Lettre 340 Le choc des photos

Entrer en négociation, c’est facile. Mais il faut savoir conclure au moment opportun. Avant c’est trop tôt. Après c’est trop tard. Les portes se referment. C’est foutu!

Hamas a gagné la bataille médiatique avec des « Fake News » sur une famine provoquée par lui-même. La Palestine devient réalité chaque jour un peu plus. Sa récompense au 7/10. Surréaliste!

Il durcit donc désormais sa position. Il y a fort à parier que désormais il ne libèrera pas tous les otages. C’est son capital de survie. Netanyahu avait un accord total il y a un an qu’il a rompu après la première phase préférant une « victoire totale » qui ne vient pas.

Hamas vient de couper court. Les négociations sont "out".

Si les portent de l’enfer s’ouvrent sur les Palestiniens, elles se referment sur les malheureux otages.


Évitar David creusant sa tombe

Vous avez vu ces vidéos tournées par le Hamas. Les otages sont dans un état d’affaiblissement, d’amaigrissement comme dans les camps de concentration. Ils vivent une Shoah terrible.

S’il y a famine à Gaza, elle se trouve à coup sûr pour les otages.

Le message de Hamas est clair: « Vous affamez le peuple de Gaza; nous affamons les otages »

Dans l'une des vidéos un otage s'adresse à Netanyahu:

« Je voudrais m’adresser à Netanyahu. Je me sent abandonné. Tout ce qu’on m’a appris, sur les principes qui fondent la société israélienne sont simplement faux. »

Cette algarade lui a certainement valu un quignon de pain ou de pita.

Privation de lumière, de nourriture, de soins, d’espoir, d’humanité. Pourquoi diffuser ces images qui sont autant de doigts accusateurs pointés contre ces barbares.

Pourtant non. Macron a osé comparer ces pauvres otages innocents aux terroristes emprisonnés dans les geôles israéliennes.

Quelle dérision! Quelle désolation.

Rien ne nous sera épargné.

Hamas nous instille son venin au plus profond de nos entrailles. De notre mémoire historique collective. 

Comme une piqure de rappel. Plus jamais ça. Et pourtant. Si.

À quelles fins? La guerre psychologique.

Nous forcer à accepter ses conditions? Retrait de Tsahal et fin de conflit.

Ou provoquer une réaction de violence pour légitimer l’action du gouvernement lequel a décidé  l’occupation de Gaza.

Quel est exactement le plan du Hamas pour demeurer le maître du jeu? 

Pousser le peuple à exiger la libération des otages à tout prix. Mettre le gouvernement dos au mur. Car Netanyahu exige encore et toujours le désarmement du Hamas. Exigence bien étonnante envers une organisation terroriste qui est prête à sacrifier la population et ses combattants. Idéologie oblige.

L’autre option ne gêne pas davantage le Hamas. La conquête et l’occupation de la bande de Gaza plongera le Hamas dans la clandestinité mais sans disparaître. Il conservera un pouvoir de nuisance qui rendra difficile toute mise en place d’une gouvernance civile.

Par contre, Israël s’enlisera dans les sables de Gaza avec des conséquences dramatiques. Comme un boulet dont nous nous sommes débarrassés il y a 20 ans. Vingt ans, le temps de l'oubli.

Mais cette campagne militaire suppose désormais de pénétrer dans les secteurs où les otages sont retenus. Mettre leur vie en danger. Hamas les abattra si les bombardements les épargnent.

Dans l’immédiat, Tsahal à renvoyé une partie des réservistes dans leur foyer. Une pause est nécessaire. Le gouvernement ne peut que constater l’échec de l’opération « Chariots de Gédéon » puisqu’il est contraint de déverser l’aide humanitaire massivement laquelle est captée par le Hamas. Et sans obtenir la libération des otages.

La solution: Pénétrer avec force dans les secteurs où sont retenus les otages pour les libérer. Hamas abandonnera des otages assassinés. 

Le général Zamir, chef d’état major, se trouve devant un dilemme: Exécuter les ordres ou démissionner. Se soumettre ou se démettre. Sacrifier les otages qui sont devenus la pierre d’achoppement à la politique d’annexion. Sans eux combien cette guerre eut été plus expéditive. Mais Tsahal a expliqué aux soldats qu'ils se battent pour une juste cause: Libérer les otages par la pression militaire. Il n'a jamais été question de mettre leur vie en danger. Il y aurait alors risque de désertion.

D’un autre côté, les otages servent les intérêts de Netanyahu. Par le jeu de lentes négociations, d'atermoiements, de reports perpétuels depuis plus d’un an, cette guerre s’éternise et permet à cette coalition de se perpétuer. De coïncider avec son agenda. De faire progressivement admettre la politique d’annexion qui se profile.

Plus le peuple israélien souffre au vu de ces images, plus des voix se font entendre sur une vengeance nécessaire, légitime, impérative. Cette vengeance qui justifiait l’anéantissement de la bande de Gaza, et qui justifie désormais la confinement des Palestiniens et l’occupation. Tous coupables. Ils devraient donc tous disparaître.

On a reproché à Netanyahu de n’avoir aucun plan sur le jour d’après. Grave erreur. Le plan existait. Mais pas politiquement correct. Proche du crime de guerre, donc inavouable. Mais il prend forme peu à peu. Dans une logique implacable. Pour cela, il était indispensable que les négociations échouent. Pour légitimer ainsi un plan qui éradiquera le Hamas avec toute sa population. Si la Palestine existe un jour, ce sera sans Gaza. Et si la bande de Gaza est évacuée, le tour de la Judée Samarie viendra. Et ceux qui reconnaissent un Etat palestinien illusoire car inexistant, tentent simplement de bloquer ce plan.

Voici l’extrait d’un article du journal populaire Yediyot qui éclaire la question.

De sources bien informées, il y a deux semaines, Netanyahu aurait déclaré à Ben Gvir: "J'adopte ta position au sujet de l'émigration volontaire".

Un membre influent du gouvernement a ajouté: "Netanyahu avance dans cette voie à marche forcée afin d'éviter la démission de Ben Gvir."

Dans le cadre des contacts pris, un accord a été conclu avec cinq  pays qui acceptent d'accueillir des migrants de Gaza. Dès à présent, il est question de favoriser le départ de milliers de Gazaouis. Ils passeront par Israël, puis par la Jordanie. 

Selon une autre source, il s'agit principalement de l'Ethiopie, la Lybie, l'Indonésie et d'autres pays sont en lice. 

Fin de citation.

S'agirait il aussi de la France qui accorde le droit d'asile sans contrôle.

Voila donc le plan. Confiner la population dans un mouchoir de poche au sud de la bande de Gaza. Dans des conditions difficiles qui la pousseront à partir. Annexer et mettre en place des colonies.

Voila donc ces portes de l'enfer. La fameuse Riviera.

Netanyahu semble détaché des réalités. Il ne trouvera pas de soldats pour réaliser ce plan. 

70% des Israéliens déclarent ne pas être représentés par ce gouvernement, en ce 40% de ceux qui ont voté pour lui. Netanyahu gouverne contre la volonté du peuple.

Pour Israël, tous les voyants sont au rouge.

Même Trump s'est autorisé à affirmer que Netanyahu poursuivait cette guerre pour des raisons de politique personnel.

Jamais Israël ne s'est autant trouvé à la croisée des chemins. La douleur en plus.

Et ce mot qui est scandé par les manifestants depuis le premier jour:

"AH'CHAV" Maintenant!

Cette libération qui ne vient jamais assez tôt. Ni maintenant et peut être jamais.

Netanyahu va finir par accepter après des mois de palabre les conditions drastiques de Hamas. Que de douleurs auraient pu être épargnées.

Et attendez vous à savoir que tout n'est qu'une question d'agenda. De basse politique. La vengeance est mauvaise conseillère mais très bon serviteur à qui sait s'en servir. 

Un mot d’humour noir en ce jour du 9 Av qui consacre la destruction des deux temples de Jérusalem.

Pour chaque Gazaouis qui acceptera d’émigrer « volontairement », un Israélien quittera le pays. Il sera remplacé par un Juif fuyant les pogroms qui vont être déclenchés par les Frères musulmans en Europe et ailleurs.

Un enfer se prépare. Il est en marche. Comme en 1936. Mais il y a un pays refuge pour les Juifs. En guerre comme en 1948. À cette époque, aux Juifs sortis des camps de la mort, on a donné un fusil pour aller se battre pour l’indépendance du pays.

Curieux comme l’histoire se répète.


Commentaires

  1. Israel profondement divisé avec d'anciens militaires et agents speciaux reclamant l'arrêt de la Guerre. Mais Israel ne survivra qu'en continuant de combattre le Hamas qu'on ne pourra jamais eradiquer.
    Arrêter la guerre n'a aucun sens puisque de toute façon elle reprendra.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mais quelle stratégie? Le fondamentalisme ne disparaîtra pas si on ne supprime pas les causes de discorde. La guerre, oui, mais il faut en sortir. Le piège c’est précisément de la poursuivre sans fin. Car nos ennemis y sont prêts. Il y a 2 millions de terroristes prêts à servir le Hamas. Ils finiront par nous détruire.

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Lettre 330 L’Iran frappée au cœur

Lettre 342 Du théâtre à la politique

Lettre 335 Finir la guerre à Gaza