Lettre 392 Trump, le vilain petit canard boiteux

La guerre ne se déroule pas dans le vide. Elle s’appuie sur les nécessités vitales d’une nation. Sur une unité nationale. Sur un objectif impérieux.
C’est précisément ce qui fait défaut à Donald Trump.
L’histoire retiendra de cette guerre qu’elle fut déclarée pour anéantir un programme nucléaire potentiel. Une menace bien lointaine et totalement incomprise par le peuple américain.
A la base, une promesse répétée par tous les présidents américains: « L’Iran ne détiendra jamais l’arme atomique ».
Cette promesse a été faite à l’Etat hébreu. Et indirectement aux pays du Golfe. Mais aussi comme une menace envers l’Iran. Menace mise à exécution faute de pouvoir trouver un terrain d’entente à la veille du parachèvement du programme nucléaire. Et surtout après l’expédition punitive réussi contre Maduro. Trump était sur un nuage.
Cette guerre s’inscrit également dans le cadre plus large des accords d’Abraham dont l’Iran est la pierre d’achoppement.
Tous ces paramètres paraissent légitimes mais très éloignés du programme pour lequel Trump a été élu. Très éloignés des attentes et des préoccupations du peuple américain.
Et plus le conflit se prolongeait, plus il était difficile à Trump de justifier son action, raison pour laquelle il fixait la fin du conflit à de courtes périodes successivement reportées. 
Il faut être réaliste: Israël et les USA n’ont pas la même vision, pas les mêmes objectifs. Il a suffit d’une menace sur l’économie mondiale pour renverser la vapeur.
Et nous sommes passés à deux doigts d’une catastrophe. Si le pilote américain avait été capturé, Trump aurait été cloué au pilori. La mise en scène humiliante d’un symbole militaire, yeux bandés, à genoux, avec un sabre sur la nuque aurait suffit à provoquer une débandade générale.

Trump a utilisé la fin glorieuse de l’opération de sauvetage du second pilote pour se sortir de l’ornière en acceptant un cessez le feu. Avec une seule contrepartie à venir: la réouverture du détroit d’Ormuz.
Le reste sera négocié. Quand, comment, avec qui? Mystère et boule de gomme!
Alors regardez bien.
Trump avait le choix entre une guerre totale impliquant une invasion terrestre pour dégager le détroit et accaparer les ressources pétrolières, ou adopter la voie diplomatique.
Il a choisi la seconde option qui raisonne comme une victoire iranienne puisque le régime survit. Ce régime va encore se durcir, se radicaliser, briser toute résistance.
Et comment négocier alors que l’adversaire est persuadé que Trump ne rompra pas le cessez le feu. Et qu’il ne reprendra pas cette guerre. Trump peut menacer. Le chien aboie ……
A ce stade, vous vous interrogez sur les avancées de ce conflit qui finit en queue de poisson. Nada.
Uranium, missiles balistiques, proxies, tout est encore en place. 
Par contre en tenant tête à la puissante armée américaine, l’Iran accède au rang de puissance régionale incontournable. Elle tient le monde en otage grâce au détroit dont elle dispose de la clé. Sans avoir besoin de tirer un coup de feu.
Une autre conclusion s’impose: Personne ne veut plus faire la guerre. L’occident ne supporte plus la vue du sang versé. Tout doit se résoudre par voie diplomatique. La compromission est préférée au courage militaire, au patriotisme, au don de soi.
Un seul impératif: protéger l’économie, la croissance. Bref, le portefeuille.
Ça n’est plus Munich, c’est la Bérézina. Car les menaces de Trump raisonnent désormais comme des aboiements face à une caravane qui passe.
Alors comprenez bien.
Pendant 40 ans, le régime des Ayatollahs a construit un maillage répartissant ses forces militaires sur un pays sept fois comme la France et une population captive de 90 millions. Et il n’est soumis à aucune loi de la guerre, aucune distinction entre civils et militaires. Il n’hésite pas à utiliser le piratage maritime. A tirer sur des pays hors conflit. A tirer sur sa population. Sa force, c’est sa mortalité (moralité) idéologique qui fait de nous des sociétés sataniques donc à éliminer. Et la fin justifie les moyens.
Une seule conclusion: On ne gomme pas un tel vaste pays en un mois de bombardements. On ne supprime pas en un mois ce qui a été construit en 40 ans. Une telle guerre nécessitait une détermination collective, une cohésion internationale. Autant de conditions impossible à remplir. La position neutre des pays du Golfe en est la démonstration. La frilosité des pays européens et leur soutien collatéral à l’Iran a suffit à tirer une balle dans le dos de Trump.
Pourquoi?
Parce que les Frères musulmans ont tissé leur toile en Europe pendant 40 ans. La ramification est installée. Les relais sont en place. Financés par la R »publique. La politique s’aligne sur cette réalité. Un Mélanchon ne peut exister que par elle. La crainte du terrorisme ou de la flambée des quartier suffit à faire plier un gouvernement quel qu’il soit. Bref, au Moyen-Orient comme en Europe, il y a une acceptation de la présence radicale. Une soumission qui ira en grandissant. Et gare aux lanceurs d’alerte. Ils seront bannis sur l’autel d’une réal politique qui nous mène dans le mur.
Le Wokisme est comme le glaçon dans un verre de whisky. Il finit par fondre, disparaître et se mélanger à l’alcool. On ne combat pas l’idéologie religieuse extrémiste avec des principes de tolérance extrême. Ces deux extrémismes sont compatibles, l’un absorbant l’autre. Devinez lequel!
Quarante ans. Une génération et le tour est joué. La victoire annoncée par le ventre est une réalité. Elle nous rend vulnérables. Vaincus par acceptation.
Vaincus par nos propres lois. Nos propres largesses. Le poids de la solidarité est tel qu’il engloutit notre économie déjà largement en faillite. Cette guerre économique par l’endettement forcé envers ceux qui travaillent à notre perte finira le travail. Le Qatar est dans nos murs. Il pourra bientôt racheter la France.
Et Israël dans ce panorama?
On sait depuis le début de cette guerre que chaque matin Trump peut déclarer qu’il a atteint ses buts et se retirer. Sans nous consulter. Ce cessez le feu nous a été imposé.
Demeure l’éternelle question: Pourquoi nous empêche t on de finir le travail? Pour des raisons humanitaires? Pour des raisons morales? Autant de raisons que l’adversaire n’honore pas.
Netanyahu a déclaré que nous n’avions jamais été aussi forts et l’Iran aussi diminuée. Aurions nous gagné trois ans? Cinq ans? Dix ans?
La menace n’est donc pas effacée. Elle n’est que repoussée.
Et c’est déjà beaucoup.
C’est le coup de pouce de Trump. Merci l’ami. Sois en remercié. Chez toi, au lieu d’en être encensé, tu devra affronter les morveux. Ils te planteront une flèche dans le dos. Comme remerciement de la hausse du galon.
La société de consommation n’a plus d’âme. Elle n’a que des fins de mois difficiles. Des crédits revolving. Des vacances low cost dans les pays du quart monde.
Après la réouverture du détroit d’Ormuz, elle présentera la facture électorale à Trump. Et l’accusation de colonisation et d’apartheid à Israël.
Vous avez dit victoire!
Une débandade collective. Quand on a des amis comme les Européens, on n’a pas besoin d’ennemis.




























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