Lettre 324 L’aide humanitaire profite au Hamas
Que n’a-t-on entendu!
Que la famine les frappe.
Les otages crèvent de faim. Il faut bloquer les camions de l’aide humanitaire.
Œil pour œil, dent pour dent. Le talion dans toute sa splendeur.
La réaction est légitime d’autant plus qu’il est constant que le Hamas la détourne, s’en nourrit, s’enrichit, l’utilise pour tenir la population sous sa coupe.
Mais depuis le début de cette guerre, la question de l’aide humanitaire a été prégnante. Biden l’a exigée. Trump se tait mais l’exige également. Les portes de l’enfer sont pour le Hamas, non pour la population laquelle doit être considérée comme étrangère au conflit. Innocente.
Certains diront « la bonne blague! ». Tous complices.
Mais c’est ainsi, du moins pour les pays civilisés.
Selon la convention de Genève, le blocus total de l’aide humanitaire pour affamer la population est considéré comme crime de guerre.
Mais que dire lorsque les organisations humanitaires servent de base arrière aux terroristes? (Hôpitaux, écoles etc….) Voire sont complices des crimes commis par les terroristes? (Unrwa)
La seule exception admise réside dans le danger que présenterait le passage ponctuel de convois.
Vous avez compris. Dura lex sed lex. Ne riez pas! C’est vraiment du latin.
Et le risque est important.
Lors du blocus de Sarajevo, un responsable Serbe a été condamné à perpette pour avoir restreint l’aide humanitaire.
Biden avait proposé de confier la distribution de l’aide humanitaire à une entreprise privée disposant d’une milice armée composée d’anciens soldats chevronnés ayant servi dans des unités spéciales. La Global Delivery Company. (Voir lettre 287)
Le projet n’avait pas abouti en raison de multiples réserves émises notamment au sein de l’ONU en raison du risque auquel la population serait exposée par une externalisation considérée comme hostile par le Hamas.
Alors quoi?
A ce jour, aucun plan permettant de confier la gouvernance de Gaza à une autre entité que le Hamas n’a vu le jour. On sait que l’intensification de la guerre qui nous est annoncée va aboutir à l’occupation de la bande de Gaza avec pour corollaire le départ « volontaire » de la population.
C'est officiel.
Et pourtant en coulisses, le gouvernement israélien organise la fin du blocus qui a été décrété le 2 mars 2025 à la suite de l'échec de la négociation de la phase 2 de la libération des otages.
Ce blocus est dénoncé comme punition collective contre la population.
La CPI s’est saisie de la question pour vérifier la légitimité de ce blocus et les audiences ont débuté fin avril dernier. Audiences qu’Israël a boycottées.
Un accord de principe a été conclu avec le gouvernement américain pour organiser la distribution de l’aide humanitaire. En court-circuitant bien entendu le Hamas. Mais sans que Tsahal ne soit impliqué.
La charge de la distribution serait confiée à une fondation internationale (UNRWA?) œuvrant dans des hangars dont la construction incombera à Israël.
Bon! Y a de l'eau devant.
Les Palestiniens seront appelés à recevoir un colis suffisant pour chaque famille une fois par semaine.
Une société américaine aura pour charge d'assurer la logistique et la sécurité (Comment?) autour de chaque espace humanitaire. Tsahal ne sera que garant de la sécurité extérieure en tant que de besoin.
On sait que ce plan qui ressemble au précédent est dénoncé par une partie de la population qui soutient que seuls des moyens extrêmes et radicaux permettront de faire plier le Hamas.
Car il est toujours la, toujours vivant, menaçant. La sécurité n'est toujours pas rétablie. Pour preuve, le missile balistique tiré par les Houties lequel est tombé sur l'aéroport Ben Gourion en défiant le dôme de fer.
Les compagnies aériennes ont aussitôt annoncé la suspension de leur vols.
Rappelons que les Américains se chargent seuls de combattre les Houties, mais face à cet incident majeur Israël a promis de réagir énergiquement. Contre l’Iran? Puisqu'aussi bien les missiles sont iraniens.
Nous sommes donc repartis pour une énième campagne à Gaza avec la mobilisation de milliers de réservistes qui viennent à peine de rentrer chez eux.
Le chef d'état-major Zamir annonce une opération de large envergure, avec des moyens adaptés mais sans en dévoiler les détails. Ni la douloureuse statistique des pertes. Et pour quoi faire? Réinventer l’occupation? Car il est bien évident que toute solution de remplacement de la gouvernance ne fera pas disparaître le Hamas lequel, même anéanti, reviendra par la fenêtre.
Et qu’obtiendrons nous de plus en poursuivant la guerre que nous ne pourrions obtenir dès à présent en y mettant fin? Qui en parle? La presse est chaque jour vent debout contre l’absence apparente de stratégie.
On ne se souvient plus du scandale de la guerre du Vietnam lorsque le rapport commandé en 1967 par McNamara avait démontré que le gouvernement américain poursuivait une guerre sans fin alors qu’il savait qu’elle était perdue.
Pourquoi? Pour ne pas avoir à affronter la honte de l’échec. Et pendant des mois, les soldats revenaient dans des sacs en plastic noir. Pour des clous!
N’y voyez aucune comparaison. Les USA faisaient la guerre à des milliers de kilomètres. Nous nous battons à nos frontières. Mais qui veut affronter la triste vérité d’une guerre qui va sur ses deux ans sans que la sécurité ne soit rétablie.
Les gouvernements en guerre ont tous tenu les mêmes discours mensongers en minimisant les pertes et échecs et en se glorifiant des succès aussi minces soient ils.
La guerre c'est comme les études, il faut savoir en sortir, et si possible au bon moment.
Depuis un an, il y a une porte de sortie grande ouverte que le gouvernement évite car elle est contraire à sa stratégie qui est désormais dévoilée: occuper Gaza.
Avec la bénédiction secrète de Trump.
Et, de l’aveu même de Netanyahu, les otages ne seraient plus une priorité. Ce n'est plus qu'un objectif désigné comme "majeur" et calmer ainsi les esprits. Mais tous ont compris que la pression militaire les tue.
On s'en était aperçu depuis longtemps.
Pas vous?
Pire que cela! Ils seraient le prétexte à la poursuite de la guerre selon ses opposants. Car enfin, passent les jours et les semaines, ni le temps passé ni les otages ne reviennent, sous le Pont Mirabeau coule la Seine. (Apollinaire)
Nous sommes donc priés de les mettre de côté. Car ils sont une entrave à la victoire. Sans eux, Gaza ne serait plus qu’un champs de ruines. Un enfer.
Le gouvernement veut parachever le travail. Il faut bien agir puisque le Hamas ne veut pas entendre raison.
Car le Hamas est toujours aux affaires; Bibi aussi. Et les Israéliens aux abris. Et il faudra bien mettre fin au blocus contre l’aide humanitaire, même si le Hamas y remet la main. Et il le fera par les armes, même contre la population. Personne n’a trouvé à ce jour une stratégie dans la guerre contre les terroristes. Leurs moyens défient l’entendement. Défient nos conceptions humanitaires.
D'aucuns déclarent qu'avec les Arabes, point de paix mais une guerre éternelle. Il faudra bientôt trouver avec qui la faire.
Dans l’immédiat, la roue de la fortune est relancée. On est reparti pour un tour. Encore et encore. On retient son souffle. Déjà la triste litanie revient: « Outar le Pirsoum ….» La publication (des héros tombés au champs d’honneur) a été autorisée. Oh ce n’est rien que deux morts, deux petits soldats. Deux enfants, 20 et 23 ans. Le prix à payer pour continuer la guerre. Pourquoi ce prix est il plus supportable que le prix à payer pour libérer les otages et y mettre fin?
Entrer ainsi dans une autre stratégie pour la reconstruction de l’unité nationale fracturée.
La question est à poser au gouvernement. Le fils de Netanyahu est planqué bien au chaud aux States. Avec gardes du corps aux frais de la princesse.
Il est plus facile de continuer une guerre que d’y mettre fin. Chaque jour sur le métier remettez votre ouvrage!
Einstein n'avait il pas dit "La folie....". Vous connaissez la suite.
En Israël on peut tromper mille personnes mille fois.

Lorsque le fanatisme est aux commandes des deux bords il ne peut y avoir de solution c'est bien evident.
RépondreSupprimerQue par l'anéantissement des deux parties.
Ce n'est pas demain la veille.