Lettre 293 Les Evangiles au secours d'Israël
Y aurait-il d'autres sionistes que juifs?
Nous savons tous qu'après la crucifixion du Christ en l'an 33, le judaïsme a connu un chiisme entre ceux qui l'on reconnu comme le messie et ceux qui l'on condamné comme blasphémateur.
Et pendant une période d'environ 150 ans, chacun de ces deux courants du judaïsme se réclamait de l'authenticité de cette religion, jusqu'à ce que les réformateurs prirent le nom de chrétiens et fondent la religion la plus répandue dans l'espace occidental.
Et pour les punir de leur aveuglement, les chrétiens, après avoir eux-mêmes été persécutés par les Romains, s'évertuèrent à les persécuter comme pour effacer cette branche mère qui leur faisait de l'ombre.
Car ces juifs chrétiens étaient face à une contradiction avec le Livre: Leur messie était absent! Disparu comme par miracle!
Il avait certes promis de revenir sur terre pour accomplir la parousie (Présence en grec), le second avènement du Christ, afin d'accomplir la prophétie laquelle prévoit:
* Construire le troisième temple
* Rassembler tous les Juifs en terre d'Israël
* Introduire une ère de paix
* Reconnaissance universelle du Dieu d'Israël
Mais dans la religion juive, un tel scénario est incompatible avec la simple logique biblique: Le messie ne s'immole pas pour disparaitre et réapparaitre. Il accomplit.
Des théologiens protestants ont alors construit un courant sioniste chrétien selon lequel la parousie ne s'accomplira que lorsque tous les Juifs reviendront en Israël et se convertiront au christianisme.
Un peu comme revenir à l'an 0, à la naissance du Christ, pour réécrire l'histoire dans le bon sens, c'est à dire sans le chiisme et par la reconnaissance universelle de son avènement.
Comme c'est beau, is'nt it?
Et ces chrétiens évangélistes ont interprété la création de l'Etat d'Israël et ses victoires improbables comme un signe de la justesse de leur théologie. Car selon Esaïe (66: 7-8) "Un pays ne peut naître en un jour, si ce n'est celui du peuple élu"
Et c'est ce qui a poussé le président américain Harry Truman a reconnaitre l'Etat d'Israël seulement 11 minutes après qu'il eut été proclamé.
Et voilà introduit notre sujet.
Les évangélistes américains ne représentent que 15 % de la population mais 28 % des électeurs. Un poids électoral considérable. (Attention, les chiffres varient selon les sources)
Ils sont guidés par des évangélistes fondamentalistes tels Jerry Falwel, David Allen Lewis ou Pat Roberson qui ont contribué à resserrer les liens avec Israël en créant un véritable lobby pro israélien.
Ils militent pour la victoire d'Israël et sa souveraineté sur la totalité de la terre promise biblique donc incluant les territoires palestiniens et ils rejoignent en cela les juifs religieux orthodoxes.
Et c'est un allié de poids au pays de l'oncle Tom.
Pour eux, il n'existe pas de peuple palestinien puisque la bible n'en fait pas mention. Selon le pasteur John Hagee, célèbre chrétien sioniste: "Il n'est pas possible de dire je suis chrétien et de ne pas aimer le peuple juif. Dieu nous ordonne de l'aimer et de défendre sa présence sur la Terre Sainte."
On ne peut mieux dire.
Leur foi se fondent sur des principes alliant valeurs morales et donc hostilité à l'avortement et au mariage homosexuel. En cela les Evangélistes se distinguent des progressistes et du Wokisme.
Cette fois on comprend mieux ce qui divise tant les Américians et pourquoi ils ont choisi Trump comme président.
Mais il y a ici un hiatus.
On ne peut pas dire que Trump soit l'archétype des valeurs prônées par ces derniers. Et c'est un euphémisme.
Il a été élevé dans la foi protestante traditionnelle. Mais il se reconnait dans plusieurs valeurs communes avec les Evangélistes et dans son premier mandat, il a appliqué une politique conforme:
* Opposition à l'avortement et nomination de juges conservateurs à la cour suprême
* Soutien à la liberté religieuse
* Position favorable à Israël comme le transfert de l'ambassade à Jérusalem
Et même s'il n'incarne pas leurs standards moraux, il est considéré par les leadeurs évangélistes précités comme le défenseur de leurs priorités.
Comprenne qui peut. Mais ce soutien a permis à Trump d'être élu, et très largement.
Pour ces chrétiens sionistes, apporter son soutien à Israël ne relève pas du choix car il s'agit d'un ordre divin. Jésus n'a t il pas dit: " Le salut vient des Juifs". (Jean 4: 22)
Et ils tirent de textes de la Genèse et d'Isaïe des préceptes qui font des Juifs le peuple élu légitimant la possession de la terre d'Israël.
Ils sont en plein décalage avec l'église catholique et avec les mouvements actuels progressistes qui leur donnent des boutons. Biden n'est pas un des leurs.
L'Amérique change en leur défaveur. "Si vous considérez que les barbares sont à nos portes, peut-être avons nous besoin d'un barbare pour nous protéger".
Tout est dit!
Voilà Trump dans de beaux draps. Car il se doit de respecter ses électeurs. C'est ainsi qu'il a désigné dans son entourage des responsables politiques acquis à la cause israélienne et donc aux Evangélistes.
Et il existe une courroie de transmission en Israël en la personne d'Avigdor Liberman président du parti politique ultra conservateur non religieux "Israël Beitenou" (Israël notre maison).
Cet ancien bras droit de Netanyahu qui se trouve dans son opposition la plus farouche a fondé le groupe des "alliés des chrétiens" à la Knesset. Il serait la cheville ouvrière des relations serrées avec les sionistes chrétiens américains de John Haggee lequel a créé le lobby CUFI (Christians United For Israël) militant pour une apologie du sionisme chrétien.
En caricaturant, on peut affirmer que l'Amérique vit l'affrontement de la morale conservatrice contre le post modernisme et que ce combat vient contaminer toute la planète.
Chez nos amis musulmans ce conflit n'existe pas. Mais leur conservatisme est différent du notre en cela qu'il milite pour une autre suprématie.
Il y a donc bien deux mouvements conservateurs qui vont s'affronter à l'occasion du conflit au Moyen-Orient et dont Trump est l'un des acteurs principaux.
Les progressistes qui sont prêts à se soumettre vont disparaitre faute d'être soutenu par une idéologie spirituelle.
Les Français souffrent des mêmes maux si l'on admet que seuls 2% d'entre eux fréquentent encore ces églises bâties à la gloire d'un messie qui tarde à revenir.
C'est comme la nouvelle religion civile que la Révolution avait cru pouvoir instaurer sous le Directoire. Et qui fit long feu.
On ne se refait pas. Si les Evangiles ont servi de fondement pour torturer les Juifs, n'est-ce pas justice que celles-ci servent aujourd'hui à servir Israël.
Bien le bonjour du pays des merveilles!
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