Lettre 299 La Syrie change de mains

 Celui qui règne en Syrie domine le Moyen Orient. (Proverbe inédit)

Effet domino historique. Totalement inattendu. Après l’attaque du 7 octobre par le Hamas, du 8 octobre par le Hezbollah, la trêve au sud Liban, comment en est on arrivé dans la foulée à la chute du régime totalitaire d’Assad.


Bachar al Assad président syrien en fuite

On rebat les cartes au Moyen-Orient. Rien ne sera plus comme avant.

Et vous vous posez l’éternelle question: Est-ce bon pour nous?

En premier lieu, il semble bien qu’il n’y ait qu’une seule puissance militaire dans la région: Israël. Les autres pays ne sont que des tigres de papier. Iran compris.

Car enfin, il a suffit d’une action tactique bien pensée pour étêter le Hezbollah avec des conséquences incommensurables. Son affaiblissement a eu des retentissements en Syrie où des milices rebelles qui étaient cantonnées au Nord ont traversé toute la Syrie en 8 jours. 

Et presque sans combats notoires. 

Pourtant Assad était assisté par l’Iran et son proxy le Hezbollah, ainsi que par la Russie. Comment son armée avec de tels soutiens a t elle battu en retraite et déposé les armes?

Trahison. Le régime était en survie. Pourri et gangrené par la corruption. Le territoire était partiellement aux mains des opposants. Ses alliés n’ont plus misé sur lui. Le crash était inévitable. 

Assad en fuite. Son gouvernement a remis les clés du pays aux rebelles. Le monde est stupéfait. 

En un claquement de doigts, le « boucher de Damas » qui a utilisé des gaz toxiques contre son peuple est tombé. 

Concernant le Hezbollah, Israël a attaqué depuis des mois les sites et convois d’armes pour affaiblir cette organisation. Cette intervention a été déterminante. Hezbollah n’a pu venir au concours d’Assad.

L’Iran perd ici un territoire où il avait les mains libres. Il y faisait transiter les armes pour le Hezbollah du Liban. L’Iran avait commencé à y construire des bases militaires pour enserrer Israël  géographiquement pour à terme l’étrangler.

No more!

La vérité c’est que l’Iran a vite compris que la partie était perdue. Elle a préféré rapatrier ses milices plutôt que de les voir revenir dans des sacs poubelles. L’Iran a lâché Assad comme une vieille chaussette! L’étau contre Israël se dessert.

Mais il y a plus à parier. Les Ayatollahs semblent contraints de choisir entre le soutien financier à un empire de milices très onéreux et l’amélioration de l’économie du pays largement obérée par les sanctions financières. Les Iraniens n’en peuvent plus des restrictions. En abandonnant Assad, le Hamas et le Hezbollah, l’Iran semble se rétracter pour sauver son économie moribonde.

Ce serait une nouvelle extraordinaire. 

Wait and see.

Les rebelles vont régler leurs comptes avec le Hezbollah qui devra quitter la Syrie peut-être vers l’Irak. L’Iran fait pâle figure. Son régime est-il en danger? Israël va t il attaquer? 

C’est un point très positif pour Israël.

La Russie enlisée en Ukraine avait réduit ses forces aériennes de 10 à 3 avions de chasse. Insuffisant pour ralentir l’avancée des rebelles.

C’était pour la Russie un point d’ancrage important permettant de faire circuler son pétrole tout en disposant d’une fenêtre sur la mer Méditerranée. Le port de Tartous avec sa base navale et la base aérienne de Lattaquié.

Exit!

Mais en politique comme en politique, Poutine tente déjà de prendre langue avec les rebelles pour sauver les meubles. Le prix de sa trahison? Il n’a pas bougé le petit doigt.

Par contre il a déjà troqué le drapeau syrien contre le drapeau du nouveau régime. Réal politique oblige!

Israël a donc toute liberté d’action dans l’espace aérien syrien sans passer par le contrôle russe.

Encore un excellent point.

La Turquie qui soutient certains rebelles (désormais au pouvoir!!) va tenter de prendre le fauteuil des Russes. C’est la juste récompense de son soutien.

Mais Erdogan va s’intéresser aux Kurdes qui vont administrer le nord de la Syrie. Ce sera le premier conflit interne entre ces ennemis historiques et irréconciliables. Les kurdes syriens sont les alliés naturels des Kurdes turques qu’Erdogan qualifie de terroristes.

Et il y a ces deux ou trois millions de réfugiés syriens dont il voudrait bien se défaire. Les Allemands en ont aussi un bon million accueillis à bras ouverts mais qui posent des problèmes d’intégration.

Venons en aux ex rebelles. Qui sont ils? 

Résidus d'Al quaïda? En fait ce serait une rassemblement d’une soixantaine de milices dont la plupart sont des Syriens opposants au régime fratricide d’Assad et qui rentrent chez eux. Dans leurs villes et villages en vainqueurs. Ni plus ni moins. 

Mais s’ils se sont entendus pour combattre ensemble malgré leur différence de motivation, d’origine, de religion, leurs dissensions vont bientôt réapparaître. Il y a fort à penser que les plus activistes prendront la main. Que nul ne parle de démocratie. Illusion.

C’est un morcellement de la Syrie qui va s’opérer. L’instabilité va s’installer pour longtemps à moins que les Djihadistes ne prennent le dessus.

Abou Mohammad al-Jolani, le chef apparent des rebelles semble vouloir donner des gages de modération. Sa tête est encore mise à prix par les USA. Il a aussitôt parlé de constitution, d'élections, de parlement. 


Mais comme toujours, le monde arabe risque de sombrer dans l’islamisme.

La, ce serait moins bien pour nous.

Raison pour laquelle Tsahal à aussitôt envahi le Golan syrien et le sommet stratégique du mont  Hermon pour éviter que des milices hostiles ne prennent position sur nos frontières du Nord-est. Tsahal va augmenter la zone tampon en protégeant notamment les villages druzes dont les familles se trouvent aussi côté israélien.

Tsahal se méfie de ces rebelles comme de la peste. Il a donc bombardé tous les stocks d’armes pour que missiles drones ou armes chimiques ne tombent pas entre les mains des nouveaux maîtres des lieux.

Élevons la caméra.

Au Nord, le Liban doit saisir l’occasion pour se débarrasser de la mainmise politique iranienne. La France doit jouer un rôle déterminant. Macron en a t il l’ambition lui qui voulait envoyer des troupes en Ukraine. Des mots, toujours des mots.

En Jordanie le calme règne.

À Gaza, le Hamas est étouffé.

L’Iran parait tétanisée à l’idée d’une attaque létale de l’ennemi sioniste.

Trump semble remettre les pendules à l’heure avant l’heure. Serait il le nouveau maître des horloges? Nous avons un ami à la Maison Blanche.

Alors oui, jamais la situation géo-stratégique n’a été aussi bonne. Israël le retour dans toute sa splendeur. Seul régime démocratique stable dans toute la région. Qui veut danser avec nous?

Et comment tirer les marrons du feu? Dans cet imbroglio d’instabilités. Nous avons désormais un huitième front. Il faut rapidement le neutraliser. L’opération est en cours. Les rebelles n’ont qu’à bien se tenir. Tsahal n’est pas l’armée d’Assad.

Otages. Rien de neuf sauf que Bibi continue à remplir les poches des familles qui n’ont d’autre choix que d’y croire. Si seulement!

Palestine. Ah oui, vous l’aviez oubliée? Une guerre peut en cacher une autre. La aussi l’Iran se désengage.

Décidément on ne s’ennuie pas en Israël.

Oserons nous dire après le Chabbat noir qu’à quelque chose malheur est bon!

Un mot d’humour sur nos amis russes.

Trois passagers dans un wagon.

L’Ecossais sort une bouteille de whisky, boit un schlouk, ouvre la fenêtre et jette la bouteille pleine.

Les deux autres: Mais que fais tu? Tu gaspilles! 

L’Écossais: Non, on en a beaucoup chez nous.

Le Russe fait pareille; glou glou glou avec une bouteille de vodka, la jette et déclare aussi: Bah, y en a beaucoup chez nous!

L’Israélien attrape alors le Russe et le passe par la fenêtre.

L’Ecossais: Mais que fais tu?

L’Israélien: Pas grave, on en a beaucoup chez nous!!!

MDR. 


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Lettre 330 L’Iran frappée au cœur

Lettre 342 Du théâtre à la politique

Lettre 335 Finir la guerre à Gaza