Lettre 395 GAZA pour les Nuls
En Iran, rien de nouveau. Trump est englué dans une négociation humiliante.
Au Liban, la trêve est violée chaque jour un peu plus et Israël piétine.
Et à Gaza? Silence assourdissant. No News. C'est le moment de s'intéresser à cette Riviera improbable promise par Trump. L'enclave d'où cette guerre a débuté par un massacre dont le souvenir s'estompe chaque jour un peu plus.
Ici aussi, le temps semble s'être arrété. La trêve annnoncée par Trump le 8 octobre 2025, la veille de l'ultime bataille de Gaza-ville tient toujours. Hamas s'y était embastillé dans une population de 200.000 habitants. Un bain de sang fut évité. Hamas fut ainsi épargné.
Et chacun de conserver sa position. A Tsahal la moitié orientale. Au Hamas la bordure méditéranéenne avec sa population. Environ 2,5 millions de Palestiniens. Et le tout séparé par une ligne jaune virtuelle.
Chacun chez soi et le bon dieu pour tous. Enfin presque.
Tsahal a construit des positions militaires éphémères devenues temporaires et bientot définitives. Car à bien y regarder, Tsahal se trouve la pour y rester. Au final, cette langue de quelques kilomètres de largeur est un gage de sécurité pour les localités durement touchées le 7/10.
Et ce modèle d'une zone frontière prise sur l'ennemi pourrait bien se reproduire au Sud Liban.
Mais attention. Si la partie israélienne de Gaza a été nettoyée et les tunnels détruits, Hamas ne demeure pas inactif.
Il profite de l'attention braquée sur le front iranien pour se réarmer et renforcer ses rangs. Il mobilise de nouveaux combattants dans une population soumise. Hamas nhésite pas à envoyer des terroristes affronter les positions de Tsahal sous forme d'escarmouches. La aussi la trêve comporte ses limites et exceptions.
Mais que se passe t il à Kiryat Gat? Ce CENTCOM américain détaché où sont cantonnés quelques 200 Boy's avec des soldats d'une vingtaine de pays dont la France.
La aussi silence radio. Cette structure était sensée mettre en place une "force internationale de stabilisation" permettant à terme de désarmer le Hamas. Certains pays se disaient prêts à envoyer des troupes. Mais ce dispositif traverse une crise importante.
Selon plusieurs fuites diplomatiques publiées récemment, l'administration américaine envisage de réduire conséquemment sa présence militaire et de transformer la structure en "centre international de soutien à Gaza". Et le désarmement?
Il y aura de fait un manque de convergence sur les moyens et buts à atteindre. La aussi la stratégie américaine n'emporte pas l'adhésion des pays "alliés". La France y maintiendrait une présence limitée et discrète. Quelques pays n'ont pas renvoyé leur délégation après les fêtes de fin d'année.
Ce CENTCOM parait limiter désormais son action à l'aide humanitaire, mais sans véritable possibilité de concrétiser les objectifs initiaux.
Et à chaque fois que l'Amérique n'emporte pas l'adhésion des pays occidentaux "alliés", Trump recule. C'est aussi valable pour Gaza. Au final, Tsahal se retrouvera seul au front, avec le frein à main serré par un CENTCOM divisé, inactif.
Hamas y voit une opportunité. Il n'est pas prêt à désarmer. Et en voyant ce qui se passe au Sud Liban, il pourrait bien utiliser la même stratégie des drônes contre lesquels Tsahal est dépourvu de réponse.
Allons nous vers un pourissement de la situation sur tous les fronts? La question qui taraude les Israéliens est de savoir si Netanyahu a bien fait de s'aligner sur la stratégie américaine fortement dépendante de contraintes socio-économiques.
Cette question sera centrale dans la campagne électorale qui s'annonce. Et même si un autre dirigeant n'aurait pu agir différemment, il y a assez d'électeurs déçus pour mettre Netanyahu en difficulté. Ce que les sondages semblent bien dessiner.
C'est à cet instant qu'une possible reprise de la guerre à Gaza pourrait redorer le blason de Bibi. La faiblesse d'action du CENTCOM pourrait bien lui laissait les mains libres.
Le plan existe. "Chariots de Gédéon". Tsahal dispose de trois corridors (Netzarim, Philadelphi, Morag) qui lui permettent de compartimenter la bande de Gaza, de contôler les déplacements et de relancer rapidement une ofensive terrestre à grande échelle.
Mais aussi de déplacer les populations pour les extraire de l'influence du Hamas en occupant toute la bande de Gaza.
Ce plan entre dans les perspectives des partis religieux nationalistes sans lesquels Netanyahu ne pourrait maintenir sa coalition. Mais s'il n'a pas été concrétisé à ce jour, il y a peu de chance qu'il soit mis en oeuvre à la veille des élections.
Alors surtout que le chef d'état-major insiste sur la nécessité de renforcer les rangs de Tsahal qui souffre d'un manque manifeste de réservistes pour agir sur tous les fronts.
Encore un message adressé à l'ennemi si besoin était. Il y a en Israël des forces contraires qui se neutralisent depuis trop longtemps. Il est grand temps de mettre de l'ordre dans le pays. Ben Gourion n'y retrouverait pas ses petits.
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