Lettre 329 Condamnation internationale

 Chaque vendredi matin se tient le « Parlement ». Une sorte de réunion amicale autour du mythique « Arouh’at Boker », une sorte de brunch israélien sur fond de Mezzé grec.

Une simple rencontre entre amis devenue si populaire qu’il est difficile de trouver une table libre dans les bars et restaurants. Et chacun y va de son histoire, son vécu, ses aventures lointaines. Car nul autre peuple ne connaît le monde aussi bien que lui. Jusqu’au plus petit restaurant niché dans l’arrière pays niçois, Bangkok ou Myanmar. 

Et tous de raconter combien l’autochtone arbore un large sourire lorsqu’il entend la phrase inattendue « I am from Israël ». 

Regarde bien où va ma balle

Et les portes de s’ouvrir, les questions fusent, la sympathie et le respect sont de mise. Mais voilà, le joujou est cassé. Il n’y a plus d’histoires nouvelles, que des souvenirs éculés. 

Les portes se referment. Les sourires se crispent.

Plus d’avions, plus d’aventures. Interdiction de parler hébreu sur les pistes de ski de Val d’Isère ou de Varna.

Le danger guette partout. 

Le touriste israélien tremble en posant son passeport sur le guichet de la douane. Où étiez vous au temps des bombardements sur Gaza? Criminel de guerre, mandat d’arrêt international? Allez savoir. Un mode nouveau de l’ancestrale chasse aux Juifs.

Et tout cela en moins d’un an. Depuis qu’une guerre aux buts inavoués ou désormais trop visibles nous expose à la vindicte internationale.

Anecdotique direz vous! L’important c’est d’aboutir, de toucher au but. Il n’y a de respect que pour les vainqueurs. La fin justifie les moyens.

Alors regardez bien. A chaque guerre où l’armée du peuple, Tsahal, a mis en déroute les coalitions arabes, le monde stupéfait a loué la victoire du faible contre le fort.

Mais depuis lors, Israël est devenu le pays le plus prospère, le plus puissant du Moyen-Orient. Du moins en apparence grâce au High-tech. 

Et c’est le « peuple » (S’il existe!) palestinien qui a endossé l’habit du faible, du pot de terre, de sorte que selon certains philosophes enhardis, il n’a plus que le terrorisme comme arme de défense légitime.

L’horreur banalisée, excusée, validée.

Et ça dure depuis 1973. Pour devenir une verrue, un abcès, une métastase en passe de se répandre, de nous envahir.

Mais quel est donc le chemin? Où sont donc les sages d’Israël? Les prophètes, les visionnaires? Les Ben Gourion? Les prix Nobel. Ils ont réussi à développer le dôme de fer, le laser « Keren Or ». Autant de moyens de haute technologie que nul autre pays n’a réussi à développer malgré les milliards engloutis.

Mais pour quoi faire?

Israël devenu un Fort Chabrol aux pieds d’argile. Le pays aux sept fronts!! Ce pays timbre-poste où fourmillent chaque jour des milliers d’idées novatrices mais aucune pour aboutir à une paix tant espérée.

L’ennemi est implacable. Il nous faut des alliés. Le 3ème Reich était pas moins implacable. L’Angleterre n’aurait rien pu faire sans l’Amérique et le reste du monde. La victoire appartient aux Alliés. Seule l’union fait la force.

Mais que sont nos alliés devenus? La France de Léon Blum, de Sarkozy, demain de Marine Lepen.

Si Trump ne nous tourne pas le dos, son successeur le fera à coup sûr.

Car le vent tourne, et c’est un vent mauvais qui souffle sur nous. Tout ça à cause de quelques millions de pouilleux, égarés, au destin chaotique que le monde regarde comme la victime d’un peuple génocidé devenu génocidaire.

Que ces mots sont durs à entendre. 

Pourtant ils ont cours. Ils sont prononcés, écrits, jusque dans les prétoires. Par des voix émanant de sionistes convaincus. 

Qui sont les égarés? Les cœurs tendres ou les jusqu’au-boutistes?

« Bonne question, merci etc…… »

A toute chose il y a une fin. Des élections se profilent. Une reddition du Hamas. Une destruction des sites nucléaires iraniens. Une autre guerre mondiale qui masquerait la notre.

Le réveil après le cauchemar. Car nous vivons un cauchemar tout éveillés. Et sous nos yeux, nos yeux hagards se déroulent toujours la même scène. Chaque jour il est question des 58 otages morts ou vivants. Relégués, délaissés pour ne pas cesser un combat qui sonne comme une déroute annoncée par les médias de tous bords. Leur mort fatale. Et le perpétuel décompte des jours qui passent. Bientôt deux ans. Qui dit mieux!

Et nos valeureux soldats livrés à un combat de rue, maison par maison, ruine par ruine. Et la publication de leur chute. Sans sourciller.

Mais après tout, des morts il y en a chaque jour sur la planète.

Alors ce thème vient polluer les discussions de nos Parlements du vendredi matin, veille de Chabat. Interdiction de parler de politique, des otages, de l’opinion publique internationale.

Les avions reprennent leur vol. Partons. Loin. Ailleurs. Quitter pour un temps ce pays de l’illusion. Pour toujours? 

Que doit penser un père, une mère au regard de la situation. Pas d’avenir pour les Palestiniens. Mais y a t il un avenir pour un jeune Israélien, autre que l’uniforme militaire à endosser encore et encore. A moins qu’il ne choisisse de porter barbe et peyotls.

Boutade!

Car le bruit des canons à pour corollaire désastreux de couvrir la voix des sages et philosophes. Faisons en sorte que lorsque les canons refroidiront, la parole de nos sages aura encore un poids. Un poids que nous perdons chaque jour.

Sachons écouter, entendre, analyser, y compris les diatribes hostiles, celles qui nous hérissent le poil, car il n’y a rien de pire que celui qui ne veut rien entendre.

A bon entendeur salut! 

Un golfeur demande à son partenaire de regarder où va sa balle. « T’inquiètes, j’ai une très bonne vue. »

Il envoie un drive puissant.

« As tu vu ma balle? »

« Oui, très beau Shot! »

« Et où est-elle? »

« Bah, j’ai oublié »

Mémoire et vision, deux capacités qu’Israël devrait mieux associer. Au risque de perdre la boule. Pardon, la balle.

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