Lettre 320 Qatargate
Du Bibigate au Qatargate (voir lettres 290 et 295)
Qui de la poule ou de l’œuf a été le premier?
La réponse se trouve dans la question: l’œuf bien sur. Sans oeuf, pas de poule!
Car ainsi posée, l’énigme est d’une bêtise navrante. Pourtant elle est considérée comme insoluble.
Voyons le contexte.
Netanyahu limoge brutalement Ronen Bar, le chef du Chabak, au moment précis où celui-ci déclenche une enquête pénale contre ses collaborateurs directs. Ils auraient travaillé pour le Qatar contre rémunération.
Netanyahu y voit une manœuvre évidente du Chabak pour protéger Ronen Bar contre son renvoi. La Cour Suprême a suspendu la révocation jusqu’à décision sur le fond. L’affaire du Qatargate touche le saint des saints du cabinet du premier ministre. Il pourrait lui-même être impliqué ou complice.
Netanyahu serait donc en conflit d’intérêts quant à cette décision de révocation qui pourrait bien être annulée par cette haute juridiction. Le motif pris de la perte de confiance cacherait en fait l’œuf.
Ce renvoi permettrait d’enterrer l’affaire en nommant un béni-oui-oui à la tête du Chabak.
Nous y sommes.
Violant l’interdiction de la Cour suprême, Bibi a nommé potron-minet un remplaçant à 7 heures du matin pour le démettre dès 14-00 face à la fronde de son clan. L’intéressé, Eli Charvit général de la marine en retraite aurait participé aux manifestations contre la réforme judiciaire. Un Kaplanist!!
Horreur et damnation!
Le Qatar et son argent. Enfin le votre, celui du pétrole, avec lequel il veut s’acheter une bonne réputation. Netanyahu a mis en garde à plusieurs reprises contre la versatilité de cette entité richissime qui finance le terrorisme et en premier lieu le Hamas que Netanyahu a autorisé, favorisé, laissé s’armer pour affaiblir l’Autorité palestinienne.
Mais ceci est un autre sujet bien navrant: « La conception ».
Il a marqué cette ethnocratie au fer rouge pour en faire un ennemi dangereux même s’il n’est pas officiellement en guerre contre Israël.
L’affaire remonterait aux jeux du Mondial que le Qatar voulait accueillir comme pour se faire un lifting au yeux du monde. Devenir fréquentable. Pour cela, il lui fallait trouver des relais au sein des médias et de personnes influentes. Et pourquoi pas en Israël. Y a t il meilleure caution?
L’argent a commencé à affluer.
Et aurait pénétré au cœur de l’Etat, la où sont prises les décisions les plus sensibles.
Voyons le détail. C'est soit pas piqué des hannetons, soit Fake, Fake, Fake.....
1) Eli Feldstein: Chargé des relations militaires sans avoir obtenu la validation obligatoire du Chabak et donc sans habilitation à connaitre de documents secret-défense. C'est lui qui a diffusé un document classifié dans le journal allemand Bild. (Bibigate) Aurait travaillé pour le Qatar sous couvert d'une société internationale pendant la guerre et donc cumulé les deux fonctions. Il lui est reproché d'avoir été payé par Potlik (4) pour publier des articles positifs en faveur du Qatar.
2) Jonathan Horich: Conseiller personnel de Netanyahu depuis 15 ans. L'homme de l'ombre. Aurait développé avec Heinhorn (3) une campagne dans l'intérêt du Qatar pour favoriser sa candidature au Mondial.
3) Israël Heinhorn: Conseiller extérieur de Netanyahu. Impliqué dans le Bibigate pour avoir aidé Fedelstein à diffuser le document classifié. Associé à Horich, aurait développé une campagne en faveur du Qatar. Se trouve actuellement en Serbie et refuse de répondre à sa convocation. Interpol a été saisi.
4) Gay Potlik: Juif américain lobyiste payé par le Qatar par le truchement de sa société Third Circle pour favoriser ses intérêts en Amérique. Aurait perçu 2,5 millions de dollars à cet effet. Il aurait recruté Eli Feldstein
L'histoire est piquante: Feldstein impliqué dans l'affaire du Bibigate (publication de documents classifiés) ne pouvait plus être employé et payé par le cabinet du premier ministre. C'est à ce moment qu'intervient Potlik pour assurer "temporairement" sa rémunération à travers sa société donc avec l'argent du Qatar.
Netanyahu aura du mal à soutenir qu'il ignorait ce tour de passe-passe.
5) Gil Birger: Homme d'affaires israélien domicilié à Ramat Hasharon. Il possède des intérêts aux Emirats et en association avec Potlik, a assuré de fait le salaire de Fedelstein.
Il est accusé de relations avec des agents étrangers et transferts frauduleux de fonds.
Bref, une belle brochette "d'agents secrets" au service d'une autre majesté qui paie mieux, beaucoup mieux.
Et c'est dans ce contexte d'une enquête du LAHAV 433, unité spéciale de police chargée de la lutte contre la corruption, que Netanyahu a été arrêté à la barre du tribunal où il comparaissait dans le dossier 1000 (Cigares et champagne). Il a été interrogé comme simple témoin sur les accusations qui pèsent sur ses conseillers les plus proches.
Il a coopéré avec les enquêteurs non sans se fendre aussitôt d'une vidéo où il accuse le Chabak de n'avoir pu lui montrer aucune preuve sur les motifs des arrestations. Lui-même ignorait tout sur l’origine des fonds. Plutôt que de condamner les faits, il a qualifié ses collaborateurs corrompus « d’otages » entre les mains du Chabak, montrant ainsi l’œuf du doigt.
Les faits sont-ils graves ou anodins? Il y aurait de nombreuses personnes qui commercent et travaillent avec le Qatar, y compris en Israël. Alors, où est donc le problème?
C'est comme le jeu des 7 erreurs. Où?
Dans le clan du Likoud, silence radio. L'affaire est prise au sérieux. Oui, mais c'est bien sûr commissaire! Il y a dans cette brochette quelques hommes d'affaires grassement payés. Mais que font ces conseillers intimes au service de l'Etat dans ces campagnes pour l'ennemi. Jusqu'où va leur implication, la pénétration du Qatar dans le coeur du réacteur. En temps de guerre!!
Et pour ce qui concerne les otages, ces agents doubles auraient transmis à des journalistes influents des articles rédigés au Qatar mais revêtus de la signature de « sources israéliennes de sécurité » qui donneraient la préférence au Qatar plutôt qu’à l’Egypte pour négocier. En favorisant le Qatar, ce soutien inconditionnel du Hamas, quelle en a été la conséquence sur l’échec desdites négociations? Ce choix était-il ignoré par Bibi ou favorisé?
L’enquête progresse et dévoile d’autres aspects de cette propagande pro Qatar. Des informations erronées sur un risque de conflit avec l’Egypte et un renforcement militaire au Sinaï ont été diffusées par des médias naïfs ou infiltrés. Laisser ainsi accroire que l’Egypte n’est plus légitime à promouvoir les négociations. L’écarter du jeu au profit du Qatar.
Serait-ce la nouvelle «conception » stratégique que Netanyahu voulait développer? Et dans quel but nous froisser avec le seul pays arabe avec lequel nous sommes en paix?
Bibigate, Qatargate, une démocratie en question, un service de renseignements qui enquête sur le cabinet du premier ministre lequel n'a cure que de le dégager, une guerre qui n'en finit pas, des otages suspendus à une négociation en panne pour la troisième fois, un budget qui fait la part belle aux réfractaires, des réservistes qui croulent sous la charge des rappels au front, une population divisée, un classement financier dégradé qui engendre des taux de crédit insupportables...... Et l'ennemi qui se frotte les mains!
N'en jetez plus SVP.
Faut-il qu'Israël soit fort pour supporter tous ces séismes socio-économiques. Mais jusqu'à quand?
On promet à Bibi une fin de règne rapide, une mort politique prochaine. Un greffier plein d'humour dont il pourrait s'inspirer disait "Ne me dites pas quand je vais mourir, dites moi où, comme ça je n'irai pas".

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