Lettre 241 Le phénix palestinien renaît de ses cendres
Un drone de Tsahal a frappé le véhicule d’une organisation humanitaire (World Central Kitchen) tuant sept de ses membres.
On avait vraiment besoin de ça!
Netanyahu a endossé la responsabilité invoquant une erreur de cible. Mais les répercussions ne se sont pas faites attendre.
Condamnations unanimes.
Mais certains pays n’attendaient que ce type d’événement malheureux pour passer la vitesse supérieure: reconnaître l’Etat palestinien.
Oublié le 7 octobre, oubliés les otages, enterrée la fameuse coalition internationale de lutte contre les organisations terroristes.
Le Hamas vient d’encaisser le dividende le plus gras de sa barbarie: obtenir que la Palestine renaisse de ses cendres.
L’autorité palestinienne a relancé au début du mois la procédure de reconnaissance de son État par l’ONU.
L’Espagne a aussitôt emboîté le pas.
Il faut se souvenir qu’en 1988, après la première Intifada, Yasser Arafat avait autoproclamé à Alger, la création d’un État palestinien. L’Algérie avait aussitôt reconnu cet État, suivie par une quarantaine de pays dont la plus part des pays arabes, mais aussi la Chine, l’Inde, la Turquie, tous les pays d’Afrique et du bloc soviétique.
Les pays d’Amérique centrale et du sud suivront.
En Europe, plusieurs pays ont également reconnu cet État. (République tchèque, Hongrie, Pologne, Bulgarie, Roumanie, Chypre)
C’est ainsi que depuis 2012, l’Autorité palestinienne obtient le statut d’Etat observateur avec accès aux agences de l’ONU et membre de la cour pénale internationale.
On peut affirmer que la messe est dite.
Quid de la France?
Macron a déclaré en février que cette reconnaissance n’est pas « un tabou ».
Belle métaphore!
Mais sur le site du ministère des affaires étrangères on trouve la formule suivante:
"La France considère que le conflit ne pourra être résolu qu’à travers la solution deux États vivant côte-à-côte en paix et en sécurité, conformément au droit international."
Est-ce bien sérieux après les pogroms du 7 octobre?
Il est vrai que les Arabes israéliens retiennent leur souffle et que le calme règne à l’intérieur.
Mais les Palestiniens ont sablé le champagne et ils représentent un puits sans fond pour les organisations terroristes.
Interrogés par le Shabbak (Service secret israélien) les terroristes faits prisonniers n’ont émis aucun repentir sur les horreurs commises, et ont affirmé qu’en cas de libération, ils referaient la même chose, massacrer des juifs.
Et c’est avec ces gens là qu’on nous demande de vivre en paix.
Il y a décidément chez les occidentaux une presbytie épouvantable logée dans leurs principes d’égalité démocratique, qui les empêchent de comprendre les mentalités levantines.
A considérer leur vision, le 7 octobre serait la dixième plaie d’Egypte, celle qui forçat pharaon à libérer les hébreux. Nous devrions ainsi nous soumettre à ce coup du sort ultime et admettre le bien fondé de leurs revendications.
Reconnaître un État palestinien serait selon eux réparer l’erreur commise par les États arabes en 1947 lorsqu’ils ont choisi la guerre et refusé la création de ces deux États.
Si l’intention est louable, elle arrive trop tard, à un moment où l’idéologie développée par l’Iran a fait basculer l’équation dans une impasse mortifère: l’anéantissement de « l’entité sioniste ».
Il faudra donc que Macron change d’opticien.
L’ex président Rivlin, interrogé récemment sur cette question, a donné sa préférence à une confédération ce qui suppose que l’entité palestinienne renonce à une totale indépendance et à une forme de soumission à son puissant voisin.
On sait que les Palestiniens ont toujours refusé tous les deals pour faire monter les enchères de façon illusoire.
Côté israélien, cette obsession occidentale est ressentie comme un camouflet infligé sur une plaie ouverte qui mettra des années à cicatriser.
Même si, comme l’annonce Ganz, des élections anticipées auraient lieu en septembre, aucun gouvernement ne permettra la concrétisation d’un tel État sur le terrain.
Selon la charte des Nations Unies, peuvent devenir membres "tous les Etats pacifiques qui acceptent les obligations de la charte et au jugement de l'Organisation, sont capables de les remplir".
Ca commence mal!!
La demande qui a été déposée est actuellement à l'étude devant le Conseil de sécurité lequel doit donner une recommandation positive avec une majorité de 9 voix sur 15 sans qu'aucun des membres permanents n'use de son droit de véto.
Il parait clair qu'en l'état actuel de la guerre, cette étude sera mise en attente. Ensuite, c'est à l'Assemblée générale de décider à la majorité des deux tiers. Cette majorité est d'ores et déjà acquise.
Tout parait donc suspendu au véto des USA. Sur cette question, la politique américaine est clair: Pas de reconnaissance sans négociation préalable directe et positive avec Israël.
La France ne dit rien de différent: Sur cette base (Du droit international) la France appelle chacune des parties à réaffirmer son engagement en faveur d’un règlement négocié et de la solution des deux États et à s’abstenir de toute action unilatérale qui empêcherait de réunir les conditions pour y parvenir.
Reconnaitre l'existence d'un pays et l'intégrer au concert des nations c'est bien. Mais avec quelles frontières, quelle capitale, quels citoyens (Problème des colonies).
Le nouveau gouvernement désigné par Mahmoud Abbas et qui ambitionne de prendre en main la direction de Gaza est déjà fustigé par le Hamas et le Djihad Islamique qui ont été ignorés.
On peut donc demeurer sceptique sur les chances d'aboutissement de ce projet palestinien qui parait semé d'embuches et qui exigera trois modifications:
* Renoncer au terrorisme
* Renoncer au droit au retour
* Accepter des frontières sans les colonies
Ce qui aurait été plus facile il y a 50 ans devient quasi inextricable aujourd'hui.
Même la gauche israélienne n'y croit plus.
L'idée de la confédération serait certes plus simple. Avec Israël ou avec la Jordanie.
Ces lignes ont la modeste prétention d'avoir posé les éléments de réflexion. Mais en temps de guerre, c'est ni plus ni moins que de l'encre gaspillée.
Si elles inspirent un sentiment d'impuissance, c'est que le temps n'est pas venu. On ne créé pas un Etat pour avoir la paix. C'est en faisant la paix qu'on créé un Etat.
Pour cela il faudra mettre fin à l'idéologie mortifère de l'Iran.
A l’heure où l’Iran menace de frapper directement Israël en réplique à l’élimination ciblée d’un haut responsable militaire à Damas, la guerre totale menace.
C'est vers cette cible que les Occidentaux devraient porter leurs efforts. Mais jamais, au grand jamais cette république islamique origine de tous les maux n'est évoquée.
Quand on rate la cible, on perd la partie.
Ainsi le Phénix parait avoir du plomb dans l'aile. Rien de concret ne se fera tant que l'idéologie iranienne ne sera pas éradiquée.

Toujours aussi didactique et plein de bon sens
RépondreSupprimer