Lettre 376 Le comité de la paix en ordre de marche

 La visite de Netanyahu à la Maison Blanche vaut le détour. A t il fait chou blanc?

Ou serait-ce ce jeu de Saint Nicolas et du père Fouettard bien connu des inspecteurs de police. Ou encore le bon, la brute et le truand, les Iraniens endossant le troisième costume. 

Essayons de comprendre comment avance le plan Trump. 

Trump, président du Conseil de Paix

En arrivant à Washington, Netanyahu a été reçu par Kushner et Witkoff qui lui ont tendu un stylo pour signer la participation d’Israël au Board of Peace. Condition sine qua non de la réception par Trump. Il a ainsi agréé la présence de la Turquie et du Qatar dans cette instance présidée par Trump qui doit prendre en main le destin de Gaza. Désarmer le Hamas et reconstruire cette enclave qui pourrait bien devenir cet inénarrable État palestinien, petit Monaco du Moyen-Orient. Tel le phénix renaissant de ses cendres.

Une conférence fondatrice de ce Conseil de Paix aura lieu le 19 février à Washington. Reste à savoir qui représentera Israël. Sur la photo de famille, Netanyahu ne peut décemment s’afficher aux côtés d’Erdogan. Sa base aurait du mal à encaisser ce camouflet.

Le président Herzog?

Les bruits de couloirs semblent accréditer une véritable avancée vers le désarmement de Hamas. Il serait aux abois, faute de finances suffisantes pour payer ses activistes. Ces derniers se livreraient à un trafic d’armes pour arrondir les fins de mois.

Hamas se renforce ou s’étiole? 

Et c’est sur ce fond de difficultés structurelles que des sources informées affirment que Hamas accepterait de désarmer partiellement. Restriction acceptée par Trump.

De quoi s'agit il ?

D’abord combler les tunnels par cette armée internationale qui tarde à accoucher. L’Indonésie annonce l’envoi de 8.000 soldats et serait suivie par d’autres pays candidats. Mais sous condition masquée d’être adoubée par le Hamas.

Puis livrer les armes lourdes. Hamas aurait donné son agrément. Quant aux armes légères, hors de question. Les milices claniques armées par Tsahal attendent un signe pour régler leur compte avec le Hamas qui a exécuté tant de leurs membres pour intelligence avec l’ennemi sioniste.

Ces milices commencent à prendre position aux points clé, notamment au passage de Rafah qui vient de rouvrir, et s’y livrent à un contrôle musclé pour éviter toute intrusion de terroriste du Hamas.

Est-ce le signe d’un lent pourrissement d’une organisation qui régnait par la terreur et qui pourrait perdre pied face à la pression internationale qui provoque l’assèchement de ses finances.

Ici aussi Israël manie le fouet. Tsahal pourrait intervenir si le désarment venait à tarder. Si Trump aime utiliser la menace, c’est uniquement pour avoir à ne pas s’en servir. Il l’a dit et redit pour l’Iran. A Gaza, il faut se hâter lentement. Mais le puzzle se met progressivement en place.

La force ne réside plus dans l'usage des armes, mais dans l’émergence d’un consensus international pan arabe pour mettre fin au recours au terrorisme. Ce serait la conséquence des scories du choc des massacres du 7/10. En corrélation avec la souffrance d’une population qui ne peut se libérer d’une tutelle qui l’opprime. A Gaza comme à Téhéran.

Trump aurait-il initié une nouvelle forme de guerre anti terroriste, sachant que personne n’a jamais réussit à éradiquer cette gangrène. Une idéologie se combat avec une autre idéologie. Les accords d’Abraham en sont l’un des aspects. La délégitimation de l’ONU enlisée dans ses compromissions serait un autre levier. Et créer une force internationale arabe et musulmane pour lutter l’idéologie terroriste serait l’aboutissement. 

L’imprévisible Trump aurait il une vision globale planifiée dans un monde où la puissance militaire serait au service de la paix. N’allons pas trop vite en besogne! Elle demeure en tous cas au service des intérêts d’Israël. N’est-ce pas l’essentiel. Tout en tordant le bras à Netanyahu à chaque étape de son plan. Du moins en apparence. Bibi ne risque pas grand chose à accepter de faire tout le contraire de ce qu'il annonce à sa base. celle-ci est disposée à avaler toutes les couleuvres. Et les autres partis de la coalition n'ont nul part où aller. 

Et c’est à cet instant que réapparaît la société américaine de sécurité UG SOLUTION qui serait en pourparlers avec le Conseil de Paix pour sécuriser et accompagner les troupes internationales. On se souvient de cette organisation chargée de sécuriser la distribution de l’aide humanitaire avant le cessez le feu, avec quelques débordements provoquant des mouvements de foule contenus par des tirs létaux.

UG SOLUTION serait en phase de recrutement d’agents arabophone ayant une expérience militaire.

Voilà donc comment la force internationale sera bordée. D’un côté des milices claniques de Gaza prêtes à en découdre avec le Hamas. De l’autre côté, une force de sécurité, tous de langue arabe. Une façon de laver le linge sale en famille.

Et ici, on n’a jamais été aussi proche d’élections qui pourraient être anticipées. Netanyahu, dans le rôle de la brute, est allé chercher un coup de pouce complémentaire pour une attaque simultanée avec les USA. Il revient avec une réception en catimini par le bon, que l’Iran analyse comme un refus d’entrer en conflit armé. Pourtant Trump détourne un second porte avions. Le ton monte. Mais le truand iranien sait qu’il peut tirer les négociations en longueur. Il ne s’en privera pas.

Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse. Mais Lafontaine n’est pas dans le lexique perse.


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