Lettre 341 Gaza 2005, retour vers le futur

Que s'est il donc passé en 2005? 

התנתקות (ITNATKOUT = séparation, déconnexion)

Pourquoi Israël a donc décidé de se retirer de la bande de Gaza.

Lorsque le mandat britannique pris fin en 1947, et que la guerre éclata entre le jeune Etat d'Israël et les armées arabes, la bande de Gaza fut conquise par l'Egypte. Les quelques Israéliens qui avaient fondé Kfar Darom au sud de la ville de Gaza l'ont quitté.


L'armée déloge les colons à Gaza

En 1967, en suite de la guerre dite des 6 jours, Israël conquit à son tour la bande de Gaza ainsi que le Sinaï et la Golan.

On estime la population d'alors à environ 400.000 âmes, en grande partie des réfugiés palestiniens qui ont fuit la guerre et pour qui le retour en Israël sera exclu.

Le général Ygal Alon présentera un plan de développement dans les territoires conquis. (Judée Samarie, Golan, Sinaï et Gaza) 

Dans la bande de Gaza, deux implantations civiles et militaires devaient assurer la séparation entre deux parties pour des raisons de sécurité.

La première implantation en 1973 se nomma Katif d'où plus tard la désignation du Goush Katif pour les différentes implantations crées à proximité.

De 1977 à 1980, les constructions se multiplièrent  sur trois zones séparées et distinctes, le Goush Katif au sud étant la plus importante.

En tout, 25 colonies furent ainsi construites avec une population totale de 8.600 habitants, essentiellement des Juifs religieux orthodoxes.



Les accords d'Oslo en 1993 prévoient la création de l'Autorité palestinienne laquelle sera en charge de l'administration des localités arabes dans la bande de Gaza, Tsahal assurant la sécurité des implantations juives.

Une clôture de sécurité fut établie à la frontière rendant difficile le passage de Palestiniens vers Israël. Lors de la première Intifada, les attaques terroristes se concentrèrent donc contre les localités juives de la bande de Gaza.

Lors de la seconde Intifada, (Septembre 2000) les attaques terroristes s'intensifieront de sorte que Tsahal devra combattre les organisations terroristes et prendra pied dans la partie administrée par l'Autorité palestinienne. 

La question de la présence israélienne à Gaza fera débat pour aboutir à une décision politique de retrait complet.

Voilà pourquoi.

Pendant les années d'occupation soit de 1967 à 2005, 282 Israéliens ont été assassinés, dont la moitié de 2000 à 2005 soit pendant la seconde Intifada.

Lors des élections de 2003, le parti travailliste influant militait pour un retrait total. Ariel Sharon premier ministre sortant a dénigré ce programme. Le Likoud a gagné les élections et Sharon a donc été reconduit dans ses fonctions.

Mais le temps était à la recherche active de solutions concernant la Palestine. Rapidement, face à la dégradation sécuritaire, Sharon a changé d'opinion et a mis en place un programme de retrait de la bande de Gaza.

Selon lui, la présence d'implantations juives à Gaza nécessitait un lourd contingent en proie à des attaques terroristes quotidiennes. Et à quoi bon 8.500 Juifs au milieu d'une population d'un million de réfugiés Palestiniens hostiles.

Le plan de retrait soutenu par les Américains devait permettre de renforcer la position d'Israël dans le cadre de plans de paix de sorte qu'il devenait inutile de maintenir des implantations en territoires qui ne seraient pas inclus dans les frontières d'Israël.

Ce plan de retrait concernait la bande de Gaza mais également quatre implantations en Samarie.

Les ouvrages à caractère religieux (Synagogues, cimetières...) devaient être transférés tels quel dans les nouvelles localités construites pour accueillir les familles évacuées. Les biens privées (Maisons, bâtiments agricoles ou ateliers) devaient être détruits contre indemnisations.

Par contre, pour les autres implantations en Judée Samarie, les Américains prenaient l'engagement de les valider.

En avril 2004, le président américain Georg Bush valida cet engagement lequel incluait le rejet du droit au retour invoqué par les Palestiniens.

La Knesset approuva ce plan le 26 octobre 2004 par une majorité de 67 contre 45 et 7 abstentions. Le Likoud vota de façon divisée. Netanyahu vota pour.

Les débats furent orageux. Comment en pratique expulser des Juifs de leur maison? 

La Knesset vota le 16 février 2005 une loi dite "Pinouï-Pitzouï" (Evacuation-Indemnisation) organisant l'évacuation des colonies juives avec transfert vers des implantations identiques de remplacement en Israël.

La Cour suprême fut saisie de recours et valida la loi le 9 juin 2005. 

Quels furent les arguments des pour et des contre?

Favorables au retrait:

* Les pourparlers de paix sont gelés. Il faut supprimer une cause de friction

* Meilleure sécurité

* Ne plus être responsable de la gestion de la population palestinienne

* Reconnaissance américaine des autres implantations juives en Palestine et négation du droit au retour.

Hostiles au retrait:

* Le retrait sera considéré comme acte de faiblesse et soumission au terrorisme et une victoire de la seconde Intifada. Une pompe aspirante pour la terreur.

* Entorse aux droits de l'homme par transfert forcé d'une terre conquise

* Insécurité pour les localités voisines de la bande de Gaza

* Retrait unilatéral sans accord avec l'Autorité palestinienne favorise le Hamas.

Les manifestations contre le retrait se renforcèrent au fur et à mesure de son exécution. Elles rassemblaient de 100.000 à 250.000 personnes accompagnées de violences verbales et physiques, blocages d'axes routiers, appels à l'insoumission passive.

Les sondages donnaient une image favorable au retrait pour 55 à 60 %.

Le 24 juin 2005, l'entrée du Goush Katif fut bloquée. Le 14 août 2005 entra en vigueur le retrait physique et l'interdiction légale de séjour. L'éviction forcée par l'armée commença le 17 août.

Ceux qui étaient partis volontairement, furent remplacés par des activistes venus de tout le pays pour s’opposer à l’expulsion essentiellement pour des raisons religieuses ou humanitaires. Il s’agissait d’une communauté spirituelle qui considérait qu’elle remplissait une mission messianique. Leurs enfants y étaient nés. Leur vie s’effondrait pour des raisons politiques contestées.

Les opérations d'expulsion se dérouleront principalement en août 2005 avec l'usage des forces de police et militaires. Pas moins de 20.000 soldats et 20.000 policiers furent nécessaires. Les images de cette expulsion forcée hantent encore les mémoires, soldats en larmes, familles en prière s'accrochant à leur meubles.

Rien n'y fit. L'opération fut menée de main de fer. Les maisons rasées, les cimetières transplantés en Israël.

Une partie importante de ces colons vont s'installer en Judée Samarie.

Il semble que le conflit actuel à Gaza est une forme de réponse à cette violence qui fut déployée contre les colons en 2005. Nombreux sont ceux qui estiment que ce retrait fut une erreur gravissime et qu'il n'a apporté ni sécurité, ni solution en raison de ce retrait unilatéral. Il a laissé place à un régime terroriste et permit l’accomplissement du 7/10.

A méditer.

Et comme les négociations sont en panne, le gouvernement vient de décider l'occupation de l'ensemble de la bande de Gaza en commençant par Gaza ville où vivent 800.000 personnes sous le contrôle actuel du Hamas. Une date limite a été fixée: La population de Gaza doit avoir quitté la ville le 7 octobre prochain. Comme un symbole. Et en attendant? Tsahal devrait préparer le terrain. 

On sait que les otages y sont retenus. 

La stratégie est toujours la même, forcer la population à migrer vers le sud. Somme toute une distance de 10 km. 

De nombreuses voix s'élèvent contre ce plan qui mettra en danger les otages. Le chef d'état major en personne avait donné sa préférence à un encerclement progressif moins dangereux. Il n'a pas été suivi.

Mais les frictions s'aggravent y compris dans le gouvernement.

Est-ce un nouveau bluff pour faire pression sur le Hamas? Ou la concrétisation du plan d'occupation? 

Les Américains, face à la fronde internationale se lancent dans une nouvelle tentative de négociation pour calmer les esprits. Donner de l'espoir aux familles qui n'en peuvent plus. Qui n'y croient plus. 

Il faudra des mois pour parachever le contrôle de toute la bande de Gaza, et des mois pour aboutir dans d'éventuelles négociations sachant le fossé qui sépare les exigences des uns et des autres.

Mais l'essentiel, c'est de bouger. Annoncer un nouveau plan. Donner à chacun des raisons de satisfaction. Mais après deux ans de combats, la sauce risque de ne pas prendre. Le doute s'installe. Les critiques deviennent plus acerbes. 

Du bon pain pour le Hamas.

Mais on parle très peu des conséquences de ce plan d'occupation. On se raccroche au drame du 7/10 pour le justifier. Impossible de laisser le Hamas gouverner à Gaza.

Tous l'affirment, mais personne ne sera prêt à en supporter les dégâts collatéraux sur la population. Elle sera le fil à la patte d'Israël pour en pas dire le boulet.

Hamas n'existe plus comme armée organisée. Il ne peut rien contre le bulldozer de Tsahal. Il est entré en clandestinité mais possède deux armes. Et il s'en servira.

Les otages qu'il fusillera sous nos yeux. La population qu'il sacrifiera. Le pire est à venir. Et ces horreurs nous seront attribuées. L'occupant a toujours tort. Et à la fin, de se demander "mais qu'allions nous faire dans cette galère".

Il y avait d'autres voies, d'autres solutions......... Perseverare diabolicum.

Gaza de 1967-2005. Aucune solution.

De 2005 à .......? 250.000 réservistes vont être mobilisés. Pour combien de temps?

Et dire que le théâtre d'opérations se limite à un territoire de 40 km par 15. Mais avec deux millions de personnes dans les pattes!

Savez vous quelle est la pire punition à administrer à cette population qui a participé au 7/10? La laisser croupir sous le régime terroriste du Hamas.

Et c'est précisément le contraire que veut faire Bibi: Les libérer de l'emprise du Hamas.

Mais certainement contre leur gré. Et contre le gré de sa population.

Comprenne qui pourra. Vingt ans, le temps de l'oubli. Celui qui oublie est amené à revivre ses erreurs passées. 

Gaza morne plaine.


Commentaires

  1. SEULE UNE REVOLUTION JNE VRAIE A LA 1789 AVEC DU SANG ET DES LARMES POUR UN RENOUVEAU COMPLET SAUVERA PEUT ETRE ISRAEL D UNE DISPARITION ANNONCEE COMME PATRIE DU PEUPLE JUIF ADHERANT AUX PRINCIPES UNIVERSELS; BEN GOURION REVEILLE TOI ILS SONT DEVENUS FOUS.

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  2. Merci de ta réaction qui me séduit.
    J aimerai échanger avec toi car à priori, tu ne figure pas dans ma liste de diffusion

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