Lettre 316 Pourim et son bal masqué
La fête juive de Pourim commémore un événement qui remonte à la nuit des temps, après l’exil babylonien lorsque de nombreux juifs vivaient encore en diaspora, notamment en Perse.
Cette histoire compilée dans un texte nommé «Meguilate Esther » (Parchemin), est lue chaque année à Pourim.
La reine Esther avait la vertu d’être la plus belle aux yeux du roi de Perse Assuérus (Xerxès 1re au 5ème siècle avant notre ère). Et c’est par divers artifices cachés qu’elle réussit à déjouer le premier génocide décidé par Aman, haut dignitaire proche du pouvoir royal.
Tout commence par le refus de Mardochée, son oncle, de s’incliner devant Aman à l’entrée du palais. Cette marque d’insoumission a suffit à lui inspirer une haine et un esprit de vengeance personnelle contre l’ensemble du peuple juif de l’empire.
Mais pas seulement.
Aman y voit un tremplin qui renforcera son autorité en prétendant contrer une menace controuvée dont il persuade le roi.
Le péril juif. Rien de moins que ça!
N’y voyez aucun lien avec Zelensky qui a refusé de se plier devant Trump lors du sketch télévisé et qui a dû envoyer une lettre d’excuse.
Pas plus qu’avec E. Macron invoquant quant à lui le péril rouge pour revenir sur le devant de la scène et renforcer son autorité.
Mais poursuivons notre Meguila.
Aman obtient les pleins pouvoirs et décrète qu’au jour donné, le 13 du mois d’Adar, l’ensemble des préfets du vaste empire procèderont à l’exécution de tous les Juifs.
Le 13 est depuis lors un chiffre fatidique signe de malheur. Car c’est aussi un vendredi 13 (Octobre 1307) que tous les Templiers de France furent arrêtés simultanément sur ordre du roi Philippe IV le Bel.
Et c’est le conseiller du roi, Guillaume de Nogaret qui va orchestrer ce plan en grand secret pour exterminer cet ordre qui a rendu tant de services à la couronne, mais qui avait le défaut d’en être le créancier trop puissant, menaçant ainsi la stabilité de la royauté.
De là, la peur du vendredi 13. Même 700 ans plus tard, mais sans en connaître le sens historique profond. Comme pour de nombreuses expressions, telle «Il y a des jours avec et des jours sans… ». A vous de chercher!
Aman décide donc d’exterminer les Juifs du royaume.
Un certain Eichmann, homme ayant une connaissance utilitaire de judaïsme et d’hébreu, fera les choses en grand. Le décret d’extermination des Juifs d’Europe fut pris le 20 janvier 1942 à la conférence de la Wannsee. Lui aussi a vu ainsi son pouvoir décupler et devenir un haut dignitaire d’un empire qui devait durer 1.000 ans!!
En un jour, l’extermination du peuple juif fut décrétée. En un claquement de doigts!
Pourim veut dire le sort. Car la date du 13 Adar fut tirée au sort par Aman. Décider du sort. Mais c’est aussi le sens caché de l’intervention divine pour renverser le complot contre le peuple juif.
Décidément l’histoire se répète.
Le 7 octobre ne fut pas tiré au sort. Il fut soigneusement préparé pendant des années. De façon cachée. Secrète. Masquée. Pour tromper.
La fête de Pourim fêtée le 14 Adar (14 mars cette année) est souvent suivie d’un bal masqué. Esther veut dire caché ou dissimulé (סתר = Satar) car Esther avait caché son origine juive lorsqu’elle avait été présentée au roi.
Le masque incarne aussi la face cachée, celle qui avance en secret pour comploter contre le peuple juif, l’incarnation de l’antisémitisme. Mais aussi le pouvoir de la force spirituelle et morale du judaïsme pour lutter contre ces forces maléfiques. Ou encore la main divine.
Redescendons sur terre!!! Bas les masques!
Il ne faut pas se laisser bercer par ce qui est annoncé, mais plutôt par ce qui est caché ou sous-entendu.
Ainsi, le Hamas recherche une solution pour demeurer le dirigeant de Gaza et propose de libérer tous les otages contre une trêve de 5 à 10 ans.
En Israël, beaucoup prônent cet échange tout en affirmant qu’ensuite, on s’occupera du Hamas.
Comme si le Hamas était la dupe d’un tel deal.
Mais il est assez évident que le Hamas n’a d’autre garantie que la détention des otages. Il ne les lâchera donc pas. Il cache son jeu. Lance des affirmations mais les négociations peuvent traîner des mois. Tout au plus en libérera t il quelques uns pour amorcer la pompe. Mais les dix derniers otages, les soldats, resteront prisonniers comme le fut Gilda Shalit. Cinq ans ou plus.
Car pour ces derniers otages, on entre dans le dur. Et Hamas a besoin de temps, pour remettre en place ses structures, se refaire une santé financière.
Regardez bien. Depuis un mois, rien ne se passe, mais la trêve se poursuit sans contrepartie. Hamas joue ainsi la montre. Trump fixe une « Dead Line » mais sans date. Israël mobilise les réservistes et coupe les vivres et le courant à Gaza tout en reprenant les négociations. Après que les Américains aient tenté une négociation directe qui a échouée. Dans le dos d’Israel!!
De façon cachée! Esther-Trump.
Et si l’on aboutit à la conclusion logique que Hamas ne libérera pas les otages sans être acculé par la force, il est assez évident que Tsahal mettra fin à la trêve.
Et voilà que Mardochée qui passait régulièrement devant les portes du palais surprend des comploteurs qui préparaient un plan pour assassiner le roi. Il ira révéler cette ignominie, ce qui donnera lieu à une "main courante" dans les annales du royaume.
Et c’est lors d’une nuit d’insomnie que le roi relisant ces annales découvrira qu’un certain Mardochée lui avait sauvé la vie. Sans avoir été récompensé.
Ce même oncle Mardochée avait eu le front de refuser une seconde fois de s’incliner devant Aman à l’instar des autres sujets.
Cette fois, il fit ériger une potence pour le pendre haut et court.
Le roi qui avait de l’estime pour le bon sens d’Aman le questionna sur la récompense à donner à un homme qui aurait rendu des services éminents au royaume. Aman pensant qu’il en était l’objet, proposa la plus haute distinction: caracoler en carrosse d’or dans toute la ville précédé de pétales de rose.
Ce que le roi décida.
Et au lieu de le pendre, Aman du lui tenir la bride et lui rendre les honneurs. Le monde à l’envers.
Le sort de Mardochée s’est joué en une nuit. Comme le sort de centaines d’Israéliens s’est joué la nuit du 7 octobre. Parce que de hauts dignitaires du pays ont hésité à prendre les mesures de sauvegarde.
Une nuit bien ordinaire. Le téléphone a chauffé de 3 h00 à 6h00 mais nada!
Que le danger soit imminent ou simplement potentiel, pourquoi n’avoir pas fait évacuer les 3.000 festivaliers de la Nova qui se trouvaient à un petit kilomètre de la frontière.
Le carrosse ou la potence?
L’histoire se poursuit par un festin donné par Ester en l’honneur du roi. Et Mardochée qui avait eu vent du décret d’extermination demande à Esther d’intercéder devant le roi en lui révélant sa religion.
Et lorsque le roi se rend dans les appartements privés d’Ester, il y trouve Aman, pris d’alcool qui s’était vautré sur le lit nuptial.
Le roi découvrant la malice d’Aman et sa conduite scandaleuse le fait pendre et annule le décret.
L’arroseur arrosé. Le «pendeur» pendu.
On peut y voir un parallèle avec le Hezbollah et l’affaire désormais célèbre des Bipeers. Un renversement du sort par un simple artifice. Les exterminateurs exterminés. On peut y voir la main divine. Ou plus surement celle du Chabbak qui a préparé cette attaque de façon cachée, secrète, masquée.
Mardochée, le bien informé, pourrait bien être l'ancêtre des services secrets israéliens.
Cette année encore comme depuis 2500 ans, nous relirons cette épopée d’un destin renversé.
On peut s'interroger sur la raison qui a poussé le Juif Mardochée à ne pas se courber devant un puissant. Que de malheurs évités.
La morale de l'histoire nous enseigne à ne pas renoncer à ce que nous sommes. Soumission c'est trahison. Renoncement. Assimilation puis disparition.
Je suis heureux que "tu ne renonces pas à ce que tu es", et que tu continues à nous honorer de tes analyses, même si nous ne sommes pas entièrement d'accord avec elles. Merci! Jean
RépondreSupprimer