Lettre 336 Décider du jour d'après

 Trump voudrait une fin de conflit et la libération des otages. Netanyahu veut désarmer le Hamas, occuper Gaza et, en même temps, libérer les otages.

Il en résulte que les négociations vont à nouveau échouer puisque depuis un an le Hamas ne change pas sa position. Il exige le retrait de Tsahal et refuse de déposer les armes.

Pourquoi changerait il sa stratégie. Sa position n'est ni meilleure ni plus mauvaise qu'il y a un an.

Nous savions que les armes prises au Hamas étaient remises à une milice venue de nulle part mais qui entend s'en servir contre le Hamas.

Elle est dirigée par un certain Yasser Abou Chebab, commandant des "Forces populaires" dont le but est de combattre la terreur à Gaza.

Dans une interview donnée à la presse israélienne, il explique que sa tribu bédouine possède des ramifications du Néguev jusqu'au Sinaï égyptien avec des groupes armés qui combattent le Hamas à Gaza.

Qui es tu vraiment Yasser Abou Chebab?


Dans un premier temps, il a tenté de mobiliser des combattants dans la population afin de renforcer ses rangs. Mais le Hamas a mis sa tête à prix. Il est considéré comme traitre et agent israélien. 

Il a renvoyé le Hamas dans les cordes estimant que cette organisation était à la solde de l'Iran et était responsable du désastre. 

Sur les crimes commis le 7/10, il a qualifié le Hamas d'organisation inhumaine qu'il fallait condamner. Yasser Abou Chebab accuse le Hamas d'être affilié aux frères musulmans avec une idéologie contraire aux intérêts de Gaza.

Rien que ça!

Son parcours est peu rassurant. Originaire du Sinaï, il a été emprisonné à Gaza par le Hamas pour divers trafics, drogue, prostitution. Il a réussi à s'échapper de la prison lors d'un bombardement israélien. Il est revenu à Gaza deux mois avant le 7/10.

C'est alors qu'il a fondé le groupe "Forces populaires" pour protéger la population et agir pour la distribution équitable de l'aide humanitaire.

Un véritable Robin des Bois.

Ses troupes se trouvent au sud de Gaza, sous l'aile protectrice de l'armée israélienne, mais selon des sources palestiniennes, elles ne participent pas aux combats contre le Hamas.

 Yasser Abou Chebab nie formellement agir en coordination avec Israël. Il s'identifie avec l'Autorité palestinienne avec laquelle il entretient des relations politiques. Ce qu'elle nie farouchement.

Il n'est pas le seul dans ce cas. Il s'avère que l'Autorité palestinienne entretient des groupes armés à Gaza par le truchement de clans familiaux influents qui s'opposent au Hamas. Ces groupes armés sont les scories du Fatah, l'armée de l'Autorité palestinienne qui a été chassée de Gaza en 2007 sous couvert de massacres qui appellent vengeance.

La stratégie d'Israël serait de mettre en place des structures armées pour présenter au peuple une alternative au Hamas.

Yasser Abou Chebab explique que ses combattants ont aussi détourné des camions de l'aide humanitaire, mais contrairement au Hamas, c'est afin de le répartir égalitairement. Le Hamas a arrêté et exécuté 52 de ceux-ci, dont son frère.

Bien que son organisation soit pourchassée par le Hamas, des jeunes l'ont rejoint pour combattre le Hamas.

Il insiste sur le fait que le Hamas est très affaibli et que lors des affrontements, ses combattants s'enfuient dans des trous de souris.

Pourtant à ce jour, on ne peut pas affirmer que cette stratégie de Tsahal soit une franche réussite. Ces différentes factions ne comptent que quelques centaines d'hommes en armes.

Ce n'est donc pas une force de nature à se positionner contre le Hamas lequel, même affaibli dispose encore d'une mainmise sur une partie de la population.

Alors que sera ce jour d'après?

Ce lundi, le sort sera jeté. Par Trump. L’idée est de faire accepter la reculade d’une fin de guerre sans disparition du Hamas contre un plan futur de gouvernance sans lui. Donner l’impression que les deux buts sont remplis pour sortir la tête haute.

La prime: Ouvrir une conférence internationale de la paix au Moyen-Orient. Trump y croit.

Il y a un obstacle de taille: Faire accepter à Israël d’entrer à nouveau dans un processus de création d’un État palestinien. Car Gaza et la Judée-Samarie sont liés. Israël avait réussi à les diviser. Les affaiblir. Mais le résultat est déplorable. Le 7/10 en est l’expression. Le corollaire. Le message. 

Faut-il vraiment continuer? S’acharner.

Car le choix est simple. C’est soit le chemin de la paix avec un État palestinien à la clé, soit le chemin de la guerre éternelle. Et nous ne sommes prêts pour aucune de ces deux options. 

Et la guerre de Gaza nous a appris au moins une chose: Ils ne partiront pas. Ils ne disparaîtront pas. C’est la notre fardeau. Notre dilemme. Notre défi.

Regardons bien. Les choses changent. La Palestine comme énième pays ennemi à nos portes. Non!!!

Mais si le panorama change. Si une normalisation intervient avec nos puissants ennemis d’hier. Notamment l’Arabie Saoudite. Ne faut-il pas revoir notre copie? 

Il y avait les trois « non » de Khartoum en 1967. 

Non à la paix avec Israël

- Non à la reconnaissance d’Israël

- Non à toute négociation avec Israël

La reconnaissance de l’État juif ne modifie t elle pas la donne. La gauche pense que oui. La droite pense encore pouvoir annexer la Judée-Samarie. Étouffer ainsi le projet de Trump soutenu par l’ensemble du monde occidental.

Nous aurions ainsi 5 millions de Palestiniens en charge avec l’occupation de Gaza. Plus qu’un défi. Une folie. Un véritable cadeau à l’Iran qui sera motivée plus que jamais dans sa course à l’arme atomique.

Voila donc le sujet brulant qui sépare nos deux dirigeants, tous deux aussi imprévisibles l'un que l'autre.

Mais demain est un autre jour.


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