Lettre 390 Le NON de Macron à Trump
La réponse du berger à la bergère.
Macron a engagé un bras de fer avec l’homme le plus puissant du monde. Et il pense en être sorti grandi en se présentant comme le fer de lance d’une Europe indépendante, non alignée.
Alors regardez bien.
Les commentateurs sont pour une fois à l’unisson d’une petite musique qui voudrait mettre Trump face à ses responsabilités. Il aurait engagé une guerre illégitime pour s’être abstenu de solliciter le blanc sein de l’ONU.
Mais pire que ça. Trump se serait abstenu de se concerter avec ses alliés européens. Il aurait humilié l’OTAN.
Mais chacun sait qu’il suffit d’un véto pour que l’ONU bloque toute action. Et chacun sait que les Européens auraient freiné des quatre fers pour éviter ce conflit.
If you have to shoot, shoot, don’t talk.
L’effet de surprise suppose de tenir l’affaire au secret.
Et toujours sur l’air du berger à la bergère, Macron a refusé le survol du territoire de la mère patrie aux avions américains transportant des armes offensives.
A l’instar de Serge Gainsbourg qui avait brûlé un billet de 500 francs jusqu’à la moitié pour exprimer les abus du fisc français, brûlez votre carte d’identité française pour protester contre cette honteuse prise de position.
Honte à la France macronienne!
En rendant l’acheminement plus difficile, la France se place ainsi en allié masqué de l’Iran. Pas moins que ça!
Car le trajet le plus court des USA vers Israël passe par la France. Sinon, il faut passer par le détroit de Gibraltar (L’Espagne refuse également) ce qui suppose des heures de vols supplémentaires à l’aller et au retour.
La France pouvait fermer pudiquement les yeux. Macron a préféré refuser. Se placer en opposition. Pour mettre en musique ses propos assez surprenant: « Cette guerre n’est pas la nôtre ».
Certes.
De la à choisir le camp ennemi. A entraver. Macron a franchi un ligne rouge du point de vue de Trump.
Macron a fait davantage.
L’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz sachant que cette mesure ne gênerait ni les USA, ni Israël. Le but était de porter atteinte principalement aux Émirats du Golfe et de mettre l’économie mondiale en péril.
Une nouvelle forme de terrorisme: Le terrorisme économique.
Trump a appelé à l’aide considérant que ce piratage maritime appelait une réaction internationale coalisée.
Nouvelle réponse du berger à la bergère, Macron a répondu non. Un NON qui la encore s’interprète comme un alignement sur l’Iran. Un NON qui est oublieux de trois choses:
* Les USA sont l’allié exclusif de l’Europe face aux menaces ciblées par Macron lui-même.
* L’OTAN n’existe qu’avec les USA. C’est la seule armée européenne. Sans les USA nous sommes tous nus.
* L’Iran est l’ennemi public numéro un.
Ce NON aura des conséquences regrettables.
Car voici bien le cœur du problème: L’Iran est il oui on non l’ennemi. L’Europe agit en enfouissant la tête sous le sable. Pas vu, pas pris. « Téhéran Yok! »
La contre réponse du berger à la bergère n’a pas manqué d’exploser à la figure de Macron. Trump annonce une déclaration officielle au peuple américain. Tous interprètent ses propos précédents comme l’annonce d’une fin de guerre.
Dans nos lettres qui précèdent, il a été clairement exprimé que Trump ne lâcherait jamais l’affaire. Parce qu'il abandonnerait ses alliés arabes qui iraient chercher un appui ailleurs. Vers la Chine, le Pakistan ou l'Inde.
Et badaboum! Trump annonce deux choses:
* Il suffira de deux petites semaines pour parachever le travail. On connait la chanson.
* La fermeture du détroit d’Ormuz ne concerne que ceux qui en sont gênés. A eux de s’organiser pour assurer la sécurité maritime. Trump n’enverra pas de troupe au sol.
Fermer le ban!
Alors regardez bien. Et n’écoutez plus les commentateurs qui parlent sans savoir. Trump serait devenu fou. Trump est imprévisible. Etc…..
En vérité, Trump est déçu.
La chute du régime n’a pas eu lieu. Il espérait finir en quelques petites semaines. Mais ce n’est qu’une question de temps. Il promet le retour à l’âge de pierre. Comprenez que jusque là, il a protégé le peuple iranien. C’est une erreur. Pour faire tomber le régime, la destruction des structures civiles est nécessaire. Le peuple n’affrontera les Gardiens de la Révolution que s’il est acculé à la misère. Et l’armée se retournera contre le pouvoir si les soldes ne sont pas payées.
Il est déçu par les pays du Golfe qui tardent à entrer en conflit ouvert contre l'Iran.
Il est déçu par ceux qu’il considère comme ses alliés naturels, la France notamment et l’OTAN, et qui lui ont tourné le dos.
Cette fois c’est OTAN YOK!
Il en sortira et pour l’Ukraine, ce sera fin de l’histoire.
Alors à quoi bon cette armada qu’il ameute vers le Moyen Orient? Une évidence: pourquoi maintenir des forces aux quatre coins du monde alors qu’elles sont nécessaires ici et maintenant.
Dans 15 jours, il y aura assez de militaires pour attaquer l’île de Kharg. S’emparer du pétrole iranien. C’est le nerf de la guerre.
Dans 15 jours, la crise économique sera à son paroxysme. Des manifestations vont éclater et les gilets jaunes vont s’agiter. Macron suppliera Trump d’agir et mettra sa marine à disposition.
Il a déjà changé d'attitude. Il voudrait aboutir par la voie diplomatique. A qui veut il parler? Aux gardiens de la révolution? Payer 2 millions de dollars par navire?
Le détroit d’Ormuz est le passage obligé pour accéder à l’île de Kharg. Trump devra lancer une offensive terrestre sur les îles voisines, à moins qu'il ne lance une opération aéroportée et laisse les Européens se dépatouiller avec l’Iran.
Demeurent trois inconnues:
* Combien de temps le régime iranien pourra survivre aux bombardements massifs. Trump et Israël veulent mettre double rations.
* Combien de temps Trump pourra encore prolonger cette guerre contre la volonté de son peuple.
* Combien de temps Israël pourra supporter des bombardements qui oblitèrent son économie, la résilience du peuple, la mobilisation massive de réservistes épuisés.
Le temps. L’Iran dit « Vous avez les montres, nous avons le temps ». Pas si sûr. Car Trump brouille les montres et après cinq semaines, il semble bien prendre le temps.
Pourtant après 60 jours, soit le 30 avril, Trump devra se présenter devant le Sénat américain pour obtenir l’autorisation de poursuivre cette opération. A défaut, il disposera encore de 30 jours pour organiser le retrait des forces dans de bonnes conditions. (War Power Résolution de 1973 encadrant les pouvoirs militaires du président américain)
Et vous serez surpris. Il l’obtiendra. Pourquoi? Parce qu’à ce jour, il y a très peu de victimes militaires. Qu'il aura mis l'Iran à genoux. Et que l’honneur de l’Amérique est en jeu.
YOK mérite une explication.
En 1565 la flotte ottomane de Souleimane le Magnifique sous le commandement de Mustafa Pacha, faisait le siège de l’île de Malte. Depuis cette île, les Chevaliers de Malte attaquaient les navires ottomans. Mais il opposèrent une telle résistance sous la direction de Jean de La Valette que l’amiral ottoman du renoncer et se retirer. Alors qu’on lui demandait comment s’était passé la bataille, on lui attribue le dicton devenu légendaire « Malta Yok!» (Malte beurk, Malte n’existe pas). Ce qu’on ne peut vaincre n’existe pas.
Et pour finir parlons du berger et de sa bergère.
- Origine : Issue des pastorales du XVIIe siècle (notamment Honorat de Bueil, marquis de Racan), elle évoque les échanges amoureux et querelleurs entre bergers et bergères, où le berger avait souvent le dernier mot.
- Signification classique : Clore une discussion de manière définitive, sans possibilité de réplique.
- Sens moderne : Rendre la pareille, répliquer avec la même intensité ou ironie (du tac au tac).
- Churchill :
- Une députée : « Si vous étiez mon mari, je mettrais du poison dans votre thé ». Churchill : « Madame, si j'étais votre époux, je le boirais ».
- Voltaire :
- Un aristocrate : « Monsieur de Voltaire, votre nom n'est pas noble ». Voltaire : « Peut-être, monsieur. Mais je commence mon nom et vous finissez le vôtre ! ».
Il est vraisemblable que l’aristocrate n’est pas compris le sens de cette réplique illustre et qu’il soit demeuré sans voix.
Explication:
- Voltaire est l’auteur de son propre nom dont il construit la valeur.
- Tandis que le noble ne fait que porter un nom reçu sans mérite personnel et qui va donc s’éteindre.
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