Lettre 382 Le conflit s'internationalise

Les Européens avaient vu juste.

Ce conflit aura des répercussions régionales voire mondiales. Le régime des Mollahs se lance dans un pari qui peut se retourner contre lui. Il cherche à fragiliser la position de Trump face à un électorat hostile et un monde occidental qui craint des répercussions économiques majeures.

En fermant le détroit d'Ormuz, c'est la Chine, principal client, qui pourrait intervenir.

A l'inverse en attaquant la base anglaise située à Chypre, l'Iran a franchi une ligne rouge: L'Union Européenne ne peut rester sans réaction.

Alors regardez bien.

Macron, chef de file d'opposition à l'intervention militaire, avait déclaré que cette guerre était menée en violation du droit international. Il a condamnée ouvertement l'élimination du guide suprême Khamenei tout en déclarant que nul ne pleurerait la mort du tyran.

Dont acte.

L'Allemagne et l'Angleterre prenaient le relai et s'alignaient sur Paris.

Mais les bombardements incessants sur les pays du Golfe ont changé la donne. Le dimanche 1er mars 2026, la base navale française d'Abou Dabi a subi des dégâts que le gouvernement a tenté de minimiser. Un cap a été franchi. En vertu des accords de défense passés par la France avec les Émirats arabes unis en 1995 et renforcés en 2009, une coopération en matière de défense engage la France pour le moins sur le plan défensif.

Un drone iranien frappe la base navale d'Abou Dabi

Macron a décidé de détourner le porte avions Charles de Gaulle vers la méditerranée. La France est en passe d'entrer à reculons dans une coalition imprévue. Elle s’en défend mais abattre les drones iraniens qui pleuvent sur les pays du Golfe, n’est-ce pas une entrée en guerre. La logique engage à passer de l’action défensive à la destruction des rampes de lancement. Il n’y a qu’un pas que Macron ne franchira pas. Mais que fera la France si ces pays lourdement bombardés décident d’entrer en guerre active contre l’Iran.

Et que penser du tir balistique sur la Turquie abattu par la défense de l’OTAN? L’Iran contre le reste du monde? 

Les Anglais ne sont pas mieux lotis. Le premier ministre a été ouvertement critiqué pour n'avoir pas réagi à l'attaque contre leur base aérienne de Chypre après que trois drones aient été tirés par le Hezbollah depuis le Liban. Ce petit pays, membre de la CEE et ouvertement opposé à l'axe turco iranien, a appelé la France et l'Angleterre à réagir. Des forces navales sont en route.

Trump s'est dit déçu par la timidité du premier ministre Stermer. "L'allié anglais n'est plus ce qu'il était".

Mais la Navy n'est elle-même plus ce qu'elle était. Elle possède une base navale au Bahreïn, mais sans aucun navire!. La plupart des navires de guerre se trouve en entretien ou réparation. Son seul sous-marin se trouve en Australie (Citation de Andrew Nil journaliste de la BBC)

Et à cet instant se repose la question de la stratégie iranienne. En tirant tous azimuts, le régime iranien semble jouer son va tout. Il pose la question de savoir jusqu'où l'ennemi est prêt à entrer dans le conflit. A en accepter les conséquences. Ou à faire bloc contre les alliés israélo américains. Pousser les pays du Golfe à interdire les frappes à partir de leur territoire.

En fermant le détroit d'Ormuz, L'Iran pose une question à la Chine. Va t elle intervenir. Elle se doit d'intervenir. Soit par pression sur l'Iran. Soit par pression sur l'Occident. Touche pas à mon pétrole! Mais l'Iran n'agit pas ici sans filet. Il pourrait même y avoir une entente sino iranienne sur une stratégie d'une possible guerre mondiale. La menace que tous redoutent. Et qui mettrait Trump dans ses petits souliers.

On apprend que la Chine envoie un médiateur. Que mettra t il sur la table? Les USA entreprennent la destruction de la marine iranienne. La réouverture du détroit devient un enjeu majeur. 

A cet instant vous comprenez que les critiques européennes sur fond de violation du droit international n'avaient que pour objet de freiner des quatre fers la détermination de Trump de faire chuter le régime iranien. 

L'argument s'est retourné contre eux puisqu'ils ont été eux-mêmes victimes de tirs par un ennemi non déclaré. La morale, c'est que l'Iran et ses proxies s'en prennent précisément à ceux qui les soutiennent.

Souvenez-vous des premières victimes du Hamas. Ce furent précisément ces kibboutzim qui donnaient travail, soins médicaux et soutien moral à leurs voisins de Gaza. Il en ira de même avec ceux qui soutiennent les Frères Musulmans en France. Les progressistes et homosexuels seront leurs premières victimes. 

On peut faire le mal en pensant faire le bien. 


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