Lettre 349 Blitz au Qatar et attaque massive à Gaza
Voici la théorie de la double action aussi appelée de la plume et du pilon:
Action militaire et négociation simultanée. Ne renoncer ni à l’un, ni à l’autre.
Deux évènements sont à analyser conjointement dans leurs effets:
* L’élimination de la branche politique du Hamas à Doha (Capitale du Qatar)
* La bataille décisive de la ville de Gaza
En Israël toutes les sources autorisées ont un avis différent sur les résultats et conséquences de l’élimination ciblée du sommet de la pyramide des décisionnaires de la politique et de la stratégie du Hamas.
Personne ne remet en doute la nécessité de les éliminer. Ils sont la tête pensante de la tragédie du 7/10 et comme tels, ils sont en sursis.
Le timing est discuté. Pourquoi maintenant, alors que nous sommes dans une phase ultime de négociation. Le plan d’attaque était prêt depuis des mois, et les services concernés attendaient un ordre qui ne venait pas. Le niveau politique posait la question: « Mais avec qui pourrons nous alors négocier? »
La réunion de la cellule dirigeante du Hamas était certes une opportunité. Mais il y en eut, et il y en aura encore souvent. Le Hamas se sentait jusque là en sécurité au Qatar. Israël vient de brûler une cartouche à un moment sensible, laissant supposer que ce choix vient le conforter dans sa position.
Est-ce le cas? Visiblement non.
L’idée serait que les dirigeants politiques du Hamas confortablement installés dans les hôtels luxueux du Qatar incarneraient la branche dure des négociations, alors que la branche armée sous le feu de Tsahal serait mieux disposée.
Ainsi leur élimination ciblée permettrait une négociation avantageuse. Mais désormais avec qui?
Les commentateurs les mieux informés diffusent une autre vision. Cette élimination va geler toute négociation et éloigner d’autant la solution. Il faudra du temps pour réorganiser la hiérarchie et il y a fort à parier que comme précédemment, les remplaçants s’aligneront sur la ligne la plus dure. Elimination-Réaction.
Trump ne décolère pas sur ce choix. Il reproche à Netanyahu d’avoir déclenché l’opération sans attendre la réponse du Hamas sur sa dernière proposition. « Pas très intelligent »
Est-ce une posture?
Israël a t il franchi une ligne rouge à ses yeux?
La plus grande base militaire américaine hors sol s’y trouve. Le Qatar est un allié stratégique important des USA et Trump ne pouvait demeurer silencieux face à cette violation inédite de la souveraineté d’un État, fût-il corrompu, ou impliqué dans le terrorisme.
Réal politique oblige.
Il a aussitôt tranché: « C’est la dernière fois. Il n’y aura pas d’autre attaque ».
Chacun comprendra que cette opération ne pouvait se produire sans l’accord de Trump. Mais ce qui émerge est différent. Trump prétend qu’il n’a été avisé que lorsque l’opération était en cours et qu’il a demandé à Witkoff de prévenir le Qatar. Il aurait ainsi privilégié son allié qatari à son allié israélien. Le Qatar l’admet, mais soutient que l’information est arrivée trop tard. Vrai ou faux, chacun semble vouloir ouvrir le parapluie.
Une autre version prétend que le Hamas a été informé et que la réunion a été dissoute, ce qui expliquerait l’échec de l’opération.
Plus vraisemblablement le choix d’une attaque ciblée avec des explosifs insuffisants au lieu de souffler tout le bâtiment. Les occupants auraient ainsi survécu.
Qui dit la vérité? Israël ne se prononce pas. Netanyahu s’est fendu d’une interpellation envers le Qatar. Après coup, donc trop tard. « Si nous n’expulsez pas les responsables du Hamas, nous nous en chargerons ». Une façon d’avouer l’échec de l’opération ?
Le Qatar a pris le contrepied: « Netanyahu sème le chaos et nous envisageons une réaction en concertation avec nos alliés. Israël pays qui utilise la terreur ».
La condamnation internationale est unanime. Bien que la plupart des pays arabes ont peu d'accointance avec ce suppôt des Frères musulmans.
Autre question non moins brûlante.
Dans quelle stratégie cette attaque se situe et en cas de succès, quel était but était poursuivi?
Israël a coupé la branche sur laquelle reposait le sort des négociations. N’est-ce pas une façon définitive d’y mettre un terme en ne laissant sur la table que l’option militaire. Ceci dans la droite ligne de l’abandon déjà acté de la priorité concernant la libération des otages.
Certains com me tâteurs n’hésitent pas à franchir le cap: « Cette opération n’avait qu’un seul but, torpiller les négociations pour se tourner vers la ville de Gaza. »
L’autre alternative serait qu’en décapitant la branche politique du Hamas, l’éradication de cette organisation pourrait être considérée comme réalisée à moitié, le reste étant en cours par la maîtrise de la ville de Gaza.
Cette décision fait suite à une journée noire où dix israéliens ont perdu la vie. (Quatre soldats à Gaza et 6 civils au cours d’un attentat à Jérusalem)
La goutte d’eau qui fait déborder le vase? Ou la paille qui a rompu le dos du chameau? (Expression israélienne équivalente)
Netanyahu a expliqué qu’en raison de ces évènements tragiques, il a donné l’ordre d’éliminer le Hamas de Doha. Une forme de réplique instinctive. Sans réunion du cabinet de sécurité. Faire usage des capacités exceptionnelles de l’aviation, capable d’agir à 2.300 km. Une démonstration de force pour bluffer à nouveau ses détracteurs.
Le premier ministre du Qatar a accusé Israël de traîtrise, « dans l’intérêt narcissique d’une seule personne ». Devinez qui?
A t on pris en compte les répercussions internationales? Il semble bien que Netanyahu n’en a cure, tant que Trump continue à soutenir son action.
Mais l’attaque contre le Hamas dans un pays tiers et considéré comme neutre, pose question sur le plan du droit international. Le Qatar ne pouvait s’abstenir de dénoncer cet action hostile violant sa souveraineté.
En s'insurgeant, il sait qu’il vient de jeter un pavé dans la mare et dont les vagues vont amener à une condamnation générale contre Israël. Surtout si l’opération a échoué. Alors que tous devraient se réjouir de l’élimination de chefs terroristes, on découvre que désormais, même dans ce scénario, Israël est condamné sur la base d’un droit international dont les terroristes s’exonèrent. La prise d’otages serait un moyen légitime de combat!
C’est ainsi.
Autre conséquence: Israël vient d’ouvrir un front ennemi complémentaire. Était ce bien nécessaire?
Les hauts responsables du Qatar ont été invités par Trump lequel veut resserrer les liens comme pour les assurer son soutien. Voilà qui éloigne encore Israël de son allié dans une affaire qui plombe l’atmosphère.
On ne sait jusqu’où ira la fâcherie, mais dans l’immédiat, toutes les relations sont coupées, en ce compris les lignes aériennes quotidiennes de cette destination prisée par les touristes israéliens.
Et tous les pays du Golfe se rétractent.
Trump est pour la première fois dans une position inconfortable. Comme un caillou dans son jardin secret. Un de plus. Un de trop?
Il semble bien que Netanyahu a pris la bonne décision au mauvais moment, pour une satisfaction immédiate, bien vite transformée en échec cuisant. Erreur de tempo ou calcul audacieux pour torpiller définitivement des négociations qui entravent la bonne marche de l’action militaire.
On sait que c’est précisément la pression des familles d’otages démultipliée par l’opinion publique qui est l’une des causes principales du piétinement dans l’éradication du Hamas. Cette fois c’est clair, le Hamas coupera les ponts et accusera Israël de la faillite des négociations.
Mais à jouer en solo, à vouloir encore et encore ignorer la fronde qui s’ourdit contre lui, Netanyahu ne va t il pas gagner sur le terrain, mais finir seul contre tous, contre son propre peuple qui voit toutes les portes se refermer.
Ce qui a été durement acquis en 75 ans, est remis en cause en quelques mois. Tout ça pour un mouchoir de poche nommé Gaza.
Où en est-on avec le pilon?
Les troupes mobilisées encerclent la ville de Gaza et Tsahal en occuperait déjà 40%. Il va falloir entrer dans le dur: Affronter les terroristes et leurs tunnels.
Mais cette phase ne peut se produire avant que la population estimée à 800.000 âmes accepte de migrer vers le Sud pour gagner la zone humanitaire organisée par Israël à grand renfort de tentes éphémères.
Partir certes, mais deux obstacles majeurs:
- Hamas bloque les sorties et appelle la population à résister
- Il faut de l’argent pour se réinstaller
Pour ces raisons, cette population qui a déjà été déplacée à plusieurs reprises n’est pas pressée d’obéir aux invitations du porte-parole de l’armée qui envoie des messages par prospectus, SMS et haut-parleurs.
Une première démonstration de force a eu lieu ces derniers jours par le bombardement ciblés d’immeubles de grande hauteur utilisés par le Hamas. En pleine zone peuplée! Aucune ruée.
On estime à 200.000 les Gazaouis qui auraient quitté la ville en un mois, mais pas de migration massive. Quelle sera la prochaine action ?
Isolement de la zone déclarée zone de guerre avec suppression de toute fourniture ou passage d’aide humanitaire?
Déjà le Hamas active ses relais au niveau de la propagande pour obtenir le soutien international. Une arme qui pourrait bien impacter l’action.
Comment articuler l’élimination de la branche politique et la possible prise de Gaza-city? Quelles conséquences sur le sort des otages.
Ces deux actions combinées pourraient avoir des effets cumulés ou contraires. Netanyahu, l’homme lige du suzerain Trump entame de plus en plus le crédit qui lui était accordé. Le Qatar, ce pays ombre et lumière, accueille la plus grande base militaire américaine du Moyen-Orient. Trump vient de siffler la fin de la récréation: première et dernière attaque.
Dans les médias ont ne parle pas d’élimination mais d’assassinat. Tuer un assassin ennemi serait aussi un assassinat.
Le monde nous regarde avec incompréhension. Comment à la fois se battre pour libérer les otages et refuser la possibilité de les libérer par la négociation. Et au surplus, éliminer les négociateurs? Une façon de se tirer une balle dans le pied. De brouiller les cartes.
C’est l’image déplorable que cette guerre diffuse dans le monde jusqu’à se demander quels sont les enjeux réels. Le 22 septembre sera le pic de cette guerre nébuleuse lorsque l’ONU se prononcera sur la reconnaissance officielle de la Palestine. Même s’il n’est pas prévu de vote officiel, c’est un tournant dans la solution à deux États que le monde veut promouvoir.
La France sous l’impulsion du président Macron a déjà retiré toutes les conditions et réserves de cette reconnaissance. Ce sera la première fois qu’un Etat fantoche et terroriste sera reconnu comme punition contre un voisin qui sombre dans l’opinion publique.
Certains pensent que pour enterrer définitivement cette illusion, il faut faire vivre le concept, lui donner forme, consacrer sa naissance, pour s’apercevoir au final que ce pays n’existe pas. Et l’enterrer définitivement. Pas par nous, mais par les Occidentaux.
Soyons clair. Avant le 22 septembre, il n’y aura pas d’accord sur les otages et les conditions de vie des Palestiniens vont encore s’aggraver.
Toutes les conditions seront réunies pour que Trump soit isolé dans un concert de nations qui s’opposent par ailleurs à sa politique de taxes commerciales.
On voit mal comment il pourra encore refuser les visas d’entrée pour l’autorité palestinienne.
N’oublions pas que les accords d’Abraham prévoyaient à terme une telle reconnaissance. L’annexion en réplique envisagée par le gouvernement sera la pierre tombale de notre image internationale.
Que le véto soit ou non utilisé, Israël sera regardé comme colonisateur donc boycotté de façon universelle.
Déjà en Israël on recense et comptabilise les effets désastreux. Nous aurons à cet égard à nous recentrer sur une question qui nous tenaille: Israël a t il le droit de mettre les Juifs de la diaspora en danger?
Israël peut il mener une politique qui déclenche l’antisémitisme. Qui force les Juifs à partir?
Le 22 septembre pourrait déclencher un tsunami de réactions contre la diaspora. Contre tout ce qui incarne Israël. Un Américain soutenant Israël a été abattu!! La aussi un cap vient d’être franchi.
En résumé, Netanyahu a torpillé une négociation proposée par Trump et choisit de raser Gaza.
En toute chose, il faut considérer la fin.
A croire que l'antisémitisme qui en résulte renforce à terme la position d'Israël.Mais l'antisémitisme a toujours existé en dehors même de ce conflit et justifie l'existence même de cet Etat.On ne nous fera pas croire en plus que Netanyahu puisse agir sans l'approbation des Etats Unis mais il faut bien donner le change...Quant à en considérer la fin....comme en toutes choses ...on ne peut pas imaginer en l'état qu'il puisse y avoir véritablement un terme.
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