Lettre 334 Guerre des 12 jours
Trump, grand chef d’orchestre, siffle la fin du tonnerre des bombes. Netanyahu avait baptisé cette guerre « Peuple lion ». Trump la débaptise en "guerre des 12 jours". J’ai dit!
C’est la contrepartie de sa contribution militaire. Il va désormais pouvoir construire son image de dignitaire du prix Nobel de la paix. Engager des pourparlers dès que la poussière sera retombée.
C’est lui le garant de ce cessez le feu. Gare à celui qui le transgresse.
Cette décision fut brutale. Immédiate, sans partage. Mais les belligérants y ont souscrit par avance. Elle le place en faiseur de paix, et efface les B2 et les bombes perforantes. Simple péripétie. Ne demeure que la blanche colombe.
Israël venait précisément de changer de cible. L’aviation bombardait tous les édifices représentatifs du pouvoir iranien, les casernes des gardiens de la révolution, l’entrée de la prison où sont détenus les opposants politiques. Une façon d’ouvrir la voie à un soulèvement populaire.
Fin de l’histoire. L’heure est au débriefing.
Tsahal annonce qu’il a atteint la totalité des objectifs qu’il s’était fixés. Netanyahu aurait préféré enfoncer le clou. Mais le missile qui s’est abattu sur Beersheba en violation du cesse le feu fut comme un coup de massue.
Trump lui a imposé de se contenter de cette victoire inédite et de rappeler les avions- bombardiers. Netanyahu s’est couché. Pouvait-il en être autrement?
A ce conflit, il y a deux conséquences diamétralement opposées.
Israël se positionne aux yeux du monde dans la continuation des guerres éclairs: Des six jours et du Kippour. La puissance régionale qui ne transige pas sur ses intérêts vitaux, même face à un ennemi implacable. L’intervention des USA rehausse encore sa position comme l’allié inconditionnel de la première puissance mondiale. Touche pas à mon pote.
Ses alliés naturels sont demeurés discrets lorsque les USA ont bombardé. Une demi-surprise. Une façon de ne pas se prendre les pieds dans le tapis. Il y a d’autres conflits à venir.
Un bémol, et il est de taille: Ni paix, ni accord. On revient au 12 juin 2025. Chacun panse ses plaies. Crie victoire. Arrange l’histoire à sa façon. Mais rien n’est réglé.
Trump va proposer un deal. Il pense-t-il contraindre l’Iran à signer dès la semaine prochaine?
L’Iran reprendra ses tergiversations sur l'enrichissement de l’uranium. Même si ses installations ont été durement touchées. Plusieurs trillions de dollars investis sont partis en fumée.
Toute cette guerre ne serait qu’une vaste arnaque. Netanyahu se vante de la destruction de la moitié des stocks de missiles. Il resterait donc 10.000 missiles balistiques. De quoi détruire la planète. L’uranium enrichi aurait été transféré dans une base secrète. Bref, rien ne serait réglé.
Les Iraniens mentent depuis 30 ans. Les Européens mentent à leur peuple sur la dangerosité de l’islamisme politique. Bibi se vante d’avoir supprimé la double menace existentielle alors que le travail n’est pas achevé. Et Trump s'enorgueillit d'une action historique que nul autre président avant lui n'avait osé pas même en rêve. Et nous impose une fin de conflit sauvant ainsi le régime des Ayatollahs.
Sachant qu’on ne pourra jamais éliminer les stocks à 100%, tous savent qu’il est impératif de débarrasser le monde de ce régime qui menace la stabilité régionale.
Mais on continue avec les vieilles recettes de grand-mère donnant ainsi raison à Macron.
Et réapparaît la question de Gaza. Un conflit qui s’enlise. Un temps éclipsé. Et qui revient au devant de la scène. Avec quelques soldats en plus (7 d’un coup) tombés au champs d’honneur. Passés inaperçus. Tout comme le sort des otages.
Trump va revenir à la charge avec un plan égyptien qui permettrait une transition d’après Hamas.
Et Bibi pense déjà aux élections à venir. Il les veut très proches de la fin de ce conflit et retirer ainsi l’épine de son pied du 07/10. Il pourra alors se présenter en grand bâtisseur de lendemains qui chantent.
Netanyahu traîne aussi un boulet. Car dès que ses ministres extrémistes se réveilleront de la torpeur de la guerre, ils imposeront à nouveau leur programme diviseur. L’effet Kiss cool de la victoire sera rapidement effacé.
Pas à pas, le Moyen-Orient évolue, mute, se range progressivement derrière Trump. Il devient désormais un chef d’orchestre incontournable malgré ses fausses notes, et elles sont de taille. Mais de la cacophonie à la symphonie il suffit de changer deux syllabes. Gageons que Trump malgré sa versatilité proverbiale, saura battre la mesure avec sa baguette.
En conclusion, la guerre éclair ne sera pas suivie d’une guerre d’usure. Pas tout de suite. encore que les Houties vienne de se manifester. Il faudra demeurer vigilant. L’ennemi est toujours vivant. Blessé, mais vivant. Pour lui rien ne presse.
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