Lettre 282 Escalade ou cessez le feu

Et c’est toujours la même chanson!

Lorsqu'Israël est en passe d’infliger une raclée à l’ennemi, le monde occidental se mobilise pour freiner ses ardeurs. Posez vous donc la question du pourquoi et du comment?


Emmanuel Macron à l'ONU

Que ce soit en 1967 ou 1973, ou à chaque opération militaire au Liban ou à Gaza, Israël est entravé par un monde occidental qui a peur.

Mais de quoi?

Par le passé, c’était principalement d’une crise économique majeure en cas de blocage du détroit d’Ormuz  par l’Iran par où transite le pétrole des pays de Golfe.

Aujourd’hui s’ajoute la pression électorale et populaire des citoyens arabes qui deviennent de plus en plus influents, même aux States!!

Le monde occidental préfère Israël sous les bombes, qu’un Israël culbutant les organisations terroristes.

Comprenne qui pourra.

Vite recadré le Macron qui voulait monter une coalition pour combattre les organisations terroristes.

Et après avoir cherché une solution de trêve pour Gaza, voilà que le Liban occupe les diplomates français et américains.

Ils ont entendu l’ennemi.

« Nous ne cesserons les attaques que lorsqu’un cessez le feu interviendra à Gaza ».

Nasrallah a emboîté le pas au Hamas le 8 octobre et a choisi de lier son action au destin de Sinwar.

Pas pour engendrer une guerre générale. Mais pour ouvrir un second front et redorer son blason quelque peu terni lorsqu’il a été surpris par l’incursion massive du Hamas. Cette organisation terroriste bien moins puissante, lui a volé la primeur. Nasrallah n’a eu d’autre choix que de s’aligner.

Et pendant 11 longs mois, Netanyahu a imposé à son peuple de souffrir bombardements et évacuations sans apporter une réaction idoine, alors pourtant que la bataille de Gaza était pliée après un mois de lourdes destructions, et deux petits mois d’occupation du terrain.

Deux actions ciblées du Shabak (éliminations ciblées et les beepers) ont poussé, voire obligé Netanyahu à « descendre de l’arbre » (לרדת מין האץ) où il s’était perché.

Subitement, il a détourné les regards vers le Nord pour faire oublier la question des otages qui n’est plus un sujet. Même s’il affirme le contraire pour donner le change.

Et de marteler: « La priorité est de permettre aux habitants du Nord de retourner chez eux ».

On signe tous des deux mains. Mais pourquoi avoir attendu si longtemps? La capture de Sinwar? Plus de son, plus d’image. Aurait-il lui aussi été enseveli par un bombardement? 

Depuis dimanche, Netanyahu pratique la politique de l’escalade pas à pas. Nasrallah a encaissé un choc inédit. Il est sonné! Son état-major est anéanti. Il lui reste les yeux pour pleurer et son honneur s’est dégradé au cœur du monde chiite.

L’honneur! Paradigme qui a encore cours dans le monde arabe.

Il a dû montrer les dents en attaquant Haïfa, mais sans viser Tel Aviv. Montrer qu’il conserve ses capacités d’agression. Mais sans déclencher une guerre générale et surtout éviter la destruction du Liban.

Il a fini par envoyer un missile balistique sur Tel Aviv, mais comme avertissement sans frais. On est loin d’une attaque massive. Les Houties ont tiré un missile sur Eilat. Ils ont tout deux été interceptés par la Fronde de David. (Le complément du Dôme de fer pour les missiles balistiques)

Netanyahu à son habitude, pousse le bouchon plus loin. Alors qu’Américains et Français engagent des pourparlers diplomatiques pour aboutir à un cessez le feu, il déclare que toute négociation ne se fera que sous le feu des armes.

Il serait question d’une trêve de 21 jours sans condition. Même la gauche israélienne s’y oppose.

En coulisses Netanyahu suit le courant mais il posera des conditions qui seront évidemment refusées par le Hamas. Ses ministres extrémistes lui ont déjà dicté leur refus. Donc soyons clairs: Ça ne se fera pas.

Et le canon de tonner.

Mais comment rétablir la sécurité en haute Galilée?

Le Hezbollah doit quitter la zone frontière et repasser le Litani en respectant ainsi l’accord de cessez le feu de la guerre de Liban 2, et la résolution 1701 de l’ONU.

La mythologie de Tsahal raconte que le soldat Smoch' ha katan était doué pour lancer les grenades à mains sur l’ennemi. Mais il les lançait si loin qu’il devait reculer de 30 mètres pour ne pas dépasser la cible!

Même posté derrière le Litani, rien n’empêchera le Hezbollah de tirer sur Israël. Il faudrait donc amener Nasrallah à se mettre à table et manger son chapeau.

Neutraliser le Hezbollah tout en éradiquant le Hamas. Le pari est ambitieux. Mais Netanyahu affirme qu’en faisant plier Nasrallah, la libération des otages sera facilitée. 

L’idée est simple: Taper de plus en plus fort sur le Hezbollah pour provoquer un accord général  au terme duquel il se retirerait derrière le Litani avec libération des otages par le Hamas. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres!

Demeure dans cette équation l’inconnue de l’Iran mutique et de la position des USA qui renforcent leur présence militaire …. pour ne pas l’utiliser.

N’oublions pas que la stratégie de l’Iran n’est pas la guerre générale mais la guerre d’usure. Sans s’impliquer personnellement. Sans impliquer l’Amérique pour obtenir la levée des sanctions.

Les tirs ne cesseront pas. Ni d'un côté, donc ni de l'autre. Le prochain pas dans cette logique de l’escalade consiste à raser le sud Liban comme on a rasé Gaza. Les Libanais ont entendu le message de Tsahal qui a piraté la radio libanaise pour  les exhorter à fuir vers le Nord.

Des cohortes de voitures se ruent vers le Nord malgré les incantations contraires du Hezbollah. C’est l’exode comme en 1940 lors de la drôle de guerre. On parle déjà de 500.000 Libanais. Ce peuple est otage du Hezbollah comme les Gazaouis le sont du Hamas.

Tsahal et Hezbollah vont se trouver face à face et l’invasion terrestre est prête. Tout le monde voudrait l’éviter mais si Nasrallah ne plie pas et continue à mettre tout Israël aux abris, cette incursion est inévitable.

Tsahal mobilise un supplément de réservistes de l’armée de terre, ceux destinés à suivre les blindés en pénétration du territoire ennemi.

Nasrallah est prévenu. Nos "amis" occidentaux aussi.

On a accusé Netanyahu d'être un pleutre et de ne savoir pas décider. Mais cette fois il a bien compris que Tsahal a le vent en poupe et que le moment est venu d'enfoncer le clou.

Ici et maintenant.

Il parait assez évident que le Hezbollah privé de ses commandants et des moyens de communications a une vision très amputée de ce qui se passe, et qu'une incursion israélienne sera fulgurante.

Mais jusqu'où aller trop loin?

Et comment tenir le terrain? Combien de temps? Avec quelles pertes?

On sait que les forces internationales de la Finul sont un leurre face aux milices terroristes.

C'est donc aux Libanais de faire le ménage chez eux et de retrouver leur souveraineté.

A D.ieu ne plaise!

Car le Nord du pays ne retrouvera la sécurité que si une zone tampon démilitarisée est respectée en face. Aucune famille n'acceptera de prendre le risque de subir des tirs depuis la frontière.

Mais attention de ne pas se laisser enivrer par les quelques actions d'éclats. 

Dans l'immédiat, il y a fort à parier que l'invasion n'est qu'une menace. Certes les plans sont prêts depuis des mois. Si les sections spéciales viennent d'engager un exercice grandeur nature de cette invasion, c'est l'aviation qui doit nettoyer le terrain.

L'incursion suivra. Si la pression internationale n'est pas trop forte; à moins que Netanyahu gagne son pari fou et que Sinwar et Nasrallah baissent pavillon.

Qui a dit "Israël timbre poste sur le globe!!"

Un timbre qui permet de voyager haut et loin. Devise de El Al.

Soutenons nos soldats qui ont fait preuve d'un courage et d'un savoir exemplaire malgré le marasme politique d'arrière plan.

Une spirale victorieuse semble enclenchée. Pour une fois, on peut affirmer que la guerre est une affaire trop sérieuse pour la confier aux hommes politiques.

Commentaires

  1. Maintenant pour les non juifs il faut choisir son camp.
    Moi c'est fait même si Natanyahu n'est pas mon idole.
    Allez y les gars vous êtes notre meilleur rempart

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