Lettre 300 Golan pour toujours
Les Israéliens qui se sont installés sur le Golan peuvent désormais dormir tranqilles, ce plateau ne sera plus restitué à la Syrie.
130.000 Syriens vivaient sur ce territoire en 1946 lorsque la Syrie a déclaré son indépendance. Lors de la guerre des six jours en 1967, ils quitteront ce terriroire face à l'avancée des troupes israéliennes. Seuls demeureront 6000 à 7000 Druzes.
En fait ce plateau d'environ 1.500 km² et d'une hauteur moyenne de 900 mètres a été conquis à raison de 70% par Israël, le surplus demeurant sous la souveraineté syrienne, mais d'une hauteur moindre. Il domine la ville syrienne abandonnée et détruite de Qouneitra.
Au nord du plateau se trouve le mont Hermon (2814 mètres) zone frontière triple avec le Liban.
Le 14 décembre 1981, la Knesset adopte une loi plaçant ce territoire sous juridiction israélienne, ce qui équivaut en droit international à une annexion contestée par la communauté internationale.
Aucun pays n'a reconnu cette annexion de facto.
Mais le 29 mars 2019, le président TRUMP signe un décret reconnaissant la souverineté d'Israël sur ce territoire.
Dès 1967, des kibboutzim y seront implantés ( Ein Zivan, Merom Golan) puis diverses localités dont Qatzrin est la plus importante, ou encore Majdal Shams pour les Druzes.
En 2022, on recensait 54.000 israéliens dont 22.000 Druzes.
Le Golan présente deux points stratégiques majeurs: La captation de l'eau et sa position géographique dominante.
De 1948 à 1967, la Syrie, profitant de cette position dominante du Golan, pratique une politique de harcèlement contre les Israéliens situés dans la vallée du Jourdain à laquelle Israël ne peut répondre efficacement.
On se souvient des Kibboutzniks juchés sur leur tracteurs labourant les terres fertiles de Hemek Hah'ula fusil sur l'épaule. Ils se fisaient tirer comme des lapins.
Dans les années 1960, la Syrie initie un programme de détournement des eaux, privant Israël d'une importante part des eaux qui lui était allouée.
En 1973, lors de la guerre du Kippour, les combats ont fait rage sur le plateau du Golan. C'est grace à la présence militaire sur ce bastion stratégique que Tsahal a pu résister certes avec difficulté, à l'invasion des armées arabes coalisées.
Damas a toujours conditionné un improbable accord de paix à la restitution du Golan. Divers pourparlers échoueront entre 1991 et 2001 et la colonisation se poursuivra sous le gouvernement d'Ariel Sharon.
Israël justifie l'annexion du plateau du Golan comme étant une terre ancestrale et qui était incluse dans la Déclaration de Balfour, et comme vital pour sa sécurité.
Mais en 2008, l'assemblée générale des Nations Unies vote une motion désignant ce territoire « Golan syrien occupé ».
Sentier de randonnée sur le plateau du Golan
Voilà pourquoi les Israéliens implantés sur le Golan avaient des craintes sur la pérennité de leur présence. La chute d'Assad est le point final de cette discussion sur la souverainté d'Israël. Elle est désormais définitivement et incontestablement acquise au moins de facto.
Dans l'immédiat, le nouveau pouvoir en place en Syrie ne semble émettre aucune revendication.
Mais depuis 8 jours, Tsahal s'active sur la partie syrienne du Golan pour y constituer une zone tampon de plusieurs km. Ceci afin d'empêcher des forces incontrôlées de se positionner sur la frontière.
Devant l'importance des travaux de terrassement à réaliser pour créer des fossés antichars, des entreprises privées ont été engagées malgré les dangers courus dans une zone militaire. Tsahal manque de bulldozers car ils ont été soumis à dure épreuve à Gaza et au Liban et les USA bloquent la livraison de nouveaux engins destinés à la démolition d'habitations.
Al-Joulani et le chef d'état-major Halevi
Le chef de Hayat Tahrir al-Cham, la coalition de rebelles islamistes qui a renversé Bachar el-Assad, a longtemps été proche d’Al-Qaïda. Affichant depuis quelques années un visage plus modéré, il promet une transition apaisée pour la Syrie, soulevant des questions sur ses véritables intentions.
Il a choisi le nom de guerre de Mohammed al-Joulani, celui qui vient du Golan!! Alors qu'il est né en 1982 à Riyad, en Arabie saoudite.
Est-ce un signe, un message?
Modéré ou manipulateur?
Après avoir pris langue avec les Russes, il accepte leur présence militaire sur le port de Tartous et sur la base aérienne proche. Il y aura forcément une contrepartie.
Ce nouveau régime est-il un danger pour Israël?
Le pays est exsangue. Tsahal a détruit la presque totalité des armes possédées par la Syrie, en ce compris avions, défense aérienne, chars, missiles....
Les ex rebelles ne possèdent que des armes légères et peu sophistiquées. Disons qu'en l'état actuel, ils ont d'autres chats à fouetter et qu'Israël est le cadet de leurs soucis.
Voici quelques uns des ses récents propos qui illustrent la position de al-Joulani.
"Israël s'est plaint à de multiples reprises de la présence iranienne en Syrie. Maintenant, ils sont partis. Je demande qu'Israël sorte de Syrie puisqu'il y est entré sous le prétexte d'une guerre contre l'Iran ce qui n'est plus le cas."
"La situation est désastreuse et nous avons besoin du soutien de la communauté internationale. Cette situation ne nous permet pas d'entrer en conflit (Càd avec Israël). Dans un premier temps nous devons reconstruire le pays et sa stabilité sans se laisser entrainer dans un autre conflit".
Le chef d'état-major Halevi a rappelé "qu'il existe un risque que des groupes terroristes extrêmistes s'installent sur notre frontière. Nous n'avons aucune intention d'intervenir dans les affaires intérieures de la Syrie. Par contre nous interviendront pour tout ce qui concerne la sécurité de nos citoyens sur les hauteurs du Golan."
La zone tampon du Golan Syrien occupé est vide de toute population. Le maintien des forces de Tsahal se poursuivra donc tant qu'un gouvernement stable et amical ne sera pas mis en place.
Stable et amical. Deux mots qui n'ont pas cours au Moyen-Orient quand il s'agit de relations avec Israël.

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