Lettre 389 La guerre économique menace le monde

 Cette guerre est totalement atypique.

Car l’ennemi n’est pas le peuple iranien, mais le régime islamique et ses thuriféraires. Ceci implique d’épargner la population mais aussi les installations civiles qui permettront au peuple de reconstruire le pays la paix revenue.

Pessah’ (Pâques ou passage). En une nuit le destin des Hébreux a changé. Ils sont passés du statut d’esclave à celui d’homme libre. Et lors de la célébration nocturne de la sortie d’Egypte, le cadet de la famille pose la question rituelle: Qu’y a t il eu de changé en cette nuit? 

Oui, qu’y a t il de changé depuis ce matin clair du 28 février lorsque la coalition israélo-américaine a attaqué l’Iran et éliminé ses dirigeants.

Plusieurs acquis qui vont changer la face du Moyen-Orient.

* La lutte contre un régime totalitaire fondamentaliste est possible, nécessaire, impérieuse. La guerre contre l’empire du mal a commencé. Elle doit aboutir. Quelle qu’en soit la durée.

* Les armées des deux pays ont agit avec détermination, coordination et succès. Cette réussite a noué des liens profonds qui vont perdurer malgré les réticences politiques.

* Le mantra selon lequel l’Iran veut détruire Israël n’est plus une accusation fallacieuse. Le monde entier constate qu’Israël se bat pour sa survie dans une guerre légitime. Cette réalité va s’imposer. 

* Les pays du Golfe persique sont contraints d’abandonner leur neutralité de façade. Ils sont devenus les alliés collatéraux d’Israël. 

* Trump s’impose comme président MAGA et n’hésite pas à employer les grands moyens. Un homme politique doit savoir prendre des décisions contre l’opinion du peuple quand le destin de la nation l’exige. Le shérif est de retour.

* La résilience du peuple israélien est exceptionnelle. Il est prêt à supporter une situation bien compliquée et demande que cette campagne se poursuive jusqu’à la victoire complète. Sa discipline face à l’excellence du système de défense permet de réduire les pertes

Un seul point négatif: L’autre puissance mondiale qui observe attentivement le déroulement du conflit constate que les USA sont seuls, bien seuls dans le concert des nations qui tremblent. La passivité de ces nations va encourager la Chine à mettre en œuvre son projet d’invasion. « Taïwan Yok » (En turque: Taïwan n’existe pas.)

Les premières plaies d’Egypte sont tombées sur l’Iran. Il en faudra d’autres pour sortir de l’état d’esclave (D’otage) qui résulte de blocage du détroit d’Ormuz. Une sorte de traversée à pieds secs de ce passage bordé de nuées de feu.

Voyons ce qu’il y a sur le plateau du Seder. (Aliments qui symbolisent cette nuit où l’ange de la mort est passé sur les maisons d’Egypte provoquant la mort des premiers nés dont celui de pharaon, en préservant les maisons des Hébreux)



Et s’il était coulé par les Houties!

La stratégie de Trump est simplissime. 

Premier stade: Éliminations ciblées destinées à affaiblir le régime, le déstabiliser. Si possible le faire tomber. On n’est pas passé très loin. Mais la hiérarchie de la dictature a tenu.

Deuxième stade: Destruction des moyens d’attaque et de sa production. Après 4 semaines, la cadence des tirs ne faiblit pas.

Troisième stade: Privation des ressources financières. Il faut envahir ou exercer un blocus de l’île de Kharg. Trump a besoin de 15 jours pour acheminer ses troupes. Il lance donc une pseudo négociation sachant que les Iraniens ne refusent jamais de s’asseoir à table. Les conditions fixées de part et d’autre ressemblent à une reddition sans conditions. Donc l’échec assuré.

Par contre, ses deux porte avions sont actuellement en Méditerranée, et pour arriver à destination, doivent passer le canal de Suez puis par le détroit de Bab al Mandab contrôlé par les Houties. Bonne chance.

Quatrième stade: Le Vietnam. La guerre longue. Il n’en veut pas, mais il y va. A moins que le stade 3 porte ses fruits et que l’Iran se soumette. Ou que le régime tombe par pourrissement de l’intérieur ou par un putsch militaire. On peut rêver.

En face, la stratégie est totalement différente.

Stade 1: Tirs balistiques. C’est une première dans un monde qui craint la guerre à distance. Plusieurs milliers de Km. L’Iran disposerait d’une nouvelle génération de missiles autrement efficaces. Personne n’est plus à l’abri.

Tirs sur Israël puis sur les bases militaires américaines installées dans les pays du Golfe. C’est une atteinte à leur souveraineté mais pas une déclaration de guerre. 

Stade 2: Tirs sur les pays de l’OTAN. (Turquie, Chypre)  Coup de semonce pour semer le trouble, inciter ces pays à se démarquer de Trump. Réussite totale. Personne ne viendra à l’aide.

Stade 3: Tirs sur les installations de gaz dans les pays du Golfe. C’est une déclaration de guerre de facto. Elle place Trump en défaut puisqu’il se trouve dans l’incapacité d’assurer la sécurité de ces pays alliés. 

C’est le début de la guerre économique. Elle tétanise les pays du Golfe qui n’osent bouger une oreille. Succès complet.

Stade 4 : Mobilisation des Proxies, Hezbollah et Houties. Multiplication des fronts.

Stade 5: Blocage du détroit d’Ormuz. L’arme fatale. Menace sur l’économie mondiale en préservant les intérêts des Chinois. L’axe Russie- Chine- Iran est préservé. On y ajoute l’Inde dont la puissance démographique ne peut être ignorée.

Stade 6: Destruction de toutes les structures civiles primordiales, surtout sur les pays du Golfe. L'embrasement régional.

Stade 7: Mobilisation d’un million de soldats pour affronter un débarquement. Attention, sans maîtrise de l’air, cette armée mal équipée est exposée au tir aux pigeons.

Et c’est à cet instant que la guerre bascule.

L’escalade est arrivée à son terme entre les belligérants mais implique des pays qui freinaient des quatre fers contre cette guerre. En touchant à l’économie du pétrole, l’Iran joue un coup de poker délicat. Un quitte ou double qui va pousser Trump à entrer dans le stade 4. La guerre totale. L’invasion. Ce qu’il espérait éviter mais qui lui est désormais demandé par son allié principal, l’Arabie Saoudite. Il ne peut décemment arriver le mois prochain en Chine en baissant pavillon. Il doit faire preuve de détermination, non de faiblesse.

Tous ont compris que le détroit d’Ormuz les prend en otage. L’Iran va rançonner chaque cargo. Sera maître du jeu. Il n’est désormais question que de «l’après-guerre ». Personne ne veut avoir à composer avec les Ayatollahs si les USA sortent du jeu.

Voyons quelle est la stratégie des pays arabes du golfe persique.

Stade 1: Cette guerre n’est pas la leur. Ils craignent un impact sur leur économie. Mais espèrent que leur neutralité les protège.

Stade 2 : Les tirs s’intensifient et ils en sont les principales victimes. Après un moment d’hésitation, ils finissent pas menacer d’intervenir.

Stade 3: Ils envisagent de mettre en place une coalition internationale pour sécuriser la circulation maritime. Ils rejoignent en cela la position européenne: Attendre la fin de la guerre pour intervenir en protection de leurs intérêts.

Donc ils ne veulent en aucun cas se trouver à combattre aux côtés d’Israël. Une alliance que le monde arabe ne comprendrait pas.

Pourtant les attaques répétées de l’Iran contre les installations économiques de ces pays pourraient changer la donne.

Et l’OTAN dans tout ça. 

Trump en dit pis que pendre. L’Europe ne se trouve aucun ennemi. Elle est prête à voir son économie sombrer. En accuser Trump et Israël. Mais veut demeurer sur la touche. Même position de la France pour le Liban. Macron lance la fabrication d’un porte avions nommé « France Libre » pour ne pas avoir à s’en servir. La liberté la fleur au fusil. De la dissuasion bien ridicule à coup de milliards. C’est sa marque de fabrique.

Et qu’en est il de l’uranium? Il n’en est plus question. Ce pourrait être la surprise d’une attaque ciblée. Il est question de détruire le site pour bloquer les entrées et l’enterrer.

La seule victoire rapide possible concerne le rétablissement de la libre circulation.

Trump va donc concentrer ses efforts sur la réouverture du détroit d’Ormuz. Dans la foulée il s’en prendra au pétrole iranien. C’est lui qui mettra un droit de passage aux pays qui n’auront pas participé. Il refinancera ainsi le coût de la guerre. 

Mais attention. Il va prendre son temps. Masser d'autres troupes. Attendre que  la crise économique frappe durement soit pour contraindre l’Europe à s’allier, soit pour paraître en sauveur de l’humanité.

La supériorité dans le ciel ne doit pas faire oublier que le combat au sol équilibre les forces. Équilibre aussi les pertes. Les Iraniens attendent cet instant depuis des décennies et s’y sont préparés.

Et s’ils sont mis en échec, ils n’hésiteront pas à détruire toutes les installations pétrolières des pays du Golfe.

Bonjour les dégâts.

A bon entendeur, salut!

Mais tout cela n’est que pure spéculation. Pour arriver au détroit d’Ormuz, il faut affronter les Houties au large de la mer Rouge (Détroit de bab al mandab)  puis les gardiens de la révolution sur les îles du détroit. Imaginez le Gérald Ford coulé par un missile ou une petite vedette rapide explosive.

Et si ce second détroit est bloqué à la circulation maritime, c’est toute l’économie mondiale qui s’arrête.

À cet instant vous imaginez que Trump pourrait bien négocier cette réouverture contre une fin de conflit. Tous pourraient crier victoire. Rien ne serait réglé. Mais le monde reprendrait sa respiration.

Quand l’idiot jette un pavé dans la mare, même dix sages n’arriveront pas à l’en ressortir.

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