Lettre 387 La stratégie du chaos
Ils se nomment les Pasdarans. (Gardiens de la Révolution)
Ils sont environ 200.000 et sont implantés dans tout le pays. Armés, entraînés, payés pour tuer, et sous serment de fidélité au guide suprême.
Car les gardiens de la révolution n’obéissent qu’à lui. C’est la milice créée en son temps par l’ayatollah Khomeini pour assurer la stabilité du régime.
A qui cela vous fait-il penser dans les années 30?
Vois connaissez la réponse.
Ils sont épaulés par les Bassidjis, une milice populaire estimée à 2 millions de volontaires qui assurent la surveillance de la population et le renseignement.
Rien ne leur échappe. Ils ont tous les droits.
Il ne faut pas les confondre avec l’armée qui compte 400.000 soldats sous les ordres du président de la république islamiste.
Les gardiens de la révolution sont en charge des missiles balistiques et des drones et possèdent leur propre marine. Ce sont eux qui bloquent le détroit d’Ormuz. Ils décident seuls de la stratégie telle que définie avec le guide suprême. Actuellement, ce dernier serait hors d'état de diriger.
Il y aurait donc environ trois millions d’hommes en armes et, en comptant ceux qui y sont apparentés ou qui vivent du régime, il y aurait 20% de la population soit 15 millions de personnes soutenant le régime et prêts à en découdre.
Ces chiffres sont à prendre en compte pour comprendre la suite logique de la guerre.
Il y a 3.200 navires commerciaux bloqués par la fermeture du détroit d’Ormuz. Les raffineries des pays du Golfe sont menacées, bombardées, incendiés. Même le Qatar n’est pas épargné par l’Iran. Amen!
Pourtant, ces pays osent à peine dénoncer le régime iranien. Ils "menacent" d'entrer en guerre. Pourtant ils y sont jusqu'au cou.
Et tous de s’interroger. Où cette guerre nous mène t elle? Et de repenser au fut du canon. Combien de temps met il à refroidir?
Car trois semaines sur quatre sont écoulées. Et il serait question de quatre semaines complémentaires. Tout en nous affirmant que tout se déroule selon les plans, et même plus vite que prévu.
Il y a un truc qui ne colle pas. Si ça va plus vite, ça ne peut être plus long.
Les passagers ont pris place dans l’avion. Le commandant annonce alors qu’un incident imprévu retarde le décollage d’une demi heure. Les passagers s’assoupissent. La demi heure passée, le commandant annonce que la panne est plus sérieuse et nécessite encore une heure de stationnement. Les passagers s’impatientent mais se font une raison. Après deux bonnes heures, le commandant prépare enfin le décollage. Son second lui reproche d’avoir menti: « Mais enfin, tu savais que la réparation nécessiterait deux heures! » Et le commandant de rétorquer: « Si j’avais dit la vérité, j’aurais du faire face à une fronde ».
C’est grosso modo de cette façon que Trump nous infantilise. « L’Iran est parterre, ils n’ont plus d’armes ». Mon œil!!! Cette guerre est partie pour durer.
Le régime iranien dirigé par les gardiens de la révolution a choisi la stratégie du chaos. Et elle tarde à faire effet. Nous sommes au début d'une escalade qui ressemble à un suicide collectif entrainant l'économie mondiale vers une catastrophe annoncée.
L'Iran met le paquet sur les traitres à l'Islam qui pactisent avec la Satan américain. C'est du coup pour coup. Certains ont osé parler de loi du talion.
Ici, ils nous aspergent de missiles au goutte à goutte. Vous savez cette méthode d’arrosage inventée par l’ingénieur israélien Simcha Blass dans les années 50 et développée par l’entreprise Netafim du Kibboutz Hatzerim situé dans le Néguev.
Cette guerre permanente au compte goutte 24/7 met Israël aux abris avec un ralentissement économique et un stress permanent. Difficile d’ouvrir les écoles. De se rendre au travail.
Nous avions annoncé dans nos précédentes lettres la baisse des objectifs et l’augmentation nécessaire de forces militaires. Nous y sommes. La chute du régime n’était pas l’objectif initial. C’était la cerise sur le gâteau. En voyant le peuple iranien dans la rue, l’opportunité d’une prise populaire du pouvoir était née.
Mais personne n’était prêt pour la soutenir. Ni Trump, ni Netanyahu. Cette guerre était prévue pour le mois de juin. Elle a été anticipée parce que le Mossad avait détecté une concentration de tous les hauts responsables iraniens lors d’une réunion stratégique. Leur élimination devait déstabiliser le régime. En vain et trop tard. Car la population ne pouvait plus se soulever en raison de la répression qui avait sévi.
Mais comprenez bien. Il y a une différence entre manifestation fut elle massive et soulèvement armé.
Car ce régime totalitaire est tout de même soutenu par 20% de la population. Et qui en vivent bien. Et ils sont armés. En face, il y a certes une population qui souhaite se débarrasser du régime. Mais combien sont prêts à se battre, et avec quelles armes, quels dirigeants militaires?
D’un côté 15 millions de forces populaires organisées et en face une population désarmée qui a déjà connu les foudres du pouvoir. Elle ne viendra plus. Le gouvernement a décrété que tout manifestant est un traître à la nation. Les gardiens de la révolution ont un permis de tuer. Ils l'ont fait. Ils le referont.
L’affaire est pliée.
Missiles et uranium passent au second plan.
Le détroit d’Ormuz est l’arme que Trump doit désamorcer. Mais pas seulement. Les pays du Golfe attaqués par l’Iran, voilà le vrai dilemme. Ils ont joué un double jeu qui leur retombe sur le museau. Ils accueillent des bases militaires américaines sensées les défendre, et d’une autre main, caressent les Iraniens dans le sens du poil. Un voisin qui les inquiète au point de ne pas répliquer malgré la pluie de missiles.
Le cas du Qatar laisse pantois. Le plus grand réservoir gazier au monde est partagé 70% pour le Qatar et 30 pour l’Iran. Israël a bombardé côté iranien, l’Iran a bombardé côté qatarie.
Les dégâts sont considérables. Et ça va pas s'arranger. Pourquoi?
Parce que dans cette spirale de destruction, c'est celui qui s'arrête le dernier qui gagne. Et celui qui hisse le drapeau blanc qui perd.
L’économie mondiale va en souffrir. Et tous d’appeler au cessez le feu. Trump fait promettre à Israël de ne plus frapper les sources d’énergie. Mais l'Iran va frapper la où ça fait mal. Encore et encore.
La guerre vient de se résumer à cet objectif. Éviter une crise énergétique mondiale. Et les pays du Golfe qui refusaient de choisir leur camp ont commis une erreur: Ils sont dans le camp américains qu'ils le veuillent ou non. C'est du moins ainsi que l'Iran les classe.
Ouvrir le détroit d’Ormuz est une opération compliquée. L’Iran dispose encore d’un arsenal suffisant pour couler des bateaux, en ce compris des mini sous-marins suicide pilotés.
Trump a besoin d’un mois:
* Pour frapper encore et encore et détruire les armements iraniens.
* Pour acheminer des troupes terrestres.
Sa stratégie consiste à encercler l’île de Kharg pour bloquer le terminal. Et pourquoi pas en prendre possession.
Ainsi l’Iran sera privé de recettes sauf à cesser le blocus du détroit d’Ormuz.
Donnant-donnant.
Et ainsi permettre une désescalade dans la destruction des sites énergétiques.
L’affaire pourrait ainsi se solder par une fin de conflit, en supposant que l’Iran affaibli ne présente plus de danger.
Un autre scénario se dessine car l’Iran des Pasdarans semble jouer la carte du chaos général et pourrait choisir de maintenir le blocage et détruire les installations pétrolières de ses voisins. Et même tirer plus loin. Sur l'île anglaise Diego Garcia à 4.000 km!
Européens, préparer les abris.
Et plus on élimine des dirigeants iraniens, plus les gardiens de la révolution vont durcir leur position. Ce sont des idéologues. Pas des diplomates. Leur vision du monde les pousse aux extrêmes.
Nous ne vivions décidément pas sur la même planète.
A cet instant apparait un scénario tardif: L'entrée en guerre des pays du Golfe. Ce qui pourrait engendrer ipso facto l'intervention de la France et des pays européens lesquels timidement annonçaient intervenir "après la fin de la guerre" (Sic) pour débloquer le détroit.
Dans cette hypothèse, le pari de Trump serait gagnant. N'a t il pas planifié depuis le début de l'opération un blocage possible du détroit provoquant une coalition forcée des pays alliés. Une alliance par intérêt. Mais une alliance salutaire qui lui donnera les mains libres et une légitimité internationale.
L'autre scénario est moins glorieux.
La marge de manœuvre de Trump est totale, mais sur le court terme. Israël au contraire a besoin de temps pour détruire les installations du Hezbollah et permettre à l’armée libanaise d’agir enfin.
Cette guerre s’arrêtera au jour J fixé par Trump. Après la fin des hostilités, nous demeurerons seuls face aux Iraniens et leurs proxies. Le monde nous accuse déjà d’avoir entraîné Trump dans un conflit inutile. Les excès des colons en Cisjordanie nous vaudront des sanctions lorsque Trump ne sera plus au pouvoir.
L’Iran reprendra l’enrichissement de l’uranium à vitesse accélérée. L’euphorie de la coopération américaine risque de faire place à un isolement dramatique.
Car l’Iran nous tire le tapis sous les pieds. En bombardant les pays du Golfe, il les place dans un dilemme dont l’issue est certaine: Pas d’accord de paix avec Israël. Toute la construction de Trump serait parterre. Et retour à la case départ. Mais avec une Amérique retournée et anti sioniste.
Car nous y avons perdu beaucoup de soutiens.
La faute à qui?
Notre premier ministre n’a t il pas déclaré que nous n’étions plus une puissance régionale mais mondiale.
La grenouille aurait-elle gonflé au point de se prendre pour un bœuf?
Gare à la chute.
Mais comme toujours, au pays des merveilles, le scénario du pire se renverse à la 90ème minute, comme dans les westerns hollywoodiens.
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