Lettre 360 Trump fait main basse sur la Palestine


Marwan Barghouti, futur dirigeant de Gaza?

Un type passe devant un magasin chaussures. Il avis un modèle qui semble lui plaire. Il entre dans le magasin et la vendeuse lui fait essayer la chaussure en question.

Mais son regard est attiré par une étale avec d’autres paires d’un style différent. Et il en essaye plusieurs.

Au final, il y a devant lui une dizaine de boîtes ouvertes et il ne sait plus quelle paire choisir.

La vendeuse comprend son embarras. Elle finit par lui présenter la première paire pour laquelle il était entré.

Il arbore Un large sourire, et il finit par arrêter son choix sur cette paire.

Il vous est arrivé à plusieurs reprises, d’être placé devant tel dilemme car on ne saurait arrêter son choix sans avoir essayé plusieurs options.

C’est, quelque part, la situation d’Israël qui a été placé en 1947 devant un partage qu’il a accepté, puis finalement s’est essayé à de multiples méthodes pour arriver à la paix. Mais sans succès.

Ce que Trump nous propose aujourd’hui, n’est rien d’autre que la première paire, c’est-à-dire la division de la Palestine, mandataire en deux Etats vivants côte à côte en paix dans des frontières sûres.

Mais la chaussure est trop petite. La chausser est un supplice. Et une fois dedans, Netanyahu ne pourra plus l’enlever. Et il ne sera plus question d’en changer.

Car regardez bien.

Alors qu’il se trouvait en compagnie du vice président J.D.Vance, deux projets de loi d’annexion de la Palestine ont été présentés. Projets que les quelques membres présents du Likoud ne pouvaient qu’approuver. Malgré les instructions contraires de Bibi, ces projets ont été maintenus. Le moment était mal choisi. Vance s'est senti humilié. (On parle de lui comme futur président des USA)

Ce n’est qu’un vote de préalable qui suppose encore d’être confirmé après une procédure usuelle de trois votes successifs. Mais Trump a aussitôt réagi sèchement: « Je me suis personnellement engagé envers les pays arabes qu’il n’y aurait pas d’annexion. Si cette loi se concrétise, Netanyahu peut m’oublier »

On en est là!

Netanyahu a bloqué le vote. Il a senti le vent du boulet.

Netanyahu devra souffrir dans ses chaussures trop petites ou marcher pieds nus.

Alors regardez bien.

Certains ont été scandalisés quant à la vassalisation d’Israël par Trump. Israël serait devenu le 51ème Etat d’Amérique. Erreur. La souveraineté d’Israël est sauve. En Israël. Mais pas en Palestine. Car Trump y a mis la main. Et ne la lâchera plus. Il est hors de question que Netanyahu et son gouvernement prennent des décisions qui remettent en cause les acquis de la paix qu’il veut imposer. De la normalisation des accords d’Abraham. Et ce dans l’intérêt bien compris des Israéliens qui approuvent, et contre la politique du gouvernement.

Sinon « Démerden sie sich! ».

Et il y a même plus. 

Netanyahu voudrait fixer des lignes rouges. 

La première concernait la libération de Barghouti. Selon les accords, après la libération des dernières dépouilles d’otages, nous devons encore libérer des détenus pour acte de terrorisme.

On sait que Marwan Barghouti est sur la liste, et qu’il est un possible successeur d’Abou MazenMembre du Fatah, il est surtout connu pour son rôle dans la deuxième intifada et a été emprisonné par Israël en 2002 pour son implication dans des attaques contre des civils israéliens. Il est devenu une figure symbolique de la cause palestinienne, et beaucoup le considèrent comme un potentiel futur leader politique.

Ce serait l’homme providentiel qui aurait l’aval de tous, donc de Trump pour diriger le gouvernement de paix à Gaza.

Netanyahu y paraît hostile. C’est un caillou dans sa chaussure. Mais il recule déjà.

L’autre ligne rouge, très rouge, c’est la présence de forces turques à Gaza. Mais Trump veut s’en servir contre le Hamas. Pour le désarmer en douceur. C’est un projet qui parait hallucinant. Mais à qui confie-t-on la surveillance des supermarchés sinon à des vigiles recrutés dans les quartiers. Et depuis il n’y a plus de vols.

Surprenant mais tellement efficace.

Et que peut faire Netanyahu contre une telle démarche. On le voit bien. Chaque jour qui passe, le plan de Trump pousse le gouvernement dans ses retranchements. Il recule sans que nul ne comprenne d’où vient cette faiblesse. La base politique du Likoud paraît bien désemparée.

Chaque jour arrive ici un homme politique américain influent pour remplacer le précédent et assurer le maintien du cessez le feu. Une façon de tenir les rennes et empêcher notre gouvernement de dérailler. Car si Trump a tenu à la Knesset des propos lénifiant à l’endroit de Netanyahu, il casse du sucre sur son dos dans la tresse étrangère. Il aurait perdu patience et confiance.

Trump a t il décidé d’agir en solo? Il sait que son plan va mener à la chute du gouvernement. Les ministres de droite extrême ne peuvent tout accepter. Ils ont déjà avalé quelques grenouilles: Mettre fin à la guerre, sortir de Gaza, renoncer à l’annexion de la Cisjordanie. Et quoi encore, accepter un Etat palestinien?

On le voit, l’effet 7/10 n’est plus d’actualité. Depuis que les otages vivants ont été libérés, Trump a changé de logiciel. Il veut agir à sa façon. Avec ou sans notre gouvernement. Avec ou sans Bibi. De préférence sans Bibi. Il a compris que son avenir politique est suspendu à un fil. Il n’a plus la majorité à la Knesset et ne peut plus faire voter la moindre loi. Les partis orthodoxes refusent de voter sans que la loi sur l’exemption n’est pas sur les rails.

Trump a compris que Netanyahu n’aboutissait à rien. N’a t il pas déclaré que si on le laissait faire, Netanyahu poursuivrait la guerre encore pendant des années. Une façon de survivre grâce au conflit.

Il semble que des vents concordants soufflent contre Netanyahu. Sa coalition est en suspension. Trump le pousse dans les cordes. Le sol semble se dérober sous ses pieds. 

Alors, nous aurons Barghouti comme futur dirigeant à Gaza. Il y aura des soldats turcs pour contrôler le Hamas.

Et Netanyahu devra manger son chapeau…….et chausser des pantoufles à sa pointure pour une retraite bien méritée. 



Commentaires

  1. l’avenir personnel de l’actuel, premier ministre israélien m’indiffère et son départ permettra sans doute un changement de perspective. Ce qui me concerne c’est la sécurité et la prospérité du peuple israélien et plus largement du peuple juif.

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    1. Qui dans ce bas monde peut encore soutenir qu’il vit dans un pays en sécurité. Concept bien relatif.
      Entouré d’ennemis sanguinaires, Israel est en guerre depuis sa création. Mais il y a du mieux. Et il est possible de faire bien mieux. A condition de raire les bons choix. Il faut croire que jusqu’à ce jour, on pouvait faire mieux. A condition de changer de logiciel. C’est un virage dangereux. Le status quo aussi.

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