Lettre 373 Groenland bis

Garçon la suite! Chaud devant.

Alors que tous les yeux étaient tournés vers l’Iran, Trump jette le bouchon loin, très loin. Ailleurs.

Trump au sommet de Davos

Ou plutôt une grenade à effet de blast. On secoue le Groenland comme un prunier; on voit ce qui tombe. Le reste on le brûle à coup de surtaxes. Trump semble s’inspirer du film « Les tontons flingueurs ». ( Je disperse,  j’explose, je ventile…… Bernard Blier)

Et on en parle, on commente, on réagit. Le fou Trump a encore frappé. Il veut son joujou sinon gare gare. 

En 48 heures il a mis à terre les deux plus importantes institutions internationales: L’Otan et l’ONU. Explosées en vol.

Revoyons le programme.

Dans un premier temps, comme tout bon marchand de biens, il expose son projet d’acquisition du Groenland. Quel prix? 

En 1867 les USA n’ont ils pas fait l’acquisition de l’Alaska aux Russes pour quelques millions de dollars. 

Comme le propriétaire n’est pas vendeur, il passe au-dessus de sa tête et fait une offre directe aux locataires, sensée être alléchante: Entre 10.000 et 100.000 dollars par habitant. Il n’y en a que 55.000 et il suppose que la moitié vont accepter.

Mais le propriétaire envoie des troupes et campe sur ses positions: Le Groenland n’est pas à vendre.

Trump envoie alors une belle lettre au premier ministre norvégien en ces termes: «  Étant donné que votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir empêché plus de huit guerres, je ne me sens plus tenu de penser uniquement à la paix, bien qu’elle reste toujours ma priorité. Je peux désormais réfléchir à ce qui est bon et juste pour les États-Unis d’Amérique. Le monde ne sera pas en sécurité tant que nous n’aurons pas un contrôle total et complet sur le Groenland. »

Fermez le ban!

Surréaliste. Ce n’est donc plus une question de prix mais de stabilité internationale vitale. Et pour le bien de l’Europe. Mais surtout pour avoir la maîtrise des voies maritimes par le pôle Nord que Chinois et Russes convoitent. Et que le Danemark ne saura protéger.

Le lendemain, retour à Gaza pour annoncer la création du Conseil de la Paix lequel doit traiter de la reconstruction de Gaza.

Puis, petite pirouette. Cette nouvelle institution voit sa compétence élargie et généralisée à tout conflit de la planète. Une proposition de quitter l’ONU dont Trump ne supporte plus son orientation. Israël adhère aussitôt.

Macron se sent des ailes gaulliennes et refuse catégoriquement ce nouveau « Machin ». Mais en refusant de participer à cette institution créée sur mesure par et pour Trump, un bras de fer s’engage. L’Europe comme à son habitude est divisée. La Hongrie accepte. D’autres pays, l’Allemagne et l’Angleterre temporisent.

Macron se retrouve seul au front. Trump annonce aussitôt 200% de taxes sur les vins, champagnes et produits de luxe. Ça va grincer des dents chez les pinardiers! Et demain toutes les cartes Visa seront bloquées.

Quo Vadis? 

Un traité de défense a été signé en 1951 entre le Danemark et les USA autorisant ces derniers à installer et développer des bases militaires au Groenland. Il existe une base militaire "Pittufik" à Thulé avec quelques centaines de Boys. Demain, Trump peut y envoyer la troupe sans que quiconque ne puisse lui en faire le reproche. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il y aura plus de soldats américains que d’habitants dans ce désert de glace.

Et si cet accord est dénoncé, ce sera considéré comme une déclaration de guerre.

Alors regardez bien. L’Europe marche sur la tête. La quasi totalités des pays ont fait l’acquisition d’avions de chasse F35 américains. Seules la Serbie, la Grèce et la Croatie ont acheté des Rafale français, tout aussi performants et moins chers.

La dépendance envers les USA est totale. Et ces avions sont codés. Ils peuvent demeurer cloués au sol si Trump le décide.

On ne se refait pas!

L’idée n’est pas tant de faire aboutir ce Conseil de la Paix, que de déstabiliser l’ONU et de s’asseoir sur les éventuelles décisions concernant le Groenland. Et surtout d’isoler la Chine qui aurait néanmoins été invitée. Mais qui refusera certainement, ou qui ne répondra pas.

Le monde selon Trump c’est le retour à la guerre froide, au colonialisme, à l’impérialisme. L’Europe était dans un statut de vassal volontaire. Elle va devenir vassal contraint. Esclave.

La messe est dite. Et la France de Macron paiera les pots cassés. Il eut été si facile et combien plus vertueux de provoquer une résolution européenne collective à l’offre de Trump. Macron a voulu se distinguer et les Français semblent le soutenir. Une fois n'est pas coutume! La détestation de Trump les rend aveugle. Mais comment faire sans lui. Contre lui dans ce nouvel ordre ou désordre mondial.

Les Américains ont déjà un pied au Groenland. Il sera impossible de les expulser. Trump sait que l’Europe est faible et soumise. Il sait que le prix à payer va baisser chaque jour pour lui. Et augmenter pour nous.

Les rodomontades de Macron feront long feu. Seule une prise de position ferme et collective pourrait le faire reculer. Sinon, autant éviter de se fâcher avec le seul allié de poids.

Et de reposer la question de la légitimité de 55.000 habitants à prétendre posséder un territoire aussi vaste, inexploité, et aussi important sur le plan stratégique.

Et de rappeler que le Groenland n’est pas en Europe mais une annexe glacée de l’Amérique.

Nous vivons un cauchemar tout éveillés. Un certain général français ne nous a t il pas alertés sur la nécessité de préparer nos enfants à la guerre. 

La morale de cette histoire, c'est que Trump veut le Groenland pour assurer notre sécurité. Pour notre bien. Il invente donc un danger potentiel, une guerre éventuelle, au moins sur le plan économique avec la Chine. Et entend ainsi agrandir le territoire de son pays. MAGA.

Il semble bien qu'il imite en cela les propos de notre Macron national qui voudrait rouvrir les casernes et remilitariser la France en inventant une menace extérieure.

On pensait qu'elle venait de Poutine. Le danger viendrait-il d'ailleurs?

Demain il sera question de la force internationale de désarmement du Hamas. Après demain, l’Iran. A chaque jour suffit sa peine. Trump a plusieurs fers au feu. L'important n'est il pas d'occuper la scène. 

Mais regardez bien.

Donald le rouge veut incarner l’homme providentiel qui entrera dans l’histoire comme le grand faiseur de paix. Il le clame haut et fort: Le Moyen-Orient n’est il pas en bonne voie? 

Choquez, choquez, il en restera toujours quelque chose.

 

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