Lettre 394 L’illusion d’une paix sans guerre

La voie diplomatique doit être privilégiée.

Dixit mister Macron. Et tous ses affidés. Et ils sont légion.

Alors regardez bien ce qu’a fait Trump en quelques mois. Il a louvoyé entre guerre et paix. Entre menaces et discussions. Entre oukases et main tendue. Entre chef de guerre et diplomate grossier et sans vernis.

Et où en sommes nous?

Au point mort.

Ormuz. Le robinet de toutes les convoitises

En Israël, cette stratégie du « j’y vais, j’y vais pas » laisse pantois. Trump a lié les mains de Netanyahu lequel est forcé de tempérer Tsahal. On amasse des troupes aux frontières avec l’arme au pied.

Et tous de s’interroger sur la possibilité de voir cette trêve diplomatique se rompre. Mais pour quoi faire?

Il y a au Liban, à Gaza, en Iran des populations dites innocentes, captives, résignées. Et toute atteinte contre des objectifs civils se traduit en crime de guerre sinon contre l’humanité.

La guerre certes, mais sans casser des œufs. L’adversaire qui a bien compris la définition s’empresse de ne pas la respecter, et place ses installations militaires au cœur des populations, sous les écoles, les hôpitaux, les mosquées.

Notre moralité, notre humanité, sont sa force. Utilisation du bouclier humain contre armada. Otages, contre force aérienne. Avez vous entendu une critique? Certes, mais ils ne font qu’appliquer leurs règles. Celle du terrorisme. Alors à quoi bon!

Israël a tenté de s’exonérer de cette contrainte en ravageant la bande de Gaza. Mal lui en a pris. De chaque installation militaire détruite, le monde n’a eu d’yeux que pour l’hôpital situé au-dessus.

Tach’less!! (תכלס = Bilan)

En Israël on considère que l’armée a fait un travail extraordinaire, que les succès militaires placent Tsahal parmi les meilleures armées au monde, épaulé par un service de renseignements hors paire. Et quel travail exemplaire accompli en symbiose avec l’allié américain. 

Las!! 

L’ennemi a survécu. Sa survie est une victoire. Elle lui permet de tenir la dragée haute à l’homme le plus puissant au monde. Même pas peur. Et lui, il fait dans son froc!! Élection, opposition, milliards dépensés, prix du gallon à la pompe. Lequel des deux baissera pavillon le premier. 

Est-ce vraiment une énigme? 

Même si la moitié du peuple iranien devait être trucidé, les Mollahs ne reculeraient pas. Tous des martyrs sacrifiés sur l’autel d’une cause sacrée. Comme au bon vieux temps des Templiers.

À cet endroit, vous venez de comprendre la chute de la blague. Diplomatie Yok! Nous l’avons dit mille fois. Pas de discussion avec un régime idéologique. A t on pu parlementer avec À. H. ? Avec Iro Hito? 

Avec DAESH?

Les accords passés avec l’Iran n’ont en rien entamé l’idéologie de la destruction d’Israël. Bien au contraire. Et bien pire. Elle est désormais partagée par un monde occidental qui exècre Israël. Régime extrémiste colonialiste qui devient la cause de tous les ennuis économiques. Jusqu’à se poser la question de savoir si au final, l’ONU n’a pas commis une erreur historique en votant sa création en 1947. Ce petit poucet insignifiant qui mobilise le monde à son corps défendant.

Israël, un diamant dont la lueur aveuglante force à regarder ailleurs. Vers les ténèbres de l’obscurantisme. Pauvre monde qui ne voit pas le poison qu’il absorbe à petites gorgées, petites doses qui finiront par le neutraliser. La djellaba comme costume de la mode de demain.

Et ils y viendront. Monsieur Villepin en tête. Après tout, un habit en vaut bien un autre. La Djellaba ne fait pas le Mollah.

Et le détroit d’Ormuz dans tout ça?

Dans une lettre précédente, nous annoncions que la bataille venait de commencer. Trump a reculé. Il voudrait sortir de l’impasse par un accord gagnant-gagnant. Les Iraniens le savent et le font lanterner. 

L’homme est imprévisible dit-on. Israël et l’Arabie Saoudite le poussent à prendre le taureau par les cornes. Trump s’est enfin décidé à agir en débloquant le détroit pour libérer les navires otages. Prendre le contrôle serait un avantage déterminant. Étrangler un peu plus le régime piloté désormais par les Gardiens de la révolution. 

Le pari est de taille. Les drones suicide guettent leur cible. Cette opération « Liberté » a l’allure d’une action caritative. En réalité, elle va permettre une reprise du conflit tant il est évident que l’Iran attaquera les destroyers américains. 

Un navire US en flammes provoquerait un déferlement de tirs américains et israéliens. Et on voit mal comment sécuriser le détroit sans prendre le contrôle des îles qui le bordent. Et pourquoi pas l’île de Kharg et son pétrole.

Mais il y a un prix humain à payer. Trump a voulu l’éviter jusque là. Et semble encore tempérer. Pourtant, il lui faut plus que jamais sortir de l’impasse. Sortir de cette drôle de guerre qui mobilise une armada, dont l’effet dissuasif a perdu de sa primeur. 

Les adversaires se tancent. Se font face des idéologues forcenés jusqu’au-boutistes et un président isolé de sa base qui a mis en branle une armada pour contraindre à une négociation improbable. Surtout pour ne pas avoir à s’en servir.

Trump a le choix entre plier bagages ou engager une guerre totale. Se replier laisserait l’Iran maître du jeu avec des conséquences économiques tragiques.

Entrer en guerre globale ne peut se faire sans coalition internationale. On oublie. 

La poursuite du blocus serait une voie médiane en attendant que le monde comprenne les enjeux et se mobilise pour rétablir l’ordre international.

Car ce blocus poursuit un objectif double: Affaiblir l’Iran et forcer les pays impactés à s’investir dans le conflit.

Qu’ils soient du Moyen-Orient ou d’ailleurs. Plus que jamais le moment est historique. Le Moyen-Orient joue ici son avenir. Se débarrasser d’un trouble fête ou lui laisser les mains libres.

Mais le conflit iranien va rebattre les cartes sur le plan mondial. Trump a appelé ses alliés à la rescousse afin de renforcer la légitimité de sa campagne militaire. L’Angleterre, l’Allemagne et le Japon ont répondu « Ce n’est pas notre guerre ». Lourde erreur! 

Et pour preuve le marasme économique qui se profile. Pourtant ces pays sont précisément ceux qui bénéficient du parapluie de défense américain. Les accords de défense ne fonctionneraient donc que dans un sens. Deuxième erreur!

Face à cette lâcheté, Trump a décidé d’un blocus qui met le monde en difficulté sans trop impacter les USA. 

Il a aussi décidé de réduire les effectifs militaires présents en Allemagne de 5.000 soldats. C’est un premier pas sur un effectif de 45.000 hommes.

Le message est clair. « Tu  veux ou tu veux pas? » Mais que serait l’Europe sans la présence américaine? Un tigre de papier a-t-il répondu. L’Allemagne peine à recruter. La France n’a pas d’armée, pas de structures, pas de budget. Avant 10 ans, l’Europe sera nue face aux appétits de Poutine.

Voici donc un équilibre stratégique mis en place après deux guerres mondiales dévastatrices qui tremble sur ses fondations, motif pris que Trump est un allié imprévisible.

Trump a lui seul incarnerait-il la grande Amérique? 

Revisitons l’histoire.

La France était liée à la Pologne par un pacte de défense qui l’obligeait à déclarer la guerre à l’Allemagne lorsque celle-ci a envahi la Pologne le 1re septembre 1939. Ce qu’elle fit le 3 septembre. Alors que la Pologne se battait avec des chevaux contre des Panzer, l’armée française a envahi l'Allemagne le 7 septembre. C’est un fait. Les soldats français ont pénétré en Sarre (par Forbach et Sarreguemines) sur 10 km jusqu’à la ligne Siegfried sans rencontrer de résistance. Puis, l’état-major a estimé qu’il avait rempli ses obligations et a retiré ses troupes le 17 septembre 1939. Pour se retrancher derrière la ligne Maginot.

C’est alors que commença ce qu’on a nommé la "drôle de guerre" jusqu’en juin 1940. Hitler avait eu le temps de s’organiser et un petit mois a suffit pour voir les Allemands pavoiser sur les Champs Élysées.

Bel exemple français de bravoure. Nous en sommes la avec l’Iran. L’Europe se perd en réunionites. Et n’a ni pétrole ni idées. La Marseillaise est en berne.

Trump présentera la facture.  Comme un boomerang. Munich n’est après tout pas si loin de nous. Et D.ieu sait si nous avons dégusté.

Mais avouons tout de même pour dédouaner nos dirigeants, que le choix entre mettre la tête dans le sable ou les mains dans le cambouis, dépend de la volonté du peuple. 

Ce peuple nourri au biberon de la société de consommation et de la paix sociale. Comment lui faire comprendre que dans un monde globalisé, les robinets qui le nourrissent sont entre les mains de régimes hostiles qui voudraient le renvoyer à l’âge de pierre. 

A ce Moyen-âge de l’Inquisition et de l’Islam conquérant où il est si facile de faire fleurir les idéologies que nous avons abandonnées.

Trump a proposé un deal en nous demandant de l’embrasser sur la joue. Israël l’a fait à pleine bouche. L’Europe lui a fait la nique. Comme un baiser de Juda. 

Au jeu des chaises musicales, l’Europe est en voie de perdre sa place. On tourne. On entend encore la petite musique. Mais Trump va l’arrêter. Et l’Europe va tomber. 

Et aucun président après lui ne remettra le couvert. Mais après tout, mieux vaut être seul que mal accompagné. (Dixit Macron)

L’Europe conduit sa politique avec les feux de croisement. Il est grand temps qu’elle allume ses feux de route.


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