Lettre 354 Accord historique ou réthorique
Trump propose un plan en 20 points.
(Voir le texte complet en fin de lettre)
Il a le mérite d’exister.
Il a surtout le mérite d'aplanir toutes les difficultés. Une sorte de recette d’un flan qui risque de retomber à la moindre erreur.
Sur le papier c’est fantastique, surtout pour ceux qui, en Israël, n’ont aucun intérêt pour le territoire de Gaza ou qui acceptent le principe d’un Etat palestinien.
Trump a fait le forcing pour que Netanyahu l’accepte vendredi en ces mots « Pourquoi es tu aussi Fuking négatif? ».
Cet accord-cadre comporte autant de pétitions de principe, autant de vœux pieux, de déclarations qui prendront des années. Ainsi la déradicalisation de la population. Il faudra des générations.
Et voilà pourquoi ce plan, même s’il est accepté en son principe, flanchera rapidement.
Libération des otages. (Point 4)
Dans les 72 heures après acceptation du plan. En une seule fois. Fin de la guerre.
Et pour permettre de rassembler les otages, Tsahal devra se retirer sur une « ligne tracée en jaune ». Une ligne qui libère 50% de la surface et où Hamas pourrait se déployer au cœur de la population.
À discuter?
Zone de sécurité très étendue
Échange (point 5)
Après libération de tous les otages, 2.000 terroristes seront libérés dont 1.700 arrêtés après le 7/10. Qu’en est il de ceux qui ont commis les massacres? Ils seraient hors discussion. Par contre le trop fameux Marwan Bargouthi serait dans le lot.
Amnistie (Article 6)
Elle sera accordée aux membres du Hamas devenus « pacifiques » avec possibilité de gagner un pays d’accueil.
Démilitarisation (Article 9)
Sous la supervision d’agents indépendants. Qui sont ils?
Force internationale de stabilisation (Article 12)
Serait organisée par les USA en partenariat avec des pays arabes en concertation avec l’Égypte et la Jordanie. Pas bien clair. Aucun accord réel. La aussi il faudra donner du temps au temps.
Mais l’article 13 parle d’une police palestinienne et l’article 14 prévoit que Tsahal se retirera au fur et à mesure que la force internationale pourra assurer la sécurité.
Quand et comment? Avec le Hamas dans les pattes!
Autodétermination (Article 18)
Réforme de l’autorité palestinienne afin qu’elle gouverne Gaza avec une indépendance à terme et reconstruction.
Voilà le programme dans ses grandes lignes. C’est peu ou proue la réédition des accords d’Oslo.
Disons le tout court: jusqu’à l’échange otages/ terroristes, tout paraît ficelé. Le reste n’est qu’un plan bien nébuleux.
Hamas en a accepté le principe mais veut discuter des « détails ». La où se niche le diable. Netanyahu n’a pas l’intention d’accepter une présence armée du Hamas et Hamas n’a pas l’intention de désarmer.
Il n’y a pas d’organisation terroriste sans armes.
Il faut croire que Hamas veut se débarrasser des otages sous la pression arabe. La libération de 2.000 terroristes sera sa victoire. La fin de la guerre aussi puisqu’il survit à ce plan.
Et il fera tout pour que ce plan ambitieux de paix n’aboutisse jamais. Mais quelqu’un pense t il vraiment qu’il a été élaboré autrement que pour être violé.
Quant à Netanyahu, il entre en période électorale. Il lui faut donc pouvoir crier victoire et tirer les royalties des avancées militaires dont il peut se glorifier. Mais pour sa base, ce plan est une déculottée. Dans six mois, il sonnera un grand coup de barre à droite pour sortir de l’ornière de l’Etat palestinien. Il lui suffira de laisser le Hamas survivre et déclarer qu’aucune condition n’est remplie. Le Hamas a bon dos!
En attendant, les otages vont continuer à croupir dans les tunnels. Et c’est ni pour demain, ni après-demain.
Les parties vont se réunir à Sharm El cheikh (Sinaï) pour discuter.
Ce contrat cadre pourrait demander des mois de négociations s’il fallait en établir les détails.
Trump a annoncé qu’il refuserait tout report. Mais bon, il ne va pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Et les deux parties sont d’accord pour tirer la couverture à eux. Et chacun va essayer de faire porter le chapeau à l’autre en cas d’échec.
On connaît la musique.
L’important n’est il pas que les otages soient libérés. Il est évident qu’ensuite, chacun cherchera à reprendre la main selon les buts fixés. Le Hamas aurait accepté de renoncer à ses armements offensifs; ses roquettes et missiles largement détruits. Mais il demeurerait la seule organisation armée face à Tsahal jusqu’à la mise en place d’une force internationale qui aura bien du mal à le combattre.
Le Hamas n’existe que pour exécuter son idéologie mortifère anti sioniste. Ceux qui parlent de désarmement se bercent d’illusion.
Trump aurait souhaité qu’un accord soit scellé immédiatement car le choix du candidat au prix Nobel de la paix se fera cette semaine.
Trop tard. Trop vite.
Netanyahu comme Bibi sait que ce plan est inacceptable. Le Hamas ne disparaît pas et l’Etat palestinien prend forme. Mais il sait aussi qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. Les otages revenus, il aura les mains libres. Le Hamas demandera donc des garanties. Mais dans deux ans, Trump aura disparu du panorama. Or ce plan est soutenu par la quasi totalité du monde. Et par 75% des Israéliens. Et il sera au cœur du débat électoral.
Et au final, à bien y regarder, Trump n’a rien réussi d’autre que de ramener les parties à la table des négociations. C’est à la fois très peu et beaucoup.
A cet instant il convient de se demander pourquoi il est si épineux de régler la question de Gaza. Parce que l’idéologie en est la pierre d’achoppement. Et que l’arbre cache la forêt. Comprenez que l’Etat palestinien est un leurre. Il ne règlera pas le problème tant qu’il sera conçu de la rivière à la mer.
La sécurité d’Israël demeure en danger dans ce pari sur un avenir bien incertain. Avec ce plan, on est loin de la Riviera de Gaza.
Hamas peut crier « Hamas est vivant ». Et pour lui, la Palestine peut bien crever.
Trump, l’homme qui prend ses désirs pour des réalités.
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- Gaza deviendra une zone déradicalisée, exempte de terrorisme, qui ne représentera pas une menace pour ses voisins.
- Gaza sera réaménagée au profit de ses habitants, qui ont déjà tant souffert.
- Si les deux parties acceptent cette proposition, la guerre prendra fin immédiatement. Les forces israéliennes se retireront jusqu’à une ligne convenue pour préparer la libération des otages. Pendant ce temps, toutes les opérations militaires (y compris bombardements aériens et artillerie) seront suspendues, et les lignes de front resteront figées jusqu’à ce que les conditions soient réunies pour un retrait progressif complet.
- Dans les 72 heures suivant l’acceptation publique par Israël de l’accord, tous les otages — vivants et décédés — devront être rendus.
- Une fois tous les otages libérés, Israël libérera 250 prisonniers condamnés à perpétuité plus 1 700 Gazaouis arrêtés après le 7 octobre 2023, y compris toutes les femmes et enfants détenus dans ce contexte. Pour chaque otage israélien dont les restes sont rendus, Israël remettra également les corps de 15 Gazaouis décédés.
- Les membres du Hamas qui s’engagent à la coexistence pacifique et à la remise de leurs armes bénéficieront d’une amnistie. Ceux souhaitant quitter Gaza auront une voie sûre pour le faire.
- Dès l’acceptation de l’accord, l’aide humanitaire sera immédiatement acheminée à Gaza, notamment pour la réhabilitation des infrastructures (eau, électricité, assainissement), des hôpitaux, des boulangeries, etc.
- La distribution de l’aide se fera sans interférence des parties, via l’ONU, le Croissant-Rouge, ou d’autres institutions indépendantes.
- Toutes les infrastructures militaires ou offensives (tunnels, installations de production d’armes) seront détruites et ne devront pas être reconstruites. Il y aura un processus de démilitarisation sous la supervision de moniteurs indépendants, y compris via des mécanismes de rachat d’armes (buy-back) et de vérification.
- Le territoire transformé, « New Gaza », s’engagera à développer une économie prospère et une coexistence pacifique avec ses voisins.
- Un accord de garanties sera établi par des partenaires régionaux pour assurer que le Hamas (et d’autres groupes) respecte ses engagements, et que Gaza ne représentera plus une menace pour Israël, l’Égypte ou ses habitants.
- Les États-Unis travailleront avec des partenaires arabes et internationaux pour créer une Force internationale de stabilisation (International Stabilization Force, ISF) temporaire à déployer à Gaza, et elle formera des forces de police palestiniennes vérifiées, en concertation avec la Jordanie et l’Égypte.
- L’ISF contribuera aussi à sécuriser les zones frontalières, en coopération avec la nouvelle police palestinienne, notamment pour empêcher l’entrée de munitions dans Gaza et faciliter le flux sécurisé des biens nécessaires à la reconstruction.
- Israël n’occupera pas Gaza ni ne l’annexera. À mesure que l’ISF établira le contrôle et la stabilité, les forces israéliennes se retireront selon des critères, jalons et calendriers convenus, avec pour objectif que Gaza ne représente plus une menace pour Israël ou l’Égypte.
- Le territoire actuellement sous occupation israélienne sera remis progressivement à l’ISF selon un accord avec l’autorité transitoire palestinienne, jusqu’à un retrait complet, sauf une présence périmétrique de sécurité qui restera jusqu’à ce que Gaza soit réellement sécurisée contre toute menace terroriste renaissante.
- Si le Hamas retarde ou rejette la proposition, les mesures précédentes — y compris l’aide humanitaire accrue — continueront dans les zones libérées de toute menace terroriste, remises de l’IDF à l’ISF.
- Un processus de dialogue interconfessionnel sera mis en place concernant les valeurs de tolérance et de coexistence, afin de promouvoir un changement de mentalité et de narratif parmi Palestiniens et Israéliens.
- Pendant que la reconstruction de Gaza progresse, et si le programme de réforme de l’Autorité palestinienne est fidèlement mis en œuvre, les conditions pourront devenir propices à une voie crédible vers l’autodétermination et la reconnaissance d’un État palestinien, en tant qu’aspiration du peuple palestinien.
- Les États-Unis établiront un dialogue entre Israël et les Palestiniens pour convenir d’un calendrier politique de coexistence pacifique et prospère.
- Le vingtième point, selon les versions, est l’institution permanente d’un mécanisme de gouvernance transitoire supervisée internationalement (via le “Board of Peace” dont Trump propose de présider) avec le respect des engagements en matière de démilitarisation, de sécurité, d’aide et de gouvernance non militaire pour restaurer Gaza dans la paix
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