Lettre 384 Les codes de la guerre

On est mal, très mal!

Pourquoi?

Parce que nous n’avons pas les codes pour comprendre le monde musulman. La logique du Coran n’est pas celle des démocraties. Un mot inexistant dans certaines parties du monde.

Alors regardez bien.

La question posée par Witkoff résume notre propos: « Mais pourquoi l’Iran ne se soumet pas face aux forces militaires qui l’encerclent? »

Trump se pose la même question après 12 jours de bombardements intensifs et l'élimination de la tête de l’Etat.

Mais pourquoi résistez vous? (chatGPT)

)

Les enfants répondent « parce que ». C’est court et ça se suffit à soi-même. Traduisez par « fondamentalisme », « idéologie ». Autant de mots qui n’ont plus cours chez nous.

Pauvre monde post moderne passé de « Peace and love » au progressisme pacifique, désarmé. 

Car où en sommes nous. 

Au XVIème siècle l’inquisition catholique faisait la chasse aux hérétiques. Un simple anathème justifiait la montée au bûcher. La puissance des ordres religieux au service de fanatiques faisait régner la terreur. L’édit de l’Alhambra du 31 mars 1492 signé par les rois d’Espagne (Isabelle la catholique et Ferdinand II d’Aragon) forçait les Juifs à la conversion ou à l’exil.

Une période de fanatisme religieux que nous avons enfoui loin derrière nous. En effaçant soigneusement les codes.

L’hégire date de l’an 622. Le monde musulman vit en l’an 1447. Bref, le moyen-âge. Alors, pourquoi être surpris. Les Musulmans vivent ce que nous avons vécu. Mutatis mutandis. Les dignitaires religieux leur montrent le chemin. Ils ne peuvent que s’y soumettre ou s’exiler.

Car voilà bien le hic.

L’Iran des Mollahs a bien compris qu’elle ne pouvait gagner la guerre contre la première puissance du monde. Mais sa force de nuisance et sa persistance au pouvoir lui suffit à crier victoire. Chaque missile qui s’abat sur l’ennemi est en soi une victoire. La mort de civils, femme ou enfant, est glorieux. Ne sont-ils pas tous destinés à porter l’uniforme.

Avait-on les codes pour décrypter les intentions d’Hitler qui avait portant tout planifié dans ses écrits de Mein Kampf. Pareil pour Poutine. Pareil pour le Hamas.

Le combat entre idéologues et progressistes ressemble à la fable de Lafontaine « Le renard et la cigogne ». Le renard invite la cigogne à dîner et lui sert une soupe dans une assiette plate qu’elle ne peut saisir avec son long bec. Il y a une inadaptation intellectuelle qui prive le monde occidental de la préhension de la logique fondamentaliste.

« Ils n’oseront pas!! »

Le 7/10 ils ont osé. S’en sont vantés. S’en sont glorifiés. Avec une escalade dans l’horreur. Pour terroriser. Et qu’avons nous fait? Nous avons dissimulé ces images horribles qu’ils ont diffusées sur les réseaux sociaux. Inmontrables. Censurées. Ne pas heurter les âmes sensibles.

Dans le film « Orange mécaniques » la thérapie contre la violence décomplexée consiste à forcer son auteur à visionner des images d’horreur jusqu’à en vomir. 

Le monde des Schtroumpfs bleus en culottes courtes se devrait de les voir. Non pour en être terrorisé, mais pour en éprouver le caractère maléfique et réagir en conséquence. Les forces du mal en présence nécessitent une adaptation de notre philosophie. Un apprentissage des codes. Réinventer la machine Enigma.

Alors quoi. Le peuple iranien souffre. La population palestinienne crève de faim. Mais cette souffrance entre dans une stratégie pour permettre d’en accuser l’adversaire. La faim (Sic) justifie les moyens.

Pendant des années, Israël était persuadé qu’en améliorant les conditions de vie des Gazaouis, en leur procurant du travail, des salaires, en laissant entrer les millions de dollars du Qatar, le Hamas serait dissuadé. La pauvreté engendre la haine et la violence. C'était le principe.

Que nenni. Conception purement occidentale héritée des grands philosophes qui ont façonné nos pensées pacifiques.

Hamas a utilisé notre faiblesse pour se renforcer. Il a écrit, filmé son projet d’invasion et de torture. Nous étions incrédules. Cela ne sera pas. Non parce que le Hamas n’en a pas la puissance. Parce que notre logique nous empêchait de le concevoir. Ils ont trop à perdre. 

Mais notre logique n’est pas la leur.

Il nous faut définitivement avaler la grenouille! À Rome fait comme les Romains.

Pouvoir de nuisance. L’Iran ferme le détroit d’Ormuz. Coule un ou deux navires. C’était couru d’avance. L’Iran tire sur les pays arabes voisins. Sur les bases militaires françaises et anglaises. Scénario inédit. Mais ça marche! Tous d’appeler à la désescalades. A la diplomatie. Au cessez le feu. jusqu'à accuser Netanyahu d'avoir poussé Trump dans un conflit piégé.

Frapper là où ça fait mal. Faire flamber le prix du pétrole. Internationaliser le conflit. Exactement ce que Trump voudrait éviter. L’économie va souffrir, les victimes vont s’accumuler. C’est le prix à payer. Trop cher?

En face, la mort est un privilège. Le peuple est au service de l’idéologie ou doit crever.

Autres mœurs. Autre conception. Autre logique.

Savez vous pourquoi la France est sortie vainqueur de la grande guerre? Non en raison d’une quelconque supériorité militaire. Parce que le maréchal Pétain, ce sauveur de la France, était prêt à sacrifier davantage de soldats dans ce bain de sang que le général Hindenburg. Jusqu’à 10.000 morts par jour! Comme le disait Staline: « Un mort c’est un drame, un million de morts c’est une statistique ».

Le Moyen-Orient est un monde cruel. Dominé par des idéologues fanatiques.

Et voici le drame résumé en une ligne: « Après avoir perdu 7 soldats et 140 blessés, l’Amérique devrait cesser le combat ».

Mettez vous du côté de l’ennemi. Si l’Amérique nous lâche, si Trump déclare la fin du conflit, l’Iran pourra crier victoire. La preuve sera rapportée que personne ne peut vaincre le fanatisme, pas même l’armée la plus puissante au monde. 

Et savez vous pourquoi? Parce que plus personne n’est prêt à engager une action terrestre lourde en pertes humaines. Financer, certes. Fournir les armes, certes. Tirer quelques anti-missiles, pourquoi pas. Envoyer le contingent? Oups!

Voyez cette exacte position de l’Europe en Ukraine. À Gaza. Au Liban. Et dans tous ces conflits, la gangrène gagne. Fait la part belle aux extrémistes, aux milices, aux organisations terroristes. Elles survivent, se renforcent, s’adaptent, mutent, trouvent des soutiens.

Dans 15 jours, Israël sera condamné à se retirer du Liban au nom de la souveraineté d’un pays pourtant largement obérée par une organisation terroriste.

Les lois internationales de la guerre ont bon dos. Elle permettent de donner bonne conscience aux pays peu ou pas impliqués dans un conflit lointain. Et surtout d’éviter des difficultés économiques tel le blocage du détroit d’Ormuz.

Il y a ceux qui souffrent et ceux qui souffrent de nous voir souffrir. Nous dormons (Si peu) dans les abris, la peur au ventre. Ils dorment dans leurs lits bien douillets. 

Mais ils ont le droit international chevillé au corps. Un excellent somnifère. Et pendant qu’ils dorment, l’ennemi fait son lit. (sic)

Vous pouvez considérer ces lignes comme excessives, réactionnaires, inhumaines. Mais la bête immonde est notre adversaire. Un Iran nucléaire rayera Israël de la carte. Ceux qui en doute ont le scénario sous les yeux à chaque fois qu’un missile s’abat sur Tel-Aviv. 

Cette guerre mérite d’être menée à son terme. Elle est légitime. Elle est libératrice d’un peuple qui nous appelle à l’aide. Mais avant tout, elle teste la résilience occidentale face aux forces du mal. Elle le force à changer de paradigme. Elle le force à mettre de l’ordre dans ses affaires intérieures. Car cette guerre aura des répercussions en Europe. Le terrorisme. Cette arme contre laquelle nous sommes démunis. Et qui pousse Macron à rester sur la touche. Mais nous ne sommes pas pour autant immunisés.

La cinquième colonne est déjà dans les murs.

Il y a néanmoins des signes avant coureurs du changement. Vous en voulez un exemple?

Alors regardez bien. Le droit international est bafoué. Et ceux qui l’invoquent, apparaissent comme faibles et naïfs. Cette construction juridique sortie des guerres menées par les occidentaux ne vaut que pour eux. Entre gens civilisés. 

Le droit international n’a pas cours face au terrorisme d’Etat. Il faudra donc revoir notre copie.

« Si je t’oublie Jérusalem, que ma main droite m’oublie! Que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens de toi, si je ne place Jérusalem au-dessus de toute joie ». (Ancien testament Psaume 137)

C’est le serment de fidélité absolue prononcé par le peuple juif après la destruction du Temple de Jérusalem (586 avant notre ère) par Nabuchodonosor II et la déportation en Babylone de la population qui en est résultée.

Trump ferait bien de réciter et méditer ce psaume avant de replier son armada. Il a dit quatre semaines. Il y a fort à penser qu'il s'y tiendra.

Ironie de l’histoire, l’exil prend fin lorsque le roi de Perse (l’Iran actuel) Cyrus II conquiert Babylone et autorise les Hébreux à revenir à Jérusalem et les aide à reconstruire le Temple. (Édit de Cyrus - 538)

Ce n’est certes pas le régime des Ayatollahs qui nous aiderait à reconstruire le Temple!

O tempora! O mores! (Cicéron)


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