Lettre 386 La bataille de l’île de Kharg a sonné

 Au golf, après un mauvais coup mieux vaut ne pas s’en plaindre car une maxime nous enseigne que « le pire est à venir ». Elle dérive de l’humour anglais « The Worst is Yet to Come ».

Et dans le Golfe nous y sommes. Bonnes gens, sortez vos mouchoirs!

Ile de Kharg. Apprenez ce mot nouveau car il va souvent raisonner à vos oreilles.



Côté droit, son terminal pétrolier

Cette île a été choisie pour recevoir le terminal pétrolier (Hub) construit en 1960 par la compagnie américaine AMOCO. Il se trouve en effet que les cotes de l’Iran sont peu profondes et ne peuvent accueillir les super tankers. Par cette île transitent 90% du pétrole iranien. Mais située à 30 km des côtes, elle est très vulnérable.

Et c'est un enjeu considérable pour le suite de la guerre.

Ceux qui l’ignoraient vont découvrir que le pétrole brûle et brûlera nos petites économies. Car voyez vous, ces richissimes pays pétroliers du Golfe pompent notre argent aux stations essence s’en délectent et le ré injectent dans notre économie. Ils finissent par détenir des créances énormes contre l’Etat, dans nos entreprises cardinales. Bref ils possèdent nos bijoux de famille, et même notre club de foot PSG qui arbore l’enseigne qatarie. Un comble devenu réalité acceptée. Soumise.

Alors regardez bien. Toute cette économie, toute cette richesse colossale passe par un petit passage. Tout petit. Comme la Manche ou Gibraltar. 

Les bateau passent. L’argent coule à flot. Les bateaux sont bloqués. Tout s’arrête. 

L’île de Kharg: Le petit point à gauche à 300 km du détroit d'Ormuz

Alors vous direz vous: « Ce passage doit devenir une cause internationale. Être garanti par une police maritime pour éviter le piratage »

Vous avez bien vu. Chaque riverain pourrait ainsi tenir le monde dans sa main. Faire chanter, danser, pleurer, soumettre les pays les plus puissants. C’est ce que fait le régime des Ayatollahs. L’arme du faible: Le rapt, le terrorisme, la piraterie.

Et à cet instant s’est levé un fou lumineux qui voudrait mettre fin à cette menace.

Et chacun d’applaudir? Mais que nenni. La stratégie Iranienne fonctionne à plein gaz (Sic). Les puissances occidentales ont les pieds froids. Elles sont prêtes à se coucher pour faire passer leur bateaux. Prêtes à se fâcher avec les USA.

Ce n’est pas nouveau. Ce délit maritime majeur est en marche depuis que les Houties ont commencé à tirer sur les navires ayant une accointance avec Israël. Le port d’Eilat situé aux confins de la mer Rouge a perdu 90% de son activité. 

Une piraterie qui dérange peu de monde. 

Le détroit d’Ormuz n’est pas fermé pour tout le monde. Chinois, Indiens y passent sans encombres. Il suffit de plier l’échine suffisamment bas. Macron semble avoir la nuque encore trop raide. Quelques génuflexions iraniennes supplémentaires pourraient suffire.

Et c’est à ce moment précis que Trump applique la même stratégie que l’Iran: Obliger chacun à choisir son camp. L’Iran tire sur les pays du Golfe pour les forcer à se séparer de l’Amérique. Trump demande aux pays européens de rejoindre la coalition. 

Et tous d’être dans leurs petits souliers.

Lui ne fera rien pour ouvrir le détroit d’Ormuz. Pas de suite. Il le pourrait. Mais selon lui, c’est l’affaire de l’Europe. C’est l’affaire des pays du Golfe qui sont attaqués et qui sont interdits de passage. Ils sont en passe de basculer dans la coalition.

Les stratèges savent où ils vont.

* Phase 1: Trump bombarde les défenses militaires de l’île de Kharg. C’est fait. Il n’a pas touché aux installations du pétrole. Il menace de casser les bijoux de famille. Il ne le fera pas mais pourrait bloquer les terminaux de cette île. Priver l’Iran de la manne pétrolière.

* Phase 2: Trump appelle les Européens à la rescousse. Il sait qu’ils ne viendront pas. La menace de quitter l’OTAN rentre dans ce plan. Trump va agonir les Européens d’insultes, de lâcheté, d’ingratitude. C’est sa diplomatie.

* Phase 3 : Trump décide d’envahir l’île de Kharg et de faire main basse sur le pétrole iranien. Trois navires amphibies avec 2.200 marin’s du bataillon 31 basé au Japon fait route avec sous soutien aérien. Qui pourrait alors lui en faire le reproche. Il pourrait même mettre une taxe sur le passage du détroit pour financer cette guerre. Il vendra le pétrole aux Chinois mais détiendra sur eux un moyen de pression.

* Phase 4 : Trump décide d’envoyer le contingent pour occuper la partie maritime de l’Iran et sécuriser le détroit. 


Et vous avez bien compris.

Cette fois Trump a passé la vitesse supérieure, mis les crabots. Il menace les bijoux de famille iraniens, de briser les joyaux de la couronne: 

La bataille de l’Ile de Kharg est en marche. Et avec elle, le détroit d'Ormuz.

Une ligne rouge explosive. L’Iran pourrait anéantir toute l’industrie pétrolière de ses voisins.

L’aviation américaine a détruit toutes les défenses de cette île sans toucher les structures pétrolières.

La menaces est claire: Priver l’Iran de sa rentrée financière principale. 90% de son pétrole part de cette île principalement vers la Chine. Car l’Iran continue à vendre son pétrole, encore plus qu’auparavant et surtout bien plus cher. Voyez à qui profite la crise. Et Poutine aussi.

Trump appelle les pays européens à se mobiliser pour débloquer le détroit en envoyant leur flotte. Une façon de rallier le monde occidental sous sa bannière. Dans un intérêt commun. Trump pourrait le faire seul mais il veut profiter de ce blocage pour les forcer à se mouiller.

Mais l’Europe, cette guerrière sans armée et désarmée refuse de s’allier dans cette guerre qu’elle qualifie d’illégale. 

En attendant, Trump mobilise encore des forces militaires et le troisième porte avions doit arriver dans les tous prochains jours pour débloquer le détroit. 

Non cette guerre n’est plus la guégerre des premiers jours. Cette fois on entre dans le dur. Quoi qu’il en coûte! Mais à qui? Et avec quelles conséquences? 

Car vous avez bien compris qu’après 18 jours de lourds bombardements, le régime des Mollahs est debout. Chancelant mais debout. Et tire à tout va.

Trump est bien forcé de revoir sa copie. Après tout, ce régime finira bien par tomber comme un fruit mure faute de pouvoir diriger un pays exsangue, dépourvu d’économie.

Et sans l’argent du pétrole, les flux financiers vers les proxies vont s’assécher.

Assécher le Hamas et le Hezbollah tel est bien l’un des objectifs principaux. Le plan pour la Riviera et le Liban dépend de l’assèchement des flux financiers. La chute du régime peut attendre.

Et Macron dans ce scénario? Trump va lui glisser quelques peaux de bananes. Au Liban, les négociations organisées par Macron sont creuses. A quoi bon parlementer avec un régime qui ne peut rien contre le Hezbollah. Israël n’a besoin ni de reconnaissance, ni qu’on l’aime. Israël a besoin de mettre fin aux tirs incessants sur la Galilée. 

Mais là aussi, l’invasion du Liban pourrait s’avérer à nouveau être un leurre. L’aviation peut à elle seule régler une partie du problème. Aux Libanais de faire le reste. Les accords de paix pourront alors se concrétiser. Macron ne sera plus président. C’est la façon de Trump de lui tirer le tapis sous les pieds.

A chacun le sien.

Cette guerre ressemble à la blague belge bien connue.

Un mangeur de frites voudrait assortir son plat d’un coca. Devant le distributeur il insère une nouvelle pièce chaque fois que la bouteille tombe lourdement.

Celui qui attend son tour se dit qu’il va vider la machine et lui demande pourquoi tant de bouteilles. Le Belge lui répond tout de go: « Tant que je gagne, je joue! »

N’est-ce pas ce que font les Ayatollahs avec leur bombardements incessants?

(On pourrait remplacer le Belge par un Alsacien….ou qui vous voudrez)


Commentaires

  1. Assécher les rentrées liées au pétrole certes.Rappelons que Kharg est un lieu de stockage et de chargement et non une raffinerie.Tout cela est fragile car détruire serait priver pour longtemps un nouveau régime hypothétique de l'Iran de ressources donc hypothéquer son succès.En attendant cela fait des lustres que l'Iran tire profit du site avec l'accord de tout le monde.
    Attendons de voir ce qu'en feront les américains avec l'arrivée de leur nouveau contingent.
    Idem pour la bataille d'Ormuz.Peu de pays sont capables d'aligner assez de forces navales pour participer à la coalition appelée par Trump.On va se compter au final.
    Si beaucoup pensent qu'un débarquement sur les côtes sera nécessaire à la fois pour sécuriser le détroit , la navigation dans le Golfe voire la chute du régime, l'exercice n'est pas sans risques militaires et politiques. Ménager le nationalisme de bon aloi des iranais doit entrer en ligne de compte.Quant à la capacité de nuisances des détenteurs du régime n'anticipons pas trop sa suppression à très court terme même avec l'élimination cette nuit de son véritable chef tant la structuration du système de défense mis en place rend la chose compliquée.

    Une chose est sure: les israéliens vont maintenant ( devoir) aller jusqu'au bout.Car c'est bien eux qui ont pris l'initiative de cette nouvelle élimination.ET non Trump a priori qui croyait tirer les ficelles mais s'est retrouvé dans l'impasse.

    Netanyahou vrai chef de cette guerre?



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