Lettre 181 Il y a 50 ans la guerre de Kippour

 La guerre de Kippour commence dès après la victoire  d'Israël en 1967 (Guerre des 6 jours) et se termine par la paix avec l'Egypte.

Car la guerre des 6 jours fut vécu comme une humiliation pour les pays arabes coalisés qui ont subi une véritable déculottée alors qu'ils étaient donnés gagnants sur le papier.

L'attaque surprise de Tsahal avec la destruction des bases aériennes ennemis devait renverser la donne et permettre à Israël de défaire avec de conquêtes territoriales stratégiques, le Sinaï égyptien et le Golan syrien. (Outre la Cisjordanie et la Bande de Gaza)


Général Moché Dayan grand vainqueur de la guerre des 6 jours

Cette victoire foudroyante eut deux conséquences: Un complexe de supériorité en considération du peu de combattivité des soldats Arabes, et un esprit de revanche de ces deux pays qui rongeaient leurs freins et se préparaient à la contre-attaque pour reprendre les territoires perdus.

Une guerre d'usure s'est installée mais les Israéliens étaient confortablement installés sur le plateau du Golan et derrière la ligne Bar lev le long du canal de Suez. 

Cette victoire fut un tournant dans les relations politiques exceptionnelles qui liaient Israël à la France, pays qui lui avait donné les clés de la fabrication de la bombe atomique.

L'essentiel de l'aviation israélienne était composé par les avions fabriqués par Dassault à savoir les Mirage de célèbre réputation.

De Gaulle avait décrété le 2 juin 1967 un embargo sur la fourniture d'armes aux belligérants, lequel ne devait concerner qu'Israël puisque les pays arabes étaient équipés en armes russes.

C'est ainsi qu'Israël va se tourner vers les USA, alliance motivée en partie par la guerre froide et donnant aux Américains un point d'ancrage au Moyen-Orient.

En 1973, les Mirage avaient été remplacés par les Skyhawks et en derniers lieux par la livraison des avions de chasse Phantom, d'une supériorité manifeste avec les Migs russes.


Le Phantom frappé de l'étoile de David

Au cours de l'année 1973, l'Egypte dirigée par le président Sadate va multiplier les "vraies fausses" annonces de guerre en massant ses troupes aux frontières mélangées de déclarations de recherche de compromis pour obtenir la restitution des territoires perdus.

En soufflant le chaud et le froid, le trouble s'est installé du côté d'Israël, mais les services de renseignements et l'armée étaient persuadés que l'Egypte ne tenterait rien et que ces gesticulations ne méritaient pas de procéder à la mobilisation.

Quelques jours avant le déclenchement des hostilités, l'Egypte a lancé une vaste opération d'exercices militaires simulant l'invasion du Sinaï.

Le Général Dayan, alors ministre de la défense a persuadé Golda Meïr que l'entrée en guerre était d'une très faible probabilité tant que l'Egypte était inférieure en armement.


Le premier ministre Golda Meir

Plusieurs signes avant-coureurs furent rejetés d'un revers de manche.
1) Les familles des instructeurs et conseillers militaires russes furent évacués par avions Tupolev en urgence du Caire et de Damas au même moment.
2) L'espion égyptien Ashraf Marwan, surnommé "l'ange du Mossad", et qui n'était autre que le gendre du président Nasser décédé peu avant, avait informé le Mossad du plan d'attaque conjoint décidé par la Syrie et l'Egypte et donné toutes les précisions.
L'information a été donnée la veille des hostilités, mais la encore, il fut décidé de patienter.
Golda était pétrifiée à l'idée de lancer une guerre préventive comme certains militaires le lui demandaient, pour ne pas déplaire aux Américains.

Le 6 octobre 1973 à 14h00, jour du grand pardon, l'armée israélienne fut prise "avec les pantalons en bas" (Him ha mich'nasaïm le mata) selon l'expression bien connue.
Les armées syrienne et égyptienne alignaient des forces 10 fois plus importantes et rapidement la ligne Bar lev était débordée et le plateau du Golan envahi.

Dès le deuxième jour, Israël menaçait d'être submergé au nord par les blindés syriens et les pertes humaines sur le canal de Suez donnaient froid dans le dos. Il fallait d'urgence mobiliser la réserve pour venir renforcer les jeunes soldats d'active peu aguerris.

La question fut de savoir quel front privilégier.

Le plan consistait à lancer une opération de destruction des bases de missiles en Egypte pour avoir la maîtrise de l'air et repousser les troupes égyptiennes au-delà du canal de Suez.

Mais lorsque les blindés syriens menacèrent de pénétrer au cœur d'Israël sans que rien ne puisse les arrêter, Moché Dayan décida de renverser la vapeur et d'envoyer la chasse pilonner les bases de missiles mobiles installées sur le plateau du Golan et permettre une maîtrise du ciel.

Les Phantom envoyés en aveugle sans repérage photo firent chou blanc et 7 avions furent détruits en quelques heures sans aucun résultat.

Pendant ce temps, les défenseurs de la ligne Bar lev appelaient au secours et les pertes par abandon de la chasse furent telles qu'Israël en sortit traumatisé et que la commission d'enquête Agranat fut nommée pour enquêter sur les carences qui ont menées à ce fiasco.

L'invincibilité d'Israël était remise en cause par la réponse du berger à la bergère: Israël s'était endormi sur ces lauriers et laissé à son tour surprendre par un ennemi très bien préparé.

Il semblerait que l'option de l'usage de l'arme atomique fut envisagée. "Le troisième Temple menaçait ruine".

La situation va très vite se retourner avec l'arrivée des renforts par mobilisation des réservistes et la bataille des blindés tant sur le plateau du Golan que dans le Sinaï verra les armées ennemis défaites.

Alors que Tsahal est aux portes du Caire, un cessez-le-feu est voté par lConseil de sécurité des Nations unies le 22 octobre 1973. La guerre aura duré 15 jours.

Une nouvelle humiliation fut évitée aux Egyptiens en bloquant Tsahal aux portes de la capitale.

Aucun accord de paix n'a été signé avec la Syrie. 

Le plateau du Golan a été annexé par Israël pour des raison stratégiques évidentes.

Par contre, l19 novembre 1977, soit quatre ans plus tard, le président égyptien Anouar el-Sadate devient le premier dirigeant arabe à se rendre en Israël dans une volonté de construire une paix durable entre deux pays englués dans un conflit depuis la fondation de l’Etat hébreu en 1948.

Sadate prend la parole à la Knesset

Depuis lors, le 25 avril 1982 Sinaï sera rendu à l'Egypte dans le cadre des accords de Camp David du 17 septembre 1978.

Sadate aura obtenu par la négociation ce qu'il avait perdu à deux reprises par la guerre. Mais cette reconnaissance de l'Etat hébreu lui sera fatale.

Il le paiera de sa vie le 6 octobre 1981, lors d'un attentat au défilé de la victoire qui se déroule au Caire pour commémorer le huitième anniversaire de la traversée du canal de Suez par les troupes égyptiennes

Il faut supposer que les terroristes ont voulu lui faire payer la traversée du canal dans le sens du retour fuyant les troupes israéliennes!!


Ce fut la dernière guerre où la survie d'Israël fut en jeu. Depuis lors seules des opérations extérieures ont été déployées, Liban, Gaza, Palestine.

Reste l'ami iranien. il attend son heure.

En fait rien n'est résolu et ce serait illusion que de penser que les accords de paix avec les ennemis d'alors suffiront à concrétiser la promesse d'un pays où coule le lait et le miel.


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