus sacrés savoir, le tombeau des patriarches (Abraham, Isaac et Jacob) et des matriarches (Sarah, Rebecca et Léa) sans parler du mont du temple.
Hébron et la Mah'pela lieu de sépulture de Sarah Abraham et des patriarches
Ainsi en 53 ans, 500.000 israéliens vont s'implanter en Palestine en créant de toute pièce des villes dont la plus importante, Maalé Adoumin (Jérusalem-Est) comprend 40.000 habitants.
Ce que les palestiniens nomment "occupation" se fait à grand renfort de présence militaire générant des tensions rendant la circulation particulièrement dangereuse.
Depuis les accords d'Oslo et la création de l'autorité palestinienne, la Cisjordanie a été divisée en trois zones A B C.
A : Sous contrôle total palestinien
B : Contrôle mixte palestinien-israélien
C : Contrôle total israélien

Carte de répartition de la souveraineté en Palestine
Il est remarquable que des localités importantes se trouvent au cœur de la Palestine rendant la situation inextricable sauf à admettre que les palestiniens ne voient pas d'objection à cette présence en cas de création de leur état.
Rappelons que cette mixité existe en Israël avec pas moins de deux millions d'arabes israéliens, minorité vivant en bonne intelligence et droits égaux.

Plan de partage TRUMP
Ainsi Natanyaou qui a déclaré accepter le plan du siècle présenté par Trump entend mettre celui-ci en application dès le 1er juillet 2020 du moins pour ce qui concerne l'annexion de la vallée du Jourdain (Partie droite de la Cisjordanie) et des parties de territoire où se trouvent les implantations juives.
Carte d'ensemble du futur état palestinien selon Trump
Un territoire frappé de mitage et relié par des routes sécurisées.
En contrepoint, l'autorité palestinienne déclare que si cette annexion est mise en oeuvre elle déclarera son indépendance dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale (intégrant donc le mont du temple) et provoquant la division de Jérusalem.
Voilà qui promet de belles joutes dont l'euphémisme ne vous échappera pas.
Sur le plan de politique intérieure, Gantz est lié par un accord de coalition qui prévoit cette annexion et déclare "Prends ce qui t'es attribué et pour le reste on avisera"
Sur le plan de politique internationale, seule la position américaine sera influente. L'Europe se contentera d'une condamnation verbale, Poutine n'y a aucun intérêt et les pays arabes ont abandonné la partie pour pactiser secrètement avec Israël.
Les avis sont partagés quant aux conséquences de cette annexion.
Certains prédisent un embrasement du style intifada.
D'autres pensent que le peu de troubles qui ont suivi le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem laissent à penser que la fatalité prédomine.
Ce qui est sûr c'est qu'Israël va s’attirer les foudres de l'Union Européenne, grand chantre de la solution à deux états, mais on sait le poids de cette ire dès lors que l'Amérique donne sa bénédiction à l'annexion.
Last but not least
Mais de quoi est-il question ?
La Palestine (Frontière de 1967) représente un territoire de 6.020 km² soit exactement la surface de la Moselle !!
Bref un mouchoir de poche pour ne pas dire un kleenex dont on sait le destin.
Certains diront qu'il est regrettable qu'Israël ait cru devoir arracher en 1967 cette enclave aux Jordaniens pour des raisons de sécurité.
Regardez bien la carte: De Tel-Aviv à la frontière il n'y a pas plus de 10 km. Vous avez dit sécurité ?!!
En 1967 les bombes pleuvaient sur Israël comme elles continuent à tomber sur le sud depuis la bande de Gaza.
Et à Gaza comme en Cisjordanie, point de salut sans une étroite collaboration économique avec un voisin incontournable en l'état.
Si un accord n'est pas trouvé aujourd'hui, la solution à deux états ne sera plus qu'un mirage.
Demeure l'éternelle question de la façon dont une population peut prétendre devenir un peuple avec vocation à se constituer en état.
Il semblerait que les palestiniens n'ont pas encore dépassé le stade de la négation d'Israël, négation qui ne suffit pas à fonder un nationalisme créateur.

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