Lettre 413 Un sioniste peut en cacher un autre

Regarder, analyser, comprendre.

Réflexion basique mais mal partagée.

« Je ne ferai union qu’avec un parti sioniste ». 

« Sous ma gouvernance, il n’y aura pas place pour la création d’un État palestinien ».

Voilà l’essentiel des slogans électoraux des opposants candidats au changement.

Gadi Eisenkot, le candidat qui fait trembler Bibi

Chez Netanyahu cela va sans dire. Depuis qu’il est au pouvoir, il a tout fait pour affaiblir l’Autorité palestinienne. Elle est devenue inexistante, corrompue, dirigée par un vieillard sans successeur.

Pourtant à plusieurs reprises, il a accepté des plans concourant à cette création. 

Par le très fameux discours de Bar Ilan en juin 2009 il ap publiquement déclaré qu'il était pret à accepter un Etat palestinien démilitarisé.

L'auriez vous oblié?

Le dernier en date, Netanyahu a accepté le plan Trump de 2020 "Peace to Prospérity" prévoyant explicitement la création d'un Etat de Palestine avec la capitale appelée Al-Quds dans une partie de Jérusalem-Est. Toutefois omme simple base de négociations. Les Palestiniens l'ont refusé dégageant ainsi Netanyahu.

Il faut bien avouer que cette hypocrisie politique (Pléonasme!) est partagée par les pays arabes qui exigent cette création mais ne lèvent pas le petit doigt pour soutenir et financer cette obsession.

Il y a donc les sionistes dont le programme tend non à la création d’un État qui existe déjà, mais à sa survie, sa pérennité, son renforcement. Dans une guerre sans fin.

Et il y a en face, un bloc difforme allant de la transformation d’Israël en pays multiculturel arabo-juif, jusqu’à sa négation et sa disparition. Les Arabes.

Deux millions vivent chez nous, à côté de nous, parfois avec nous ou face à nous. Au choix. A statut égal. Enfin presque, dans un État frappé de l’étoile de David, État juif par définition politique historique.  Comme d’autres dans la région se définissent comme État islamique. 

Ça décoiffe en Occident. Jusqu’à n’y rien comprendre. 

Trois millions vivent en Judée Samarie région autrement nommée la Palestine, le West Bank, Ha Gada Ha Maharavit en hébreu. Termes frappés d’idéologie unique en son genre.

Enfin deux millions vivent dans la bande de Gaza sous tutelle du Hamas. Les parias.

Et ces cinq millions d’Arabes qui se déterminent comme Palestiniens réfugiés, verraient d’un bon œil devenir citoyens israéliens à l’instar de leur congénères demeurés en Israël après la Nakbah (Catastrophe) de 1948, qui a permis la création de l’Etat d’Israël. Et le début de leur descente aux enfers.

Car Israël est un Eldorado dans un monde périphérique pourri, soit par les pétro-dollars, soit par l’idéologie mortifère des organisations terroristes islamiques soutenues par ces mêmes pays.

Une chatte n’y retrouverait pas ses petits.

Israël dans un « Plonteur » ce mot yiddish  intraduisible, labyrinthe, impasse, noeud gordien.

Au choix.

Être sioniste, c’est militer contre ce camp qui veut soit nous inonder et nous vaincre par une libanisation, soit nous rayer de la carte. 

Pourquoi? 

C’est le grand hiatus de l’Occident qui ne veut pas comprendre que l’Islam tolère les Juifs en son sein, soumis, mais ne peut accepter un État juif indépendant en terre d’Islam.

Et le petit Etat sioniste lutte pour sa survie pour contrer ce postulat, en usant de son génie, de sa haute technologie, avec une réussite qui défie l’entendement. Le Juif de l’excellence par excellence!!!!

Imaginez Israël sans cette lutte dévastatrice. Sans ce boulet de la guerre aux pieds. Sa réussite serait insupportable pour les pays voisins stériles, demeurés, voire affamés. Un premier de la classe voué aux gémonies, à abattre.

Et c’est bien ce qui se produit. Sans rire. Et ça dure depuis cent ans. Car pour un homme politique arabe qui veut être couronné, il lui suffit de crier haro sur l’entité sioniste. Il n’y a pas de meilleur slogan. Voyez ce cher Erdogan qui a enfourché le cheval de Zéphyr pour devenir le grand chantre de la cause arabe.

Quo Vadis?

On parle trop de la guerre. Des problèmes urgents. De la menace nucléaire. Pas assez de la menace intérieure. Elle est double et se confond. La division du peuple et la question palestinienne.

Un seul et même problème.

Car pour trancher ce noeud gordien de la menace arabe en Israël et en périphérie, il faut avoir les mains libres et s’absoudre de certaines contraintes. Réduire les restrictions liées aux règles démocratiques, réduire les pouvoirs de l’autorité judiciaire, ignorer les oukases d’un monde occidental naïf.

C’est le programme des sionistes nationalistes au pouvoir, avec Netanyahu comme otage bénévole ou homme orchestre au langage duplice.

Donc être sioniste, c’est contrebalancer cette menace palestinienne par les moyens appropriés. Soit par la consolidation des frontières actuelles, soit par l’absorption des régions périphériques précitées pour former le grand Israël avec pour intention non voilée d’en chasser les indésirables. 

On peut donc être sioniste à minima ou par le coup de sirocco. Un éventail qui fait froid dans le dos des modérés. Mais ceux qui ont vécu dans les pays arabes ne font pas dans la dentelle. C’est eux ou nous. Et comme le disaient les Pieds Noirs, « un bon Arabe est un Arabe mort ». On ne devrait pas écrire ces mots la.

Aux modérés Ashkénazes ils objectent avec aplomb: «Vous avez souffert la Shoah et vous n’avez toujours pas compris que le monde est cruel. Que notre survie passe par des compromissions parfois inhumaines, en s’assaillant sur les bons principes ».

Ben Gvir n’est pas loin.

Le 7/10 valide leur point de vue. Comment ne pas être sensible à leur vécu. Eux qui ont quitté le Maghreb avec le choix entre la valise ou le cercueil.

Et qui n’ont jamais été indemnisés. Les grands oubliés d’une injustice pour lesquels la création de l’Etat d’Israël fut la seule compensation. La seule consolation. Avec une foi incrustée dans l’Etat refuge où ils sont maîtres chez eux, et les Arabes en position inférieure. Quelle revanche sur un passé douloureux. Une meurtrissure qui les rend indifférents au drame vécu par la population de Gaza. Juste retour des choses. A chacun le sien!

Ils sont les soutient inconditionnels de Bibi. « Il a sauvé le pays ». Fermez le ban!

Alors regardez bien.

Dans ce chaos idéologique, un petit événement fait la une. Ségalowich, sioniste invétéré qui a fait carrière dans la police au plus haut niveau, vient d’intégrer la liste arabe « modérée » RAAM présidée par Mansour Abbas. (Voir lettre précédente) 

Il sera en position numéro 2 mais sans adhérer au parti. Ce qui crève l’écran c’est qu’un sioniste pur et dur intègre une telle liste avec l’accord de la base électorale arabe composée notamment de chrétiens et de Druzes. Ces Arabes israéliens qui prônent l’intégration et acceptent la détermination du pays comme Etat juif. 

Ce petit parti crédité de 4 ou 5 mandats pourrait servir d’appoint à l’opposition pour former une coalition majoritaire. Avec sa fragilité. Mais qui permettrait l’alternance. Et la descente aux enfers de Netanyahu lâché par les lieutenants du Likoud. Un parti qui s’est au fil du temps travesti, perverti, et dont les seconds couteaux sont exaspérés par une politique d’extrême droite qui leur a été imposée.

Ce parti qui, expurgé de certains nuisibles, pourrait bien revenir plus tard au devant de la scène pour pactiser avec l’opposition du jour, et former enfin la large coalition démocratique que tous appellent de leurs voeux.

Si la presse majoritaire vitupère contre Netanyahu et la première dame, elle demeure peu objective sur la force de ce parti populaire s’il était débarrassé de ses scories.

Mais souvenez vous. L’obstination à refuser un Etat palestinien rend celui-ci virtuellement encore plus vivant. Et si sioniste n’est pas un gros mot, il ne fait que masquer un écueil qu’il nous faudra tôt ou tard affronter. 

Cette élection n’est qu’une étape vers autre chose. Un passage. Une transition. Une possible alternance fondement de toute démocratie. Mais alors qu’après le 7/10 tous étaient d’accord pour signer la fin du règne de Bibi, voilà qu’il reprend du poil de la bête. Le magicien va t il à nouveau sortir un lapin de son chapeau? 

Chant du cygne?

Et si un parti arabe est en passe de couronner le prochain dirigeant, c’est qu’il y a du changement au pays de Oui Oui.

Alors écoutez ce chant Yiddish célèbre:

 « Tire, tire l’aiguille ma fille

Demain tu te maries mon amie »

Chanson écrite en 1951 par Eddy Marnay sur une musique d’Emile Stern et Eddie Barclay popularisée par Renée Lebas puis par Dalida.


https://kefisrael.com/2016/12/25/garde-lesperance-renee-lebas/


En politique tous se marient et tirent l’aiguille. Netanyahu avec les religieux, Bennett avec la gauche.

Les partis Arabes demeurent sur la touche. Un mariage de raison pourrait tenter les uns et les autres. Après tout, il suffit de changer les paroles de la chanson.

 

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