Lettre 362 Vengeance à la prison de Sde Teiman
Tsahal, l’armée du peuple, est considéré comme l’armée la plus morale qui soit.
Cette qualification suppose certaines contraintes, et surtout de faire le ménage de façon interne en cas de faits condamnables.
Des actes de barbarie ont été commis dans la prison de Sdé Teiman où sont enfermés les terroristes qui ont participé aux massacres du 7/10.
Une unité spéciale composée essentiellement de militaires réservistes, la Force 100, est chargée de la surveillance. Neuf d’entre eux se sont livrés à des actes de violences graves et sexuelles. On en dira pas plus. Pour masquer les faits, des participants ont tenté de masquer leur forfait avec des boucliers. Pour cacher quoi?
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Après son hospitalisation, un médecin militaire a constaté les blessures graves conséquences de ces actes criminels. Sept côtes cassées, un poumon perforé, la fesse transpercée, et des blessures à l’anus.
Voilà les faits. Étouffer l’affaire ou ouvrir une enquête. C’est le choix qui s’est offert au parquet militaire. Il semblerait que face aux actes de cruauté, la réponse fut assez évidente. Moralité de Tsahal oblige.
En sus, tout se sait, tout filtre, rien ne peut être caché dans un monde où les réseaux sociaux sont roi. Il ne manque pas d’associations de défense, juives ou arabes pour s’emparer de tels faits.
Et comment dormir la nuit avec ces images immondes sachant que chaque matin clair, l’affaire peut vous exploser à la figure. Une sorte de grenade dégoupillée dans votre tiroir.
Le parquet militaire dirigé par Yifat Tomer Yeroushalmi a donc ouvert une procédure pénale contre cinq ce ces acolytes en juillet 2024 notamment pour viol et sodomie. Des actes révélés par les caméras de surveillance perpétrés pendant 17 minutes. (Source: Wikipedia Israël)
Des affrontements entre la Force 100 et la police ont eut lieu lors de l’arrestation de ces soldats et la prison à été investie par des activistes venus les soutenir, dont des parlementaires du Likoud. Un lynchage verbal s’en est suivi. Que n’a t on entendu!
Cette procureure serait juste bonne à pendre, contre les terroristes de la Nouh’ba, tout est légitime! Jusqu’à soutenir qu’au lieu de protéger ses soldats, le parquet militaire les enfonçait. Les livrait à la vindicte populaire internationale. En faisait des gibiers de potence pour les tribunaux pénaux et exposait ainsi tous les soldats de Tsahal qui avaient servi à Gaza à des poursuites.
Des responsables du gouvernement n’ont pas mâché leurs mots. Un véritable lynchage par le biais des réseaux sociaux.
En bref, cette affaire est devenue un point de friction politique, le gouvernement et ses éléments de droite extrême s’appropriant la défense de la réputation de Tsahal et de ses soldats. Tout ne serait que mensonge et invention.
Il fallait sauver le soldat Ryan!
La décision du parquet militaire d’engager des poursuites pénales a été critiquée, voir mise en doute comme constituant un acte de traîtrise.
Il semble bien que le parquet militaire mis sous pression et contesté dans son action, ait pris la décision collective de faire fuiter la preuve des faits.
Le 6 octobre 2024, une vidéo des caméras de surveillance a été diffusée par la chaîne de télévision 12 et révèle au grand public la preuve de la gravité des actes.
La cour suprême a été saisie pour ouvrir une enquête sur ce fuitage, mais la procureure générale militaire a déclaré que cette vidéo était passée entre de nombreuses mains et qu’il n’était pas possible d’en déterminer l’auteur.
Il n’y a donc pas eu d’enquête, jusqu’au 29 octobre 2025, date à laquelle la procureure générale du parquet ( A ne pas confondre avec le parquet militaire) a ouvert une telle enquête à la suite d’une information venue du chef du Chabak David Zini. Son service a passé un officier au polygraphe dans le cadre d’un contrôle et à l’occasion d’une question de routine, celui-ci a révélé l’origine des fuites à savoir le parquet militaire lui-même, et à sa tête Yifat Tomar Yerouchalmi.
Une bombe!
Devant la gravité des faits, celle-ci a reconnu les faits et a pris un congé puis a démissionné de ses fonctions le 31 octobre. Dans le cadre de la poursuite pénale, elle a été arrêtée le 2 novembre après sa disparition sur une plage d’Herzlya qui laissait craindre un suicide.
Un véritable lynchage médiatique pouvait laisser supposer un acte extrême. Les faits initiaux ont été supplantés par cette affaire seconde. Elle serait d’autant plus grave que Tomer Yeroushalmi a menti à la figure de la cour suprême et aux autorités concernées en déclarant (Sic) qu’il était impossible d’identifier l’auteur de la fuite.
Certains pensent qu’il faut les distinguer et non les mélanger. Demeure la question poignante des motifs qui ont poussé le staff du parquet militaire à publier cette vidéo. Surtout sous forme masquée? Il était évident que le secret serait tôt ou tard éventé. La pression du lynchage semble avoir été trop forte. Elle s’est mise dans une position dont elle ne savait comment s’extraire.
Et accessoirement, cette vidéo qui avait été transmise à tous les participants à cette procédure a t elle véritablement un caractère couvert par un quelconque secret.
D’autres soutiennent que cette diffusion publique porte atteinte aux droits de la défense des accusés et qu’il faut donc classer le dossier.
Le parquet militaire se serait ainsi tiré une balle dans le pied!
La politique s’est emparée du sujet et la procureure générale qui est dans le collimateur du gouvernement est critiquée. Elle aurait tardé un an avant d’avoir ordonné une enquête, et n’aurait pas procédé à l’arrestation immédiate de sorte que Tomer Yeroushalmi a pu organiser sa défense, faire disparaître des preuves dont son téléphone. Et protéger ainsi d’autres complices.
Le ministre de la justice Levine demande sa propre arrestation comme complice. Rien que ça!
Et les accusations débordent sur l’institution judiciaire en son ensemble. Comment ne pas faire le lien entre le parquet militaire et le parquet général alors que ces deux institutions travaillent toujours main dans la main. Si l’un ment, l’autre n’est il pas au courant, complice, coupable?
Voilà qui n’arrange les billes ni de l’armée, ni de son parquet, ni celui de la justice en général. Et tout cela sur fond de réforme politique tendant à affaiblir l’autorité judiciaire. Jusqu’à la rendre inefficace, soumise au pouvoir exécutif. Tel est le projet qui tend à séparer la fonction de conseiller juridique du gouvernement de la fonction de procureur général. Le premier serait à la botte du gouvernement, le second à la botte du ministre de la justice. Et la cour suprême serait ainsi privée de ses relais exécutifs. Voilà comment notre affaire du jour doit être regardée.
Mais attention danger!
Il faut se souvenir que la justice pénale internationale revêt un caractère subsidiaire. Elle ne peut être saisie que si la justice du pays est défaillante. Il est donc capital que ce type d’affaires soit porté devant les tribunaux et jugé même avec indulgence. Sinon des mandats d’arrêt seront émis.
Il se trouve que les photos de deux des cinq accusés ont été publiées. Des plaintes pénales devant le TPI vont suivre. La chasse aux soldats de Tsahal est ouverte depuis le début de la guerre et des organisations pro palestiniennes veillent au grain. Sondent toutes publications de soldats sur les réseaux sociaux.
C’est la raison pour laquelle les soldats n’apparaissent plus devant les médias à visage découvert.
Alors, fallait il poursuivre ou classer et livrer ces soldats à la justice internationale ?
Vous avez dit « armée morale ». Quel est donc le bon chemin?
Cette affaire a causé un tort irréparable à la moralité de Tsahal sur le plan international. Ce qui prouve qu’en voulant respecter nos obligations morales et purger les actes condamnables, nous alimentons la machine anti sioniste.
Au fait. Ce terroriste à été libéré et renvoyé à Gaza le mois dernier dans le cadre de la libération des 20 otages. On à simplement omis de recueillir sa déposition. Trop tard!
Peut on poursuivre l’enquête?
A entendre la défense, « cette vidéo est un montage » et dans le même souffle, « elle ne montre rien ». (Drôle de montage où on ne voit rien!!) Il est exact que les boucliers laissent peu d’espace. Et comment accuser des soldats de violences illégitimes alors que ce terroriste est libéré sans jugement ni sanction pour les faits immondes qu’il a pu perpétrer. Ces violences reçues seraient sa seule punition bien légère en l’occurrence. Et tous les accusés d’exiger leur libération et la classement sans suite de leur dossier. Un beau gâchis juridique dans toute sa splendeur!
Il y a dans ce dossier de multiples lacunes et facettes qui seront révélées dans le cadre de l’enquête.
Mais il faut bien comprendre que cette affaire n’aurait pas déraillé si on avait laissé la justice militaire suivre son cours normal. Il y a des forces puissantes que certains nomment « la machine à poison » et qui s’emballe dès qu’une affaire peut avoir un intérêt politique pour le gouvernement.
On parle beaucoup de la fuite de la vidéo et très peu des actes qu’elle comporte. Un train peut en cacher un autre.
S’il est incontestable que Tsahal est une armée morale, tel n’est pas le cas du monde politique, ici ou ailleurs.
Ainsi, cette affaire vient d’être éclipsée par un scandale impliquant le dirigeant de la Histadrout (Syndicat national) lié au Likoud dans le cadre d’une concussion « donnant-donnant » permettant à un homme d’affaires de drainer des milliers contrats d’assurances provenant de salariés de sociétés publiques. Des sommes importantes seraient en jeu avec de multiples personnes impliquées dont certaines proches du gouvernement. Icare a fini par se brûler les ailes pour s’être trop approché du soleil. Le pouvoir rend souvent aveugle.
Ainsi va le monde.
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