Lettre 308 Trump veut vider Gaza de sa population

 On ne fait jamais la paix qu’avec ses ennemis. (Yitzchak Rabin, accords d’Oslo 1993)

Mais ça ne fonctionne pas avec une organisation terroriste. Pourquoi?

Parce qu'elle prend une population en otage. Une population avec laquelle on pourrait s'entendre si elle était gouvernée par une organisation étatique qui oeuvre pour le bien être de sa population.

Avec le Hamas, c'est tout le contraire, cette population est une couverture, une arme, une pièce martyr. Plus elle souffre, plus l'adversaire est mis en accusation. Plus le monde musulman se ligue.

Pourtant, après le 7 octobre, il faudrait s’interroger sur une autre stratégie, sortir de la boîte, abandonner l’ancienne conception qui a failli.

Sur le plan géostratégique, le Moyen Orient est en plein bouleversement. Au Liban, en Syrie, et même en Iran, ces pays ennemis sont confrontés à un changement de régime politique qui rebat les cartes.

Opportunité inédite à saisir. 


L'homme qui va remettre les pendules à l'heure

Et voilà qu’un électron extérieur apporte un vent nouveau, tel un tsunami. Trump a décidé de mettre de l'ordre à Gaza.

Tout un programme.

Et pendant que tous les yeux sont rivés sur la libération des otages, Trump ourdi son plan laissant dans un premier temps Israël sur la touche. 

Car il y a un fou à la Maison Blanche. Fou à lier? Non, pas fou psychiatrique. Fou dans ses projets, fou dans sa façon de bousculer l’ordre établi, fou dans ses interventions politiquement non correctes.

Et il s’est associé un autiste asperger. Elon Musk est un fou lumineux qui n’est jamais là où on l’attend. Ce couple a déjà ébranlé le monde avant même de sa prise de fonction.

Quelle est la stratégie de Trump?

Il a été élu avec les pleins pouvoirs. Il lance un oukase et attend la réaction. Les pays qui dépendent économiquement des USA n’ont qu’a bien se tenir. Les propositions de Trump s’inscrivent toujours dans le donnant-donnant. Elon Musk dispose des cordons de la bourse et peut à chaque instant bloquer les fonds. Et Trump décider des taxes à l’exportation. 

Les pays sont souverains, mais chaque dollars versés devra répondre aux exigences américaines. L’OTAN en sait désormais quelque chose. Trump n’a pas d’amis. Il propose des deals. A prendre ou à laisser.

Trump a compris qu’il est impossible de chasser le Hamas de Gaza puisqu’il prend la population en otage. Son idée, déplacer la population. Laisser ainsi le Hamas tout nu, seul et vulnérable. Un transfert plus ou moins volontaire. Ni plus ni moins. Le rêve inavouable de la droite extrême israélienne.

Les envoyer au Groenland? Non pas. Il demande à l’Egypte et à la Jordanie d’accueillir un million et demi de Palestiniens. Pas moins. Contre le gré de ces deux pays.

Ont ils le choix? Ces deux pays se tiennent à flot grâce à l’aide financière américaine. Or Trump sur conseil d’Elon Musk a commencé par supprimer toutes les aides extérieures sauf pour l’Egypte et Israël. Le message est clair. Pour Israël aussi. Et Netanyahu va le recevoir 5/5 la semaine prochaine à la Maison Blanche.


Pour la petite histoire:

Elon Musk chargé de faire la chasse aux Gaspis à découvert qu’une somme de 50 millions de dollars était versée à Gaza notamment pour l’achat de condoms qui ont servi « aussi » pour gonfler des ballons incendiaires dirigés sur Israël. Une blague!!? Allez savoir.

Le transfert.

Après tout, la Jordanie est composée pour ses deux tiers de Palestiniens. Quant à l’Egypte, Gaza en faisait partie mais elle a refusé d’en reprendre le contrôle en 2005 lorsqu'Israël en est sortie.

Alors qui est le plus fou? Celui qui recherche des solutions de paix originales ou celui qui ne voit que la poursuite d’un conflit qui perdure depuis un siècle.

Car le monde est fou et l’histoire se répète. Et on ne sait plus bien qui est « normal » et qui est délirant.

Le simple fait que le monde occidental peine à condamner le terrorisme n’est est il pas la preuve par neuf? L’accusation de génocide! Les campus! Les médias!

Et quelqu’un a t il une idée de la catastrophe humanitaire qui est devant nous. 

Trump sait que tout le Nord de la bande de Gaza est totalement détruit et que la reconstruction prendrait une décennie. 

Une population estimée à un million va quitter les camps provisoires de réfugiés du Sud pour tenter de retrouver sa maison. Quitter des tentes pour s’installer dans un champs de ruines! Les réseaux sont détruits. Il n’y a ni hôpitaux, ni écoles. Ni eau, ni électricité. Ils vont s’installer dans une précarité insupportable ou repartiront.

Et si le Hamas a rapidement cédé devant le blocage israélien en acceptant de libérer de suite trois otages supplémentaires, c’est précisément sa réponse du berger à la bergère: Le retour des Gazaouis est un pied de nez à Trump. Le but est de rendre ainsi tout nouveau transfert impossible. Bloquer son plan.

Mais c’est aussi un message pour Israël. « Vous avez tout cassé mais le peuple nous suit. La guerre ne pourra reprendre ».

Cette population va tenter de retrouver qui sa maison, qui quelques objets personnels. Mais il faudra au préalable déminer les rues, désamorcer les obus ou les charges explosives.

Les familles vont rechercher des proches ensevelis sous les décombres. Le Hamas est déjà à la recherche de 100.000 tentes pour loger ces réfugiés dont il va à nouveau se servir comme bouclier-humain. 

Installer ainsi sa domination. Empêcher les foules de quitter Gaza. Bienvenus en enfer!

Et chaque famille n’aura d’autre perspective que de se rapprocher du Hamas et de lui donner ses enfants pour combattre. Pour percevoir un salaire. Survivre.

Cette reprise en main du Hamas, c’est la défaite consommée d’Israel, mais le passage forcé pour libérer les otages. Il nous faudra donc manger notre chapeau!

Et voilà que s’ouvre un chantier gigantesque. Celui de la reconstruction qui ouvre déjà les appétits. 

Avant l’heure.

Trump promet à l’Egypte des jours meilleurs pour combler les pertes générées par la quasi fermeture du canal de Suez. Les grandes entreprises de construction sont sur les rangs pour installer des usines de matériaux en périphérie de Gaza. Il y aurait 50.000 tonnes de débris à évacuer pour un coût de plus d’un milliard de dollars. 

Puis un chantier phénoménal de construction, un aéroport, un port, des hôpitaux, avec des évaluations qui donnent le tournis, entre 50 et 500 milliards sur une période de 10 à 15 ans.

La Turquie convoite aussi une part du marché pour renflouer ses caisses. Selon un diplomate, Erdogan serait même prêt à renouer des relations commerciales avec Israël pour être de la partie.

Il y aurait ainsi du travail pour tous, Gazaouis compris.

Au Sud, des Palestiniens seraient déjà en partance vers l’Algérie et la Tunisie. L’idée serait de vider autant que possible Gaza pour engager progressivement la reconstruction et leur permettre de revenir dans un futur indéterminé.

Et Trump et ses conseillers en construction l’ont bien compris. C’est soit laisser cette population croupir, soit mettre en place un plan Marshall de la reconstruction. Mais pour cela, ce gigantesque chantier doit être libre de tout occupant.

Et bien entendu libre du Hamas.

Et si les Palestiniens refusent ce plan, Trump les abandonnera au Hamas. Personne ne lèvera le petit doigt. Ni reconstruction ni financement.

La réalité semble aller dans cette seconde option. La population a passé les contrôles organisés par les Américains puis a été accueillie par les activistes du Hamas en armes et uniformes. Ils sont bien la! Et cette population redeviendra captive et dépendra de sa gouvernance.

Retour vers le futur du 6 octobre.

Comprenez bien. Les Palestiniens de Gaza ne sont les bienvenus dans aucun pays arabe. Ils sont parqués en Égypte, sans droit ni travail. Car ils représentent un danger pour le régime. Incroyable. Le peuple palestinien est le seul peuple au monde à ne pouvoir demander l’asile politique malgré les menaces du Hamas contre les opposants, homosexuels etc…Il doit s’adresser à l’UNWRA.

L’ONU a organisé la pérennité du statut de réfugié génération après génération et les pays arabes y tiennent la main. Comme une lèpre qui poursuit Israël.

Évidemment, c’est au Émirats du Golfe de prendre en charge la reconstruction avec des entreprises américaines ou égyptiennes sous le contrôle de l’Autorité palestinienne.

Et Israël n’est pas sur la photo. Mais il y a une inconnue. Comment évincer le Hamas en le remplacer par l’Autorité palestinienne?

C’est la qu’Elon Musk pourrait intervenir en déclarant « C’était impossible, c’est pour cela que nous l’avons fait ».

L’heure est aux solutions. A la communauté internationale de prendre les choses en mains.

Sinon ce sera retour à la case départ.

Mais pour Israël, cette guerre a été perdue le 7 octobre. Elle ne pouvait être gagnée sans libération des otages. Sauf que ce sont les Palestiniens qui vont en payer le prix. 

Ils sont complices. Les dix plaies d’Egypte vont s’abattre sur eux. Pour la décennie à venir. Sauf pour ceux qui accepteront le plan Trump. Ils seront peu nombreux. Mais sauvés de la géhenne.

Mais voici que s'ouvre un cercle vertueux. Le monde des affaires ou des affairistes permettraient de mettre un terme au conflit.

Car tous y ont intérêt, l'Iran aussi.

Encore faut-il que la phase 2 soit bouclée et que Netanyahu renonce à la reprise des combats. Puis qu’on passe à la phase 3: Reconstruction.

Et presque tous y tiennent la main, par conviction ou par intérêts. Et si la paix, ou une forme de paix était au bout du chemin?

Et il nous faut à cet instant revisiter l'histoire.

Lorsque l’Allemagne nazie a été disloquée, les Français ont mis quelques temps avant de pactiser dans le cadre de la CECA puis de l’Union européenne. Aujourd’hui ils sont les meilleurs amis du monde.

Les juifs ont mis un temps fou pour accepter de s’asseoir à coté d’un Allemand surtout s’il avait l’âge de servir dans l’armée nazie en 1940-45. Comment ne pas s’interroger sur son activité.

Un représentant de la marque Audi a tenté de vendre une voiture à un juif après guerre. A ça jamais!

Le vendeur a exposé que les phares Cibié étaient français, tout comme les sièges, les carburateurs Solex, les essuies glaces et d’autres pièces accessoires provenant d’autres pays européens ou coréens. Au final, il y avait plus de composants étrangers qu’allemands. Le client accepta de l’acheter du bout des doigt mais au final déclara que cette voiture était incomparable. Deutsche technologie!!!

En Israël la question fut plus complexe. La première visite d’une délégation allemande eut lieu en juin 1973 par la visite du chancelier Willy Brandt soit 28 ans après la fin de la guerre. Cette visite eut lieu un an après l’attentat meurtrier des jeux olympiques de Munich et avait pour but de consolider les relations diplomatiques entre les deux pays.

On sait que depuis lors l’Allemagne est devenu le meilleur soutien politique d’Israël en Europe.

Tout ça pour dire quoi.

Même si comparaison n’est pas raison, il est indéniable qu’on ne fait jamais la paix qu’avec ses ennemis et qu’il suffit de mettre en place des circonstances favorables pour que les ennemis d’hier deviennent les alliés de demain. L’Arabie Saoudite est le passage obligé.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Pas si sûr. Encore faut il le vouloir. Etre assez fou pour y croire.

Il semble que les organisations terroristes du Moyen-Orient sont devenues moins fréquentables. Après chaque guerre vient le temps de la reconstruction.

Il y a tant à faire au Liban, en Syrie et à Gaza. Et les pays périphériques ont tant besoin de remonter leur économie qu'ils pourraient bien entrer aussi dans ce cercle vertueux pour des raisons bassement financières.

C'est la que Trump les attend. Financer la reconstruction plutot que le terrorisme.

Il semble que ça peu rapporter bien plus gros.

Israël doit quitter la scène provisoirement. Il y reviendra lorsque les pendules seront à l'heure. Mister Trump est à la manœuvre.



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