Lettre 294 Un criminel à la tête d’Israël

On a beau se pincer fort, la réalité nous rattrape.

Pour la première fois le dirigeant d’un pays démocratique est poursuivi par le TPI avec de lourdes charges.

Vous pouvez crier au scandale, à l'injustice, vociférer, faire des bonds, vous rouler par terre. Rien n'y fera.

Un tribunal reconnu par la quasi totalité de la planète a engagé une procédure mettant Israël au ban des nations. 


Netanyahu et Galant visés par un mandat d'arrêt

Car si des nuages noirs s'amoncellent sur Netanyahu, les conséquences retomberont sur tout le pays. 

On peut gloser, dire "même pas mal", déclarer que ce tribunal est vendu et contester sa compétence.

Déclarer que nous ne sommes pas signataire de la convention de Rome, tout comme l'Amérique. Le sort en est jeté: Israël est désormais regardé comme un pays génocidaire et Bibi comme criminel de guerre.

Relégué au rang de Kadhafi et Poutine. 

Une catastrophe nationale.

L'ordre d'arrestation de Netanyahu et de son ex ministre de la défense Yoav Galant ne sont que la face visible de l'iceberg. Il est assez évident que d'autres mandats vont être délivrés de façon occulte contre d'autres personnalités. Le chef d'état major Hartzi Halevi, certes. D'autres officiers supérieurs qui ont œuvré à Gaza, probablement. D'autres hommes politiques, peut-être.

Bref, tous ceux qui ont servi sous les drapeaux depuis le 7 octobre sont susceptibles d'être visés et devront réfléchir à deux fois avant de prendre l'avion. Pour les autres, selon le diction de Molière, "cachez ce passeport bleu que je ne saurais voir".

Nous en sommes là!

La chasse aux Juifs avait commencé à Amsterdam, elle va se poursuivre avec le blanc-seing de la justice internationale.

Les Israéliens vont connaitre des zones de turbulence. Mettez votre casque et votre ceinture.

Une telle victoire de nos ennemis sur tapis vert était prévisible. Mais Netanyahu a commis toutes les erreurs pour arriver à ce résultat. Et il persévère. Mal lui en prend.

La réforme judiciaire affaiblissait corrélativement la justice israélienne. Elle est à nouveau à l'ordre du jour. Il est question de destituer tous ceux qui se mettent en travers du gouvernement, la conseillère juridique en tête.

L'enquête publique indépendante qui devait se prononcer sur la catastrophe du 7 octobre et la réplique massive de Tsahal contre le Hamas n'a pas été nommée. Netanyahu l'a refusée. Il était donc certain que le TPI allait se déclarer compétent pour statuer aux lieu et place des juridictions israéliennes affaiblies par la réforme qui reprend son cours. (Voir notre lettre 228)

Et il est inutile de s'interroger sur la décision qui sera rendue. Les dés sont pipés. Encore qu'il faut bien l'avouer, nous avons tapé fort, très fort, peut-être trop fort, même si certains disent « pas assez! »

Passons au plat de résistance.

Déjà notre bonne France a déclaré vouloir l'exécuter même si elle émet des réserves sur son bien fondé. L'opinion publique fera le reste.

Il y aura donc 124 pays qui au final seront autant de destinations que Netanyahu se devra d'éviter, y compris leurs espaces aériens qui lui seront interdits.

Rappelons ici que Netanyahu se déplace avec l'avion présidentiel Kanaf Tsion (Ailes de Sion, l'homologue d'Air Force one américain) dont la rénovation et l'aménagement ont couté tant de millions, lequel risque de se voir couper les ailes et clouer au sol.

Il lui faudra zigzaguer pour arriver en Amérique s'il est invité par Trump et se faire ravitailler en vol!

En résumé nous voila dirigés par un homme d'Etat persona non grata au niveau mondial. 

No comment!

Il devrait démissionner et régler ses affaires avec la justice nationale et internationale.

Car ses trois procédures de corruption sont en cours et il doit se présenter personnellement pour témoigner et répondre aux questions des juges. Il a demandé le report car il ne peut s'absenter en temps de guerre. Report refusé. Ce qui relance la question de sa capacité à occuper ses fonctions de premier ministre.

Si on ajoute à cela ses démêlées avec la CPI, il semble évident qu'il est en incapacité à diriger ce pays. Cette procédure "d'impeachment" déjà évoquée antérieurement va rebondir de plus fort.

Mais ce serait donner raison à nos ennemis. Bibi semble vouloir minimiser l'impact du mandat d'arrêt et « s'asseoir » dessus. Mais l'étau se resserre.

Embargos, boycottes et autres sanctions vont progressivement rendre la vie des Israéliens de plus en plus difficile. Plus aucune équipe sportive ne pourra se déplacer à l'étranger. 

Dans les années 1960, lorsqu'on rencontrait un Allemand âgé de 20 à 40 ans dans les années 1930, on ne pouvait s'empêcher de le regarder comme un éventuel criminel de guerre.

Faites la transposition avec nos soldats qui ont combattu à Gaza.

Il se pose une question de morale et de légitimité. Qu’on le veuille ou non.

Mais à qui profite donc cette procédure pénale internationale?

Elle sert bien entendu la cause de l'Iran qui n'en demandait pas tant! Accuser la victime et innocenter l'agresseur. Il y a une erreur de casting? 

Une accusation qui arrange bien les billes des antisémites de tous poils.

Mais ce mandat d'arrestation désigne aussi Netanyahu à la vindicte populaire en Israël. Il donne du poids aux opposants même s'il leur sera difficile de hurler avec les loups. On vient clouer une nation toute entière au pilori. Le silence s'imposera sauf à accuser Netanyahu de refuser toute négociation sur les otages. Et c’est peut-être le seul crime de Netanyahu. Pour sauver sa coalition.

Et c'est précisément cette légitimité de notre combat sioniste que la décision du CPI tente de démolir.

Il pourrait bien y avoir des soldats pas très convaincus de la légitimité de la poursuite d'une guerre dirigée par un homme politique convaincu de crime contre l'humanité.

Appels à la désertion, au refus de servir..... Le TPI cherche à saper le moral des soldats ou du moins pose la question de la légitimité.

Mais le pire dans l’histoire c’est que Netanyahu a été desservi par ceux la même qu’il a contribué à faire élire et entrer au gouvernement. Car lui-même a été très prudent sur ses déclarations publiques. Par contre Smotrich et Ben Gvir se sont fendus de slogans appelant à affamer les Gazaouis et à les chasser de leur terre. Ils ont tendu ainsi les verges pour faire battre leur bienfaiteur.

Un jour, il faudra se poser la question de l'erreur d'aiguillage. Car ce n'est pas en se plaçant au ban des nations que nous pourront vaincre des forces qui risquent de se multiplier.

Le plan Biden ressemblait à une défaite mais apportait de nombreux avantages. Libération des otages, normalisation avec les pays arabes modérés, coalition contre l'Iran et légitimité d'une éventuelle action contre la tête de la pieuvre et son projet nucléaire.

A bien se pencher sur la situation mondiale, FINUL, ONU, CPI, CEE sont autant d'instances qui se discréditent au fil des décisions. Ne va t on pas vers un détricotage des instances internationales bâties avec tant de mal au long des dernières décennies?

Il y a là aussi un problème de légitimité et de partialité.

Est-il supportable que les USA soient obligés de faire usage de leur véto dans de nombreuses délibérations ubuesques marquées du sceau de l'iniquité.

Il suffit de constater le début de fronde menée par plusieurs pays dont les USA contre ce mandat d’arrêt scélérat pour se persuader que les choses changent.

Et tout cela sur fond de guerre froide pour ne pas dire plus lorsque Poutine menace à nouveau d'une guerre nucléaire.

Mais revenons à notre premier sinistre. 

Y a t il des somnifères assez puissants pour lui permettre de dormir la nuit?

Un vrai cauchemar.

Finissons par une note d’humour.

C'est l'histoire de Moshé qui doit de l'argent à son voisin et qu'il doit le lui rendre le lendemain. Il ne trouve pas le sommeil.

Sa femme ouvre la fenêtre et interpelle ledit voisin. "Yankele,  Moshé n'a pas l'argent à te rendre demain". Elle referme la fenêtre et rassure son mari:

"Tu peux dormir tranquille, maintenant c'est lui qui ne dormira pas!"

Mais à qui Sarah Netanyahu peut elle donner la réplique?


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