Lettre 331 C’est la guerre
C’est parti!
Comme à Pearl Harbor ou en Normandie, cette attaque a surpris le monde entier. Comment cet État timbre-poste 80 fois plus petit, a pu s’attaquer à l’Iran. Ce vaste territoire situé à plus de 1.500 km.
Et sans l’appui actif des USA.
Israël en bleu 1/80ème en surface, 1/10ème en population
Arrêtons un instant le sablier.
Trump peut-il demeurer en dehors du conflit? Compter les missiles balistiques qui s’abattent sur Tel-Aviv et demeurer muet. Demeurer en dehors d’une guerre qu’il a annoncée faute d’accord après un délai de 60 jours, qu’il a lui-même fixé?
Et tous de poser la question d’une possible manipulation qui voudrait que Trump ait poussé Israël à agir à sa place pour mieux forcer l’Iran à accepter ses conditions.
En apparence, il soutient le contraire et Israël fait tout pour ne pas l’impliquer. « Nous n’avons besoin de personne ». Curieux, non!
Trump vient de déclarer que cette guerre doit cesser. Car dans l’immédiat, on ne se « cause » plus.
Mais si l’Iran persiste à refuser de revenir à la table des négociations la queue entre les jambes, laissera t il son chien d’attaque seul, face aux milliers de missiles dont les plus dangereux n’ont pas encore été utilisés.
La cibles: Les sites nucléaires iraniens.
Ils sont disséminés dans tous le pays.
Pour se procurer de l’uranium enrichi, l’Iran n’a pas construit une centrale nucléaire comme en Irak. Trop vulnérable. Elle a préféré le système des centrifugeuses. Ces machines qui permettent de séparer les atomes et qui tournent à haute vitesse. Des milliers couplés ensemble sont nécessaires et doivent tourner pendant des années. Elles sont enfouis profondément sous terre. Leur destruction nécessite des bombes perforantes que seuls les States possèdent. Elles pèsent 14 tonnes et seuls les avions B52 américains ont la capacité de les transporter.
Israël n’a d’autre possibilité que de bombarder couche à près couche pour tenter de perforer jusqu’au cœur du dispositif.
Dans l’immédiat, les dégâts sont conséquents mais insuffisants pour retarder significativement la fabrication de la bombe.
Après avoir enrichi l'uranium de façon gazeuse à 90%, les Iraniens ont commencé le processus de conversion à l'état solide permettant ainsi de l'intégrer dans une ogive nucléaire. Un processus de quelques mois seulement.
Le site d'Ispahan où devait s'opérer cette transformation a été détruit et provoque ainsi un goulet d'étranglement pour les quantités d'uraniums enrichis qui ont été élaborées pendant des années.
Cette destruction va bloquer cette conversion pour une longue période et c'est ici le succès considérable de cette opération.
Mais il y a un autre danger non moins négligeable.
Les stratèges s’interrogent sur le nombre de missiles que possède l’Iran et sa capacité au renouvellement des stocks, face aux munitions du système anti-missile israélien. Quel est le stock qui s’épuisera en premier?
Les sites nucléaires ne sont plus forcément la priorité. Israël s’attaque davantage au centres de lancement, de stockage et fabrication de missiles, ces missiles qui viennent de faire tant de dégâts contre les populations civiles.
Et la crainte réelle est de voir cette guerre déraper en une guerre d’usure où chacun chercherait à épuiser l’autre afin de vider ses stocks. Ce qui pourrait laisser Israël sans défense.
Voilà le danger.
La bonne nouvelle, c’est qu’Israël dispose de la maîtrise totale du ciel iranien dont les tours de contrôle ont été détruites à la première attaque. Les bombardements peuvent donc se dérouler sans entrave et de façon plus précise, donc plus efficace.
Et de vous poser la question: Pourquoi Israël n’utilise pas aussi des missiles balistiques contre l’Iran ou les Houties?
A cela plusieurs raisons.
Les missiles balistiques sont extrêmement onéreux. L’Iran va finir par les lancer avec parcimonie.
Une mission aérienne bien que coûteuse et dangereuse pour ses pilotes, permet des frappes chirurgicales, de cibler de multiples sites et évite une escalade sur le plan diplomatique international.
Comme nous l’avons constaté, les missiles balistiques causent des dégâts importants et collatéraux incontrôlables. Israël possède ce type de missiles comme Jéricho III de portée intercontinentale et à tête nucléaire. Ils sont réservés aux situations extrêmes. Nous ne sommes pas encore là.
L’armée de l’air de Tsahal présente donc un rapport coût-efficacité adapté à l’opération en cours.
Mais qui sait!?
Pour bien montrer sa détermination, Israël a frappé des sites stratégiques civils (Gaz, pétrole) malgré le risque d’intervention des Chinois qui en sont les principaux clients.
Une chose est certaine, Israël ne se laissera pas dicter sa conduite dans ce conflit vital pour sa sécurité.
Mais si la France et l’Angleterre se décident à renforcer leur présence militaire sur place, Trump ne pourra longtemps demeurer en réserve.
Israël ne peut et ne doit demeurer seul dans une guerre d’usure pour laquelle il n’est pas adaptée. Ou alors le conflit demeurera larvé et le travail ne sera pas achevé.
La balle est désormais dans le camp de Trump, vous savez celui qui veut instaurer la paix dans le monde sans tirer une balle, mais en laissant les autres se salir les mains à sa place.
Mais en parallèle, les otages sont oubliés. La mobilisation aux frontières se renforce et la guerre à Gaza ne faiblit pas.
Vous seriez surpris d’apprendre que le gouvernement ne désarme pas dans sa course à la réforme judiciaire et pour le limogeage de la conseillère juridique du gouvernement. Ni trêve, ni renoncement à ce qui divise le peuple. A n’y rien comprendre.
Le rabbin auquel un fidèle demandait s’il y avait une prière pour se protéger du Tsar, resta un moment silencieux. Puis après réflexion répondit en yiddish « Wayt, wayt von uns » (Loin, loin de nous).
L’Iran est loin mais si près de nous.

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