Lettre 355 Course au prix Nobel
Nous sommes face à des journées décisives. Des temps fatidiques qui pourraient bien régler définitivement le conflit du Moyen-Orient.
Dixit Trump. L’homme qui prend ses désirs pour des réalités.
Geneviève Tabouis, pionnière du journalisme politique féminin (Trump devrait s’en inspirer)
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Et comme le bonneteur, il avance un plan en affirmant que tous sont d’accord. Que même l’Iran est prête à s’aligner et mettre fin au conflit.
Et pour preuve, le Qatar et la Turquie font pression sur le Hamas pour qu’il donne son accord.
Netanyahu a dit oui tout en espérant que le Hamas refuserait et que le prétendu « oui mais » était en fait un « non mais ».
Il a vu juste.
Et après deux jours de discussions, l’optimisme béat de Trump s’est mué en dérapage incontrôlé sur le plan du timing.
Il a imposé à Tsahal de suspendre l’opération en cours sur Gaza city en fixant un ultimatum au Hamas. Accord sous 4 ou 5 jours.
Mais quelle est sa marge de manœuvre. Quel est son moyen de pression sur le Hamas? Le Qatar et la Turquie, ces deux États soutient inconditionnel du Hamas, seraient prêts à expulser ses dirigeants.
Autant dire couper la branche sur laquelle on est assis. Avec qui négociera t on ?
Netanyahu s’est fendu d’une allocution réaffirmant que la pression militaire paie, puisque le plan Trump permet de libérer tous les otages sans retrait total de Tsahal.
Il avait ainsi atteint son but. Libération des otages sans fin de guerre.
Lui aussi prend ses désirs pour des réalités. Hamas sait lire. Hamas voit dans ce plan une possibilité de survie. Il faut pour cela qu’il ne libère les otages que contre retrait préalable de Tsahal.
Il milite donc pour une libération par tranche contre retrait progressif. Retour à la case départ. Retour aux plans anciens qui ont capotés. Il faut reconnaître au Hamas une qualité: Il n’est pas versatile.
Netanyahu non plus puisqu’il campe aussi sur sa positions: Pas de retour des otages à tout prix.
Il faut le dire haut et fort. Ce plan suppose que le Hamas est acculé. Qu’il n’a pas le choix. Qu’il doit donc se désarmer et laisser place à d’autres pour gouverner.
Preuve que non. Ou plutôt qu’il y a une méprise. Hamas n’existe que par sa lutte armée. Il n’acceptera ce plan que s’il lui permet à terme de retrouver ses capacités destructrices. Il accepte de libérer les otages contre la fin du conflit. Il acceptera aussi une direction et force internationale qu’en cas de retrait de Tsahal afin qu’il puisse reprendre progressivement le dessus.
Raison pour laquelle ce sont les modalités du retrait qui demeure la pierre d’achoppement. Sans lui point de salut.
Comprenez que Trump commet une erreur. Le « oui mais » concerne l’ampleur du retrait de Tsahal et son caractère préalable et non l’inverse.
« Tu te retires, je libère » dit le Hamas
Trump dit « Tu libères, Tsahal se retire. Et tu as ma parole ». La ça devient compliqué.
C’est le chien qui se mord la queue depuis un an!!
Pour aboutir à un accord, il faudrait réécrire le plan Trump. On est pas sorti de l’auberge. Libération progressive, retrait progressif?
Case départ. Adieu le Nobel de la paix.
Souvenez vous bien. C’est le kidnappeur qui fixe la rançon et non l’inverse. Et cette carte, Hamas l’exploitera au maximum. Il possède ce moyen puissant de pression. En face, il n’y a que la menace de destruction de la bande de Gaza ce qui dérange peu le Hamas. Au contraire, Israël se met ainsi au ban des nations.
Ce qui démontre que tout tourne autour de la libération des otages et du prix à payer. Et voilà que Hamas exige la libération des terroristes lourds, les « As ». Et même de Bargouthi qui pourrait bien devenir le futur dirigeant de l’Autorité palestinienne.
Trump exige un accord au plus tard vendredi. Et tous de serrer les pouces et de mettre les bouchées doubles. On a jamais été aussi prêt d'un accord. Certes, les otages ne seront libérés qu'ultérieurement. Mais il faut absolument faire accroire qu'un accord est imminent. Que tout est quasiment verrouillé.
Pourquoi?
Pour forcer le jury du prix Nobel de nominer Donald, le faiseur de paix, celui qui mouille sa chemise. Car qui d'autre? Macron?
Il se joue devant nos yeux hagards une course à l'échalotte où tous, présidents, premiers ministres, émirs de tous poils concourent à cette réussite.
Seul le Hamas semble avoir été oublié. Lui à qui il faudrait décerner le prix Satanique du massacre. Va t il signer. On lui tiendra la main si nécessaire! Sinon panpan cucul.
Mais peu importe. Le président Moubarak a invité Trump à assister à la signature vendredi. L'avion est prêt à décoller.
Nous verrons si la pression turque fait avancer le Chmilblik. Il y a des F25 en jeu que la Turquie a commandés. Pendant les travaux, les affaires continuent!
Et en sous-mains, les services secrets turques et israéliens renouent des relations qui pourraient bien rabibocher les deux pays dans le cadre du redressement futur de la bande de Gaza.
Car le Turc voudrait jouer un rôle majeur au Moyen-Orient dans les pays émergeants que ce soit en Syrie ou au Liban. Et Trump est prêt à vendre la bande de Gaza à Erdogan. A chacun sa médaille.
Et comme un but à la 90ème minute, Trump annonce que c’est fait. Un accord a été entériné. Pas sur le plan en son ensemble, mais sur une phase 1 concernant la libération des otages. L’espoir s’est transformé en liesse populaire. On danse dans les rues sous la bénédiction d’une pluie battante. Lundi au plus tard ils seront tous de retour.
Reste à faire avaler la grenouille au gouvernement: Fin de la guerre et point d’interrogation sur le maintien du Hamas en place.
Mais avant tout, attendons la confirmation officielle du Hamas. Il aurait encore certaines exigences: le corps de Marwan Bargouthi.
Et déjà des voix s’élève sur le jour d’après. On l’a oublié celui la! Qui va donc gérer après le retrait de Tsahal? Macron comme à son habitude est prêt pour la relève. Il n’en loupe pas une!
Attendons la libération du premier otage.
Et comme disait Geneviève Tabouis (Madame Avenir) sur Radio Luxembourg dans son célèbre édito chaque dimanche matin à 9-00 de 1950-1960 « Les nouvelles de demain » resté dans les mémoires et finissant invariablement comme suit: « Et à dimanche prochain pour des nouvelles de demain ».
Les nombreux auditeurs prétendaient qu’ils ne commençaient pas vraiment leur dimanche avant d’avoir entendu Geneviève Tabouis dans sa chronique internationale.
Pour les nostalgiques que ça intéresse, elle fut à partir de 1930 journaliste spécialisée dans les affaires internationales. Ses analyses lucides sur la montée du nazisme lui ont valu l’hostilité des milieux collaborationnistes. Après la débâcle de 1940, elle rejoint Londres où elle travaille à la BBC puis à New York pour la Voix de l’Amérique, émissions dédiées aux francophones. Pour ne revenir en France qu’en 1950 où elle sera journaliste à Radio Luxembourg jusque dans les années 60. Elle est considérée comme la pionnière du journalisme politique féminin et décèdera en 1985 à l’âge de 93 ans.
Une icône qui nous a valu bien des calottes lorsqu’on ne faisait pas silence alors que papa l’écoutait religieusement devant sa TSF.
Toute notre jeunesse. N’est-ce pas J.W. (Sic)
Alors rendez-vous à dimanche prochain pour les résultats du Nobel de demain. Quant à la finalisation de l'accord avec le Hamas, il aura perdu de son intérêt. On pourra bien en discuter encore quelques semaines. L'effet d'urgence aura disparu. Mais serrons les pouces. Il semble selon CNN que le Hamas ait du mal à localiser les otages. Ils seraient finalement 20 encore en vie. Après pile deux ans. Mais dans quel état physique et mental?
Pourquoi faire hier ce qu’on peut reporter à demain!
Procrastiner c’est aussi gouverner. Macron en sait quelque chose.
Je veux bien savoir qui est interpellé par ses initiales JW .. en m p si tu veux … tu es bien dans le style journalistique de dame Louise … a bientôt pour les nouvelles de demain cher cousin
RépondreSupprimerJe corrige pardon dame Geneviève
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