Lettre 190 Journal de guerre J+9


Promenade de santé dans Gaza.

L'histoire se répète.

L'essentiel est de ne pas commettre les mêmes erreurs et de tirer les enseignements des actions passées.

Il y a 9 ans, en 2014, Israël se trouvait face au même dilemme pour mettre fin aux tirs incessant de roquettes.

Réseau de tunnels creusés par le Hamas

Des terroristes du Hamas avaient réussi à pénétrer en Israël, qui par la mer, qui par des tunnels.

L'opération Tsouk Eytan avait été décidée avec une incursion de 50 jours en territoire ennemi.

Le premier ministre n'était autre que Benyamin Netanyahu et le chef d'état-major le général Benny Gantz, actuel chef d'un parti d'opposition et qui a accepté d'entrer dans le gouvernement de crise comme ministre sans portefeuille.

On prend les mêmes et on recommence.

Tsahal avait alors mobilisé 75.000 réservistes  (360.000 actuellement) et l'armée était restée 18 jours dans Gaza où se sont déroulés des combats d'une extrême intensité avec l'appui aérien et l'usage des chars et de l'artillerie.

Il en est résulté 75 morts coté israélien et 2.200 côté Gaza dont environ la moitié de civils.

Les combats avaient été entrecoupés de trêves systématiquement violées par le Hamas qui se servait de la population comme bouclier humain.

Sur le plan tactique, le but était de détruire les tunnels construits par le Hamas pour passer sous la frontière et attaquer les localités de OTEF AZA. (Enveloppe de Gaza)

D'autres tunnels creusés en direction de l'Egypte servaient au passage d'armes ou pour palier le blocus mis en place conjointement par Israël et l'Egypte.

L'opération fut une réussite sur le plan des destructions opérées tant au niveau des structures et moyens d'armement du Hamas que du calme tout relatif qui s'en est suivi.

Par contre il est évident qu'en présence d'une population civile restée sur place, la marge de manœuvre était considérablement réduite.

Seules des frappes chirurgicales étaient possibles pour anéantir les sites stratégiques et les dirigeants du Hamas.

Mais les tirs sur OTEF AZA n'ont pas cessé.

A cette époque le Dôme de fer était déjà opérationnel avec une réussite de 90% (Actuellement 97%)

Une nouvelle technologie par lazer "Iron Beam" serait déjà opérationnel à titre expérimental et permettrait de compléter le Dôme de Fer en cas de tirs multiples instantanés dépassant sa capacité (200 missiles minutes) avec un coût extrêmement réduit. (50.000 $ pour un tir du Dôme de Fer)

Tirs antimissiles du Dôme de Fer

Quelques dollars le tir

Israël avait du faire face à une levée de boucliers sur le plan humanitaire en considération des dégâts collatéraux dans la population.

A l'époque, il n'y avait pas eu de véritable déclaration de guerre du Hamas comme ce fut le cas le 7 octobre.

Ce point a toute son importance. Gaza est une entité indépendante non reconnue car fondée sur le terrorisme, mais en cas de guerre déclarée, il appartient à son gouvernement de prendre des mesures de protection de sa population.

D'où l'intérêt de ne pas se limiter à une simple opération de  représailles comme ce fut le cas en 2014.

C'est la raison pour laquelle Tsahal a lancé un ultimatum expirant hier soir au terme duquel la population est invitée à quitter la zone nord de Gaza déclarée zone de guerre en vue d'une incursion sous de très lourds bombardements.

Tsouk Eytan n'avait pas mis fin aux activités terroristes du Hamas lequel avait rapidement reconstitué ses forces grâce aux milliards déversés par le Qatar et l'aide de l'Iran.

En conséquence de quoi, il est désormais question d'éradiquer les activistes du Hamas sans que la tactique ne soit encore dévoilée. On peut imaginer que la population soit repoussée vers le Sinaï égyptien et que Gaza soit transformé en no man's land.

Sinon OTEF AZA ne sera jamais en sécurité. L'implantation de localités directement sur la frontière les rend vulnérables.

Autre paramètre, c'est l'usage d'une nouvelle technologie avec les drones qui se substituent partiellement aux combattants du front.

Les activistes du Hamas attendent cet instant pour livrer comme la dernière fois des combats de rue pour se frotter aux unités d'élite de Tsahal et mourir en martyrs.

Cette forme de guérilla doit être évitée autant que faire se peut.

Pas d'eau, pas d'énergie, pas de vie.

La bande de Gaza est entièrement dépendante d'Israël car malgré les milliards déversés par le monde occidental, rien n'a été construit.

Il en résulte qu'Israël dispose la d'une arme plus efficace que les tanks notamment pour faire libérer les otages.

Mais si la situation perdure, et on parle déjà de plusieurs mois, la population n'aura d'autres choix que de quitter Gaza et l'Egypte de les recevoir.

Il est dès à présent question d'un couloir humanitaire vers l'Egypte. Israël appelle la population a poursuivre sa migration en promettant qu'il n'y aura pas de tirs sur le sud. Israël garanti également un libre passage malgré le refus du Hamas.

Le nord et  le sud de la bande de Gaza sont séparés par un cours d'eau le Wadi Gaza.( A voir sur Google Maps)

Nous sommes donc maintenant dans des considérations complètement différentes et Tsahal attend que le nord se vide de toute population pour intervenir.

Et enfin les USA qui se rangent aux côtés d’Israël et envoient un second porte avions pour dissuader l’Iran de s’impliquer. 

L’Iran a bien compris que sa position par Gaza interposé est en danger.

La France quant à elle se paie de mots de soutien. Jusqu’à quand?

La seule question humanitaire est celle des otages et de leur sort. Ils ont droit à un peu mieux qu'une minute de silence.

Leur vie est un enfer.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Lettre 330 L’Iran frappée au cœur

Lettre 342 Du théâtre à la politique

Lettre 335 Finir la guerre à Gaza