Lettre 319 Révolte à Gaza
Voilà quelques jours que des Palestiniens de Gaza manifestent leur mécontentement contre le gouvernement du Hamas.
Quelle mouche les a piqués?
« Hamas dehors » « Hamas terroriste »
Pas moins que ça.
Qui sont-ils? Manifestation spontanée ou organisée? Serait-ce le « printemps » de Gaza?
Et c'est précisément lorsque le Hamas a organisé une cérémonie pour fêter la journée de Jérusalem libérée des sionistes que des gazaouis sont sortis dans la rue dans plusieurs villes, ou ce qui en reste, avec de tels slogans.
La protestation s'est répandue du Nord au Sud.
Leurs revendications sont affichées sur leurs pancartes: "Fin de la guerre", "On veut vivre", "le sang de nos enfants n'est pas à vendre".
Ils appellent le Hamas à quitter Gaza.
Serait-ce un effet Trump? Car l'enfer est pour demain. Le ministre de la défense a annoncé une poursuite des combats avec une force inédite et une occupation progressive du territoire en repoussant la population vers des zones sécurisées.
Jusqu'à libération des otages.
Il a encouragé les Gazaouis à faire pression sur le Hamas pour qu'il quitte la région.
Le Hamas semble circonspect face à ce qu'il considère comme des mouvements d'humeur sans véritable effet. Mais il pourrait bien rétablir l'ordre par la force. Par les armes.
Encore que les combattants que le Hamas a enrôlé récemment pour reconstituer ses forces, sont issus du peuple donc peu enclins à tirer dans la foule.
Le message du Hamas est clair: "Vous faites le jeu des Israéliens". Leurs idiots utiles en quelque sorte.
Mais rien n'y fait, la révolte gronde. Il semble que la terreur que faisait régner le Hamas dans la rue se heurte au désespoir des foules. Ce désespoir serait plus fort que la peur des armes.
Un autre paramètre est à prendre en considération. La population est divisée de façon clanique. Les clans (Hamoula) sont en rapport avec le Hamas et partagent le pouvoir civil. Si un chef de clan décide de faire obstacle au Hamas, tout le clan, hommes, femmes et enfants vont se rebeller. Mais le chef sait qu’il les expose à un danger mortel et à la première balle, il mettra fin à la rébellion.
Quant aux activistes du Hamas, en tentant de rétablir l’ordre dans la rue, ils s’exposent aux tirs ciblés des drones israéliens. Le danger est partout.
Il faut bien comprendre.
Lors des élections législatives de janvier 2006, les Palestiniens ont voté pour le Hamas. Après une tentative avortée de gouvernance mixte avec l'Autorité palestinienne, cette organisation terroriste a pris le pouvoir à Gaza en juin 2007. Depuis, aucune élection n’a plus été organisée.
Inutile.
Un gouvernement terroriste n’a besoin d’aucune autre légitimité que celle de la force armée. La terreur à l’intérieur comme à l’extérieur. Voilà qui assure au Hamas comme à tout gouvernement dictatorial, une pérennité sans entrave.
Et voilà pourquoi depuis 20 ans, rien ne bouge à Gaza.
Certains diront que cette population servile est complice de l’idéologie djihadiste. D’autres soutiendront qu’ils haïssent le Hamas mais sont pieds et poings liés.
La vérité c’est que dans l’adversité, cette population n’a que le choix de se soumettre ou crever. Il lui faut lécher la main qui le nourrit, mal certes, mais sans autre alternative.
La reprise des bombardements et de l’entrée des troupes de Tsahal ont forcé la population à migrer à nouveau vers le Sud pour trouver abri. Et le Hamas est occupé à sauver sa peau et se désintéresse du désarroi des Gazaouis. Ce n’est pas nouveau mais jusque là, toute manifestation était réprimée par les armes.
Hamas n’hésitait pas à tirer dans le tas.
La population sent que le Hamas ne tient plus la rue ce qui l’autorise à sortir en scandant des slogans accusateurs inédits.
Regardez bien. Voilà deux peuples qui manifestent chacun de son côté.
En Israël contre le poursuite d’une guerre qui met les otages en danger. À Gaza pour un arrêt de cette même guerre qui met cette population dans un « enfer » avec des lendemains qui déchantent.
Leur cri est le même cri. Pour des motifs différents mais convergents.
On peut légitimement s'interroger sur la résilience de cette population avec des terroristes en armes qui se servent d'elle comme bouclier humain.
Et en quoi un plan d'évacuation de cette zone sinistrée par la guerre serait à ce point scandaleux. Transfert, déportation. Des mots qui résonnent avec des relents historiques qui font tressaillir. Et pourtant. Qui voudrait d'un voisin dont le but est de vous exterminer?
On en revient à cette conclusions que puisqu'il n'est pas possible de virer le Hamas de Gaza, faisons bouger la population. Une façon de libérer cette population de la tutelle drastique qui pèse sur elle.
Israël a réactivé une administration chargée de favoriser et organiser le départ de Palestiniens vers les destinations de leur choix.
Il s'agit ici des binationaux qui demandent à émigrer vers leur pays d'origine, ou de personnes qui ont obtenu un visa d'un pays tiers.
Il s'agit également des personnes malades ou nécessitant des soins qui ne peuvent plus être dispensés sur place. L'Egypte et la Jordanie, les Emirats, acceptent de les accueillir avec leur famille pour ces raisons humanitaires.
Il serait question de 35.000 personnes qui ont déjà quitté Gaza ces dernières semaines et les candidats au départ ne manquent pas.
Leur transfert est assuré par Israël soit par l'aéroport Ramon d'Eilat, soit par les frontières terrestres vers l'Egypte et la Jordanie.
Disons le clairement: ce n'est pas par choix que des familles entières quittent Gaza. C'est plutôt une question de survie.
"Quitter Gaza coute que coute!"
On les a beaucoup diabolisés. Suppôts des Frères musulmans. Leurs manifestations semblent les rendre plus humains, plus fréquentables puisqu'ils se démarquent enfin du terrorisme.
Les Européens voudraient qu'ils puissent rester sur place et continuer à vivre éternellement de l'aide humanitaire. Demeurer le seul peuple au monde à transmettre le statut de réfugié de père en fils. Et pérenniser ainsi la question palestinienne comme un boulet aux basques d'Israël.
Mais un réfugié qui ne peut revenir chez lui a vocation à être accueilli et intégré dans le pays qui l'accueille. C'est précisément ce que refusent de faire les pays arabes en ne leur accordant pas la citoyenneté.
Il est peut être temps de changer de logiciel et de donner à cette population un avenir autre que de vivre sous la coupe d'une organisation terroriste.
Car enfin, personne ne propose rien de sérieux pour que Gaza soit débarrassé du Hamas, lequel, même vaincu, n'acceptera jamais qu'un autre prenne sa place.
C'est un bourbier comme l'Afghanistan et toutes les régions où l'idéologie djihadiste se répand.
Le plan de Tsahal c'est d'occuper Gaza avec ou sans population. C'est pas de tout repos!
Le premier problème, c'est de trouver les soldats pour le faire. Et de façon pérenne.
Bon courage.

Manifestation spontanée ? Je n'y crois pas trop. Le Hamas ne prend pas de gants quand il y a contestation contre eux. Ils auraient tiré dans le tas. Et là, rien ! Le Hamas est suffisamment tordu et très intelligent pour laisser une telle manifestation, voire l'avoir organisée. parce que ça les arrange.
RépondreSupprimerCe soulèvement est une surprise pour tous. Pourtant ils ont bien des raisons de le faire. Quant au Hamas, on voit mal ce qu'il pourrait en tirer. Il veut obtenir une trêve. S'il ne tien pas la rue, il sera considéré comme affaibli de tous cotés. Ca n'est pas dans son intérêt.
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