Lettre 347 La bataille de Gaza a débuté. Unissons nous!
Netanyahu a décidé.
Encercler la ville de Gaza. Inviter la population à rejoindre la partie sud sécurisée et bénéficiant de l’aide humanitaire. Affronter les scories du Hamas pour le forcer à désarmer.
Fermer le ban.
Et il nous demande à tous de soutenir son action, de la légitimer, de donner ainsi un moral d’acier aux soldats. Cesser toutes les critiques et protestations.
En temps normal, cette demande serait inutile. La force d’Israël réside dans la résilience du peuple, son activisme comme ce fut le cas aux premières semaines qui ont suivi le 7/10.
La mobilisation des réservistes atteignait 130%!!! Nombreux sont revenus de l’étranger pour s’enrôler volontairement au point que Tsahal a manqué de matériel.
Des volontaires se sont présentés en nombre pour apporter un concours illimité aux agriculteurs qui manquaient de mains, aux cuisines pour alimenter les troupes, il suffisait d’un appel pour recevoir des centaines de réponses.
Cet élan patriotique est rapidement tombé et la fracture politique a pris le dessus. En pratique, Netanyahu n’a pas su mettre les dissensions au placard et c’est surtout son soutien à la loi d’exemption des Juifs orthodoxes qui a changé la donne. La politique a pris le dessus et a pollué l’ambiance.
En demandant le soutien de tous, il demande surtout de cesser le soutien inconditionnel aux familles d’otages, quitte à retarder leur libération alors qu’il est patent que leur vie est mise en danger.
Pas si simple!
Parce que le choix fait par un seul homme, contre l’avis de tous les services de sécurité, contre l’avis du chef d’état-major, semble un pari aventureux.
Mais surtout, il n’a pas explicité sa stratégie devant le peuple, ni développé sa vision sur les difficultés du plan pas plus que sur la question du « jour d’après ».
A savoir sur le futur gouvernant de la bande de Gaza. Netanyahu manque à son devoir de communication. Il s’exprime sur les médias étrangers, américains, mais très peu face à son peuple craignant les critiques et les volées de bois vert.
Et Trump, le versatile qui lui aurait donné carte blanche, ne manque pas une occasion pour déclarer qu'Israël doit mettre fin à la guerre.
Une chatte n’y retrouverait pas ses petits!
Alors voyons le programme.
Netanyahu a abandonné le plan Witkoff considérant que la trêve de deux mois faisait le jeu du Hamas. Et il sait qu’à terme, la libération des 8 derniers otages est un leurre. Que le Hamas refusera de désarmer. Il faudra donc reprendre les combats dans de moins bonnes conditions.
Mais la prise de Gaza-ville, dernier bastion retranché du Hamas derrière une population de 800.000 habitants représente un triple danger. Pour les otages, pour les soldats, pour la population et donc aussi sur le plan international.
Imaginez une ville comme Lyon ou Toulouse qu’il faudrait vider de sa population. Sans son consentement, donc par la force exercée. Et même s’il n’en reste que 200.000, l’équivalent des villes de Metz ou Nancy, dans un mouchoir de poche donc avec une densité les exposant aux tirs à chaque coin de rue. Est-ce raisonnable.
Il y a un an, les soldats, pris dans le tourbillon du danger, ont abattu trois otages portant drapeau blanc et criant « au secours » en hébreu. Vont-ils pouvoir retenir leur tirs face à des civils que rien ne distingue des terroristes?
Vous voyez déjà le tableau!
Le timing? Tsahal opère dès à présent avec force en périphérie. La population semble captive. La mobilisation sera progressive, étalée sur trois mois. Le plus fort de la bataille ne se produira au mieux, que vers la fin de l’année. Et s’il n’y a pas de libération spontanée, de drapeaux blancs dressés, les otages seront exécutés.
Et pas n’importe comment. Attendez-vous à des mises en scène insupportables. Un simple épisode de la guerre psychologique dont le Hamas est expert. Le choc des photos.
Et ensuite? Occupation militaire. Deux millions de Palestiniens en charge. Blocus et embargo contre Israël. Difficulté à se réapprovisionner en armes. Vous connaissez le tableau, pas besoin de faire un dessin!
C’est précisément sur cette analyse dramatique annoncée par la presse et les opposants que Netanyahu pêche par défaut. Et pour cause.
Allez les gars, courage, fuyons!!
Ce serait la réaction première en pesant le pour et le contre.
Mais voilà, nos enfants sont au front. Les réservistes, pères de famille vont arriver en renfort. La roulette tourne, il nous faut miser. Et sur la bonne case. Pair ou impair?
Nous eussions préféré qu’à tous les niveaux, politiques et sécuritaires, le choix de Bibi soit considéré comme la solution adéquate, idoine, gage de succès.
Ça n’est pas le cas. La roulette tourne encore. « Les jeux sont faits ».
Alors quoi, citoyens d’élite, allez-vous vous dégonfler? Allez-vous tirer dans le dos des soldats qui attendent un soutien inconditionnel du peuple. Les pousser à l’insoumission. Au refus de la mobilisation. Ce serait bien la première fois.
En Israël le danger est partout, insensible, impalpable, sournois. Même en période de calme. C’est comme une ombre qui plane mais qui ne prévient pas. Un pistolet sur la tempe auquel tu t’es habitué, que tu ne vois plus, que tu ne sens plus. Et qui fume périodiquement pour te rappeler aux réalités bien vite oubliées.
C’est ainsi. Un peu comme Vigipirate en France. Le truc qui devrait vous sécuriser mais qui vous rappelle les affres du terrorisme.
La roulette s’arrête. Avez-vous misé? Sur quelle case? Vous avez compris. Nous n’avons plus le choix. La décision a été prise par un homme qui a le pouvoir. S’il a misé sur pair, vous n’avez pas le droit de miser sur impair et manque.
C’est ainsi.
Nous ne sommes pas forcément derrière Netanyahu, mais à coup sûr au soutien de nos soldats, de nos enfants. Ils ont besoin de nous, de notre unité, de notre silence. Notre abnégation.
Et si le sort en est jeté, il faut espérer que face à l’efficacité de cette stratégie, Hamas acceptera de quitter Gaza pour Tunis, comme le fit Arafat en août 1982 avec 11.000 combattants. Dans le cadre de l’opération « Paix en Galilée » Tsahal avait pénétré en un mois jusqu’à Beyrouth où l’OLP s’était retranchée. Sur pression internationale, un accord avait été négocié pour permettre cette évacuation par air et mer dans différents pays arabes.
Ce serait une victoire formidable. Mais Hamas n’est pas le Fatah. Et jusqu’à présent, peu de nos prévisions ont été prises en défaut.
Alors voici les prévisions de Meynie Grégoire.
Dans un mois, la résilience du peuple sera émaillée au regard du nombre de soldats ou otages sacrifiés. Trump, pour raison électorale du vote du Midterms en novembre 2026 (Renouvellement du congrès à mi-mandat) va exercer une pression décisive sur Netanyahu en fonction de l’avancée du conflit et de la pression internationale.
Pourra t il renouveler le deal accepté en son temps par Arafat? L’histoire va t elle se répéter? Ce deal permettra t il de libérer les otages encore en vie? Il y a davantage de chances que Hamas envoie ses combattants se battre jusqu’au dernier en exposant la population dont il n’a cure.
Rendez-vous dans un mois. Et à des nouvelles de demain si vous le voulez bien.
P.S: Hamas vient de faire savoir qu’il attend la réponse de Netanyahu sur le plan Witkoff, mais qu’il accepte également de négocier la libération immédiate et totale des otages mais toujours aux mêmes conditions:
* Libération de terroristes
* Fin du conflit
* Tsahal sort de Gaza et libère les passages frontière
* Gouvernement civil par technocrates (Étant entendu que Hamas sera impliqué et demeure la seule force militaire en place, comme le Hezbollah au Liban)
* Reconstruction
Il faut avouer que comme Netanyahu, Hamas fait preuve de constance. Offre qui ne changera rien à l’opération militaire en cours laquelle tend précisément à le forcer à partir ou périr.
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