Lettre 400 Israéliens, on vous ment
Les politiciens ont ils une marchandise à nous vendre?
La politique se résumerait-elle à nourrir le peuple de slogans de tous genres, annoncer la rédemption, la destruction de l’ennemi, la victoire totale……
Netanyahu en avait jusque là l’exclusivité. Que n’a t on entendu lors des différentes opérations militaires, à Gaza comme au sud Liban. Le Hamas est soumis. Et nous avons pris le 7/10 en pleine poire. Le Hezbollah est anéanti. Et voilà que nos soldats tombent chaque jour sous les drones à fibre optique sans réponse adéquate.
Et Trump prit le relai. Conquête de Gaza avec reconstruction d’une Riviera financée par les pays du Golfe. Détruire l’Iran et le ramener à l’âge de la pierre.
Et au final?
Tous deux supplantés par les Mollahs qui ont bien compris le creux de cette gesticulation verbale. Ils font encore mieux. Détruire toutes les installations pétrolières, provoquer un marasme économique mondial. Ils sont affaiblis, mais la tête hors de l’eau pour vociférer.
Et nous dans tout ça? Pauvres ignares, quidams, pékins, nous avalons cette marchandise sans broncher.
Pas vraiment. Mais nos dirigeants sont persuadés que leurs propos marquent les esprits. Méthode Coué oblige. Macron n’est pas demeuré en reste. Incantations pour la défense du Liban, course au réarmement contre un ennemi éphémère, sécurisation du détroit d’Ormuz.
Et que voyez vous sur le théâtre des opérations? Exactement le contraire de ce qui est annoncé. Les trêves se succèdent pour devenir permanentes puis bafouées. Les soldats attendent les ordres d’attaque, puis reçoivent des contre ordres. « J’étais à deux doigts de déclencher le feu de l’enfer sur l’Iran, mais on m’a supplié d’attendre ».
Mais de qui se moque t on?
Trump mène cette guerre comme on négocie l’achat d’un gratte ciel dans une faillite frauduleuse en soudoyant le liquidateur.
La peste soit de ces négociations où l’adversaire lit dans nos pensées comme à livre ouvert.
Et il y a un géant qui doit se réjouir de ces pantalonnades. La Chine. Trump est allé à Canossa, suivi par Poutine. Qu’a t il obtenu. La juste rétribution de ses atermoiements. Une réception low cost humiliante. Mais qu’allait il donc chercher chez ce concurrent à qui il n’avait rien à vendre?
Et qui attend son heure pour aboutir dans ses plans à Taïwan. La Chine sait désormais que l’Amérique ne bougera pas une oreille. América first et après moi le déluge.
Et Israël dans tout ça? Les élections se profilent. Netanyahu est en perte dramatique de voix électorales. Mais il est toujours dans la course. Un cancer de la prostate qu’il aurait vaincu. Un ordre d’arrestation qui lui ferme la porte de la plus part des pays. Et une partie de la population qui lui voue une haine sans bornes. Et toujours candidat à sa propre succession. Tant que je gagne, je joue!
A supposer qu’il gagne encore une fois les élections, il devra passer sous les fourches caudines des partis religieux et des Juifs messianiques qui viennent de faire tant de dégâts sur le plan international par leurs provocations qui n’ont qu’un but électoral.
Et les dégâts internationaux? C’est bon pour eux. S’isoler du monde pour mieux travestir Israël en paria. Et puisque personne ne nous aime, alors allons y franco.
Alors regardez bien.
L’élastique va se rompre. Cette parabole de l’élastique menace depuis trois ans de s’accomplir. Mais la rupture tarde. Pourquoi? Car l’élastique a ceci de particulier qu’il est ….. élastique.
Le saut à l’élastique fut une découverte des années 90 pour des candidats à la recherche d’adrénaline. Le premier saut médiatique eut lieu à Farébersviller, petite bourgade de Moselle. Les organisateurs, spécialisés en spéléologie et grimpettes de tous poils mirent en place un processus de saut où le fada montait dans une nacelle déployée par un camion à 60 mètres de hauteur. L’élastique était enroulé soigneusement sur un crochet que l’opérateur devait prendre en main, ouvrir le portillon puis annoncer au fada « Tu sautes quand tu veux ». Il était alors sensé libérer l’élastique derrière lui.
Mais ledit fada sous le stress du moment n’écoutait plus. Il ouvrit le portillon et se jeta dans le vide. L’opérateur n’eut pas le temps de prendre l’élastique en main lequel se tendit sur le crochet métallique pour finir par rompre. Saut de l'ange sans parachute. Le public pousse un cri. Scratch.
Fin de l’histoire? Ambulance, police, homicide par imprudence, justice et case prison. Enfin presque.
Cette animation prit malgré tout de l’ampleur.
Tsahal fait un saut dans le vide. L’élastique se tend après chaque ordre de mobilisation. La révolte gronde. Le réserviste israélien est un race à part. Son unité combattante est sa fierté. Ses frères d’armes sont plus importants que sa propre famille. Enfin presque. Mais quand la famille tombe en quenouilles, il doit se retirer ou se couper un bras. Dilemme qui se pose à la réception du 8ème ordre de mobilisation. Pour juillet, août et septembre, fêtes de Ticheri comprises. (Jour de l’an et grand pardon) L’état-major avait pourtant promis de limiter ce nouvel appel à deux petits mois. En vain.
Pourquoi? Le chef d’état-major Zini alerte depuis des mois qu’il manque de soldats combattants. Qu’il ne peut combattre sur sept fronts sans avoir recours à la mobilisation générale des jeunes appelés, juifs orthodoxes inclus.
Vous imaginez que cette alarme ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Il suffirait de faire durer le conflit pour voir Israël s’effondrer faute de combattants.
Alors regardez bien.
Pendant que ces réservistes, âgés de 25 à 45 ans se posent à nouveau la question de savoir s’ils vont encore répondre à cette ordre, et quitter à nouveau travail, famille pour la patrie, le gouvernement est à la manœuvre.
Il agit dans deux directions. Allonger le temps du service militaire des appelés de 30 à 36 mois. Et en contrepoint, voter en urgence cette loi décriée de l’exemption des Juifs orthodoxes de tout service militaire. Pour sauver la coalition.
On prend toujours les mêmes et on recommence.
Et Netanyahu est persuadé que la reprise des combats, en Iran, au Sud Liban ou à Gaza, serait un gage pour améliorer ses chances de succès aux prochaines élections qui seront fixées au plus tard le 27 octobre prochain. Et déjà les bombardements reprennent, à Beyrouth comme en Iran. Les alarmes retentissent à nouveau à Tel-Aviv.
Alors les soldats n’ont qu’à manger leur casque sinon leur chapeau. Même si la menace des drones n’est pas réglée et que chaque jours amène son lot de morts et de blessés. Il faut y aller!
Une armée statique est toujours en danger.
Et voyez comme le temps arrange bien les choses. On fêtera les troisième anniversaire du Chabat noir le 7 octobre. Il n’y a toujours pas d’enquête publique sur les causes de ce drame. Netanyahu, pas vu pas pris. Et pourtant elle tourne. (Galilée)
Mais entendez vous dans ces campagnes mugir ces farouches soldats. Ils en ont ras le casque. Pourquoi? Parce qu’ils ont le sentiment que cette guerre, ces sacrifices, ces frères sont tombés au combat pour rien. Car rien n’est réglé. Tout est dépendant du bon vouloir de Trump qui tire le frein à main. Et demain, il le fera à nouveau. Netanyahu est sous sa coupe. Ne lui a t il pas promis de l’aider pour sa réélection? Pour la première fois de l’histoire de la nation, Tsahal n’a plus la main.
A moins que... Mais comment le faire seul?
L’élastique va se rompre sous l’effet des slogans menteurs. La marchandise qu’on nous a vendue est périmée, avariée. Voilà ce qu’on entend dans la troupe où il y a désormais beaucoup de jambes de bois. Des soldats rompus. On le dit depuis trois ans. Mais un jour, l’élastique se rompra.
Et on l’a dit mille fois. Sans solidarité du peuple avec une confiance en son gouvernement, Israël est en danger. Sans mobilisation générale, le fer de lance de Tsahal s’est émoussé.
Les rodomontades électoralistes montrent combien la société israélienne est fracturée. Ce virus a pénétré l’armée. Quand un soldat doit se masquer la face devant les caméras en raison des déclarations provocatrices d’un Ben Gvir ou d’un Smotrich, le ver est dans le fruit.
Ne devrait-on pas balancer ces deux extrémistes au bout d’un élastique? Et Netanyahu se tait, regarde les va et vient de l’élastique et les vagues qu’il provoque. En espérant que l’élastique ne se rompra pas. Surtout pas avant les élections. Il suffirait de quelques mois. Et comme le disait la mère de Napoléon avec son accent corse: « Pourvou que ça doure!! »
En aparté, si vous passez en Alsace pour suivre la route du vin, arrêtez vous dans le village de Bouxwiller où vous serez surpris de découvrir le musée du judaïsme alsacien en sa synagogue érigée en 1842. Sans activité cultuelle depuis 1983, celle-ci était vouée à la démolition pour laisser place à un parking de supermarché. Mais un passionné, Gilbert Weil, s’est battu pour son sauvetage et la création de ce musée d’exception. Il retrace la vie des Juifs alsaciens à travers 1.000 ans d’histoire, avec les objets du quotidien, du culte, des métiers, du colporteur aux hommes célèbres nés de cette communauté.
Ici ni slogans ni phrases grandiloquentes. Un plongeon dans un passé surprenant grâce à un guide éloquent et riche en anecdotes.
Voici l’une d’elle.
Le président George W. Bush demande à son conseiller juif Josh Bolten « Comment se fait il que vous autres êtes toujours au courant de tout et en premier? »
Bolten se gratte le crâne avec suspicion et appelle son père qui lui répond tout de go que tout se passe à la synagogue.
Bush décide donc de s’y rendre incognito pour voir les choses de près. Il met un chapeau noir et s’assied sur un banc à l’arrière pour observer.
Subitement un fidèle s’assied à ses côtés, lui donne un coup de coude et lui dit « Vous connaissez la dernière, il paraît que Bush doit débarquer ici!!! ».
Il y a tant de choses plus sérieuses à apprendre dans les synagogues avant qu’elles ne finissent en musée.
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