Lettre 402 La victoire en déchantant
Écoutez les maugréer contre cet accord à bas coût. On ne connaît son contenu que par bruits, bribes, affirmations contradictoires. Il aurait été signé électroniquement. Les Iraniens l’ont dévoilé en 14 points.
En résumé:
* Cessation de hostilités
* Ouverture du détroit,
* Déblocage de 12 milliards.
* Le reste, uranium, missiles balistiques, aides aux proxies terroristes est en suspension. A négocier.
La version définitive commune ne sera publiée qu’après signature prévue vendredi. Le premier concerné, Israël, en est exclu. Allié dans la guerre, exclu dans l’armistice. Netanyahu comme de Gaulle à Yalta ne sera pas sur la photo.
Et quelle photo!
Trump tente de recoller l'accord négocié par Obama (Yotam Fishbaïn)
Trump parti en guerre en chaussettes revient pied nus. Il lui sera reproché une chose et son contraire: D’être parti en guerre sans nécessité, puis d’avoir signé un accord bidon.
Il faut le dire, Trump avait sous-estimé deux paramètres. D’une part l’opposition à sa personne qui lui a scié la planche. D’autre part la vague de réprobations liée à la hausse du baril et à la crise économique. En Amérique, ça ne passe pas.
Trump pouvait se suicider pour aboutir à ses fins. Lancer ses chiens de guerre, bombarder à tout va et mettre le régime iranien à genoux. Mais sur sa lancée victorieuse, il a réduit les gaz, changé de stratégie au milieu du gué. Erreur fatale.
Car étrangler économiquement le régime des Mollahs par un blocus provoquait des dégâts collatéraux dans son propre camp. La stratégie du boa constricteur demandait du temps, plus qu’il n’en avait. Deuxième erreur.
En Iran le peuple souffre depuis 40 ans. Et lui seul en payait le prix sans que les Gardiens de la Révolution ne bougent une oreille. Car dans ces régimes totalitaires, le peuple est au service de l’idéologie jusqu’à la délivrance par la mort.
Mais le monde occidental des Schtroumpfs en culotte courte n’intègre pas ce paramètre inhumain. Erreur de concept. L’Etat au service du peuple et non le contraire.
Autre concept défaitiste: L’usage d’une force proportionnée épargnant les civils. La guerre est une parenthèse terrible, brutale, dévastatrice pour un retour à la paix des braves. L’Iran s’y était préparé. Et menaçait même d'anéantir le réseau internet en coupant les cables de fibre optique qui passent dans le détroit.
Trump a mis en place tous les attributs d’une campagne agressive, y compris une possible invasion des îles du détroit. Mais l’affaire des deux avions abattus a montré combien la question des pertes humaines était sensible. Faire la guerre oui da, mais sans cercueil. Sans perte humaine. Sans casse. Donc pas d’omelette.
Alors regardez bien.
La France était liée à la Pologne par une alliance militaire défensive signée en 1921 pour contenir une éventuelle agression de l’Allemagne. Lorsqu’en 1939 les « Panzer divisions » ont envahi la Pologne, l’armée française a pénétré en Sarre jusqu’à la ligne Siegfried sans rencontrer de résistance. Aucune escarmouche. La France a estimé avoir rempli son obligation et s’est retirée. Un an plus tard, ces mêmes « Panzer divisions » pénétraient en France pour défiler sur les Champs Élysées.
Cet exemple enseigne qu’un pays en danger dans ses frontières et obligé d'entrer en guerre va décréter la mobilisation générale, puiser dans ses ressources stratégiques. Tout sera mis en œuvre pour la défense de la patrie. Pour exemple, Pearl Harbor, attaque japonaise sans laquelle les USA ne seraient jamais entrés dans le conflit devenu mondial.
Par contre, il ne va porter le fer au loin qu’avec parcimonie. Surtout lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts d’alliés. Les pays du Golfe peuvent en témoigner.
Et quand l’Iran a bien intégré ce paramètre, l’affaire était pliée. Le temps travaillait contre Trump et non l’inverse. Stop au nom du baril de pétrole.
C’est un Iran à genoux qui dicte ses conditions à la première puissance mondiale et face à une armada théâtrale. Pieds et poings liés. Comme un pétard mouillé.
Et ce n’est que justice. Car qui est menacé par l’Iran? Paris? Londres? New-York?
Non. Tel-Aviv.
Qui veut se battre pour un gouvernement devenu le paria du monde occidental? Trump l’a fait sans l’assentiment de sa base électorale divisée. Pour un danger que l’Américain de base ne ressentait pas. Lointain.
Que reste t il de tout ça? Des slogans rageurs, des promesses qui n’engagent que ceux qui les reçoivent. Avec une certitude: On pouvait tuer la pieuvre de l’idéologie islamiste, car tout vient de là. Mais aucun dirigeant occidental n’est venu au concours de Trump. Les dissensions avec ce matamore ont escamoté l’intérêt mondial supérieur: éradiquer le terrorisme. Une occasion manquée. Elle ne se reproduira pas de si tôt.
Revenons à nos moutons.
Alors que Netanyahu vient de nous expliquer qu’il a sauvé le pays en repoussant pour des années la menace existentielle de la bombe atomique, des experts soutiennent que la trêve de 60 jours pourrait permettre à l’Iran de finaliser 12 ogives nucléaires.
Vrai ou faux!
Netanyahu affirme que Tsahal demeurera au sud Liban pour garantir la sécurité et que l’accord qui sera signé n’engage en rien Israël.
Vrai ou faux?
Déjà l’Iran fait monter les enchères: Pas de signature sans inclusion du Liban et retrait de Tsahal.
Mais vous avez compris.
Toutes les décisions ont été prises par Trump sans concertation avec Netanyahu. Mis devant le fait accompli. Une vassalisation qui va lui coûter sa réélection.
Pourquoi?
Voici la version d'un journaliste au fait des choses.
"Litige prend sa source dans la rencontre qui s'est tenue à la maison blanche lors de laquelle Netanyahu et le chef du Mossad Daddy Barnéa ont présenté à Trump un plan pour fairte tomber le régime iranien. Alors même que les hauts responsables du gouvernement américain ont qualifié ce plan de "Bulshit" sujet à complications, Trump a penché pour la proposition d'Israël. Il s'est laissé persuadé que la campagne d'Iran serait simple et rapide à l'instar du modèle vénézuellien.
Mais la réalité l'a rattrapé alors que les Iraniens lui ont tenu tête en fermant le détroit d'Ormuz. Et trump, homme d'affaires qui fuit les pertes, a décidé de mettre fin à cette campagne. Selon une source bien informée, Netanyahu lui a "fait un coup de pute". Il a compris que la vision de Netanyahu n'épousait pas la sienne, qu'il voulait continuer la guerre et poursuivre les bombardements.
L'affaire s'est corsée en marge du G7 qui s'est tenu à Paris, alors qu'il s'agissait de finaliser le protocole avec l'Iran. Selon les Américians, Netanyahu a tenté de faire dérailler les négociations en agissant dans le dos de Trump. "Je n'ai pas supporté le fait que deux heures avant la signature, il a ordonné un bombardement sur Beyrouth de façon totalement disproportionnée et brutale. J'avais d'excellentes relations avec Bibi, mais désormais, il devra agir de façon responsable pour ce qui concerne le Liban"
Fermez le ban!!
Un simple désamour?
Américains et Israéliens frères d'armes, agissant cote à cote dans une guerre commune mais avec des objectifs différents. Et qui doit prendre le pas? Celui qui veut aller plus loin ou celui qui réduit la voilure?
Et que penser de cette dernière annonce de Trump lequel déclare vouloir confier le désarmement du Hezbollah libanais au président syrien en déclarant:
"Netanyahu se bat avec le Hezbollah depuis trop longtemps sans aboutir. Le syrien sera plus à même de faire le boulot".
Cette fois c'est un désaveu. Tsahal devra donc se retirer du sud Liban comme les Iraniens l'exigent.
L’élastique s’est rompu. Trump est obligé de se retirer. Il ne reste plus personne au monde pour soutenir Israël. Pour lui le choix était simple: Fuir le conflit ou sombrer avec Netanyahu. Car Bibi est empêtré dans des intrigues politiques qui minent sa coalition. Les partis orthodoxes le lâchent, sa base est divisée face à cette trêve imposée. Les sondages sont en forte baisse. D’aucuns s’interrogent sur sa candidature. Il n’obtiendra pas la grâce présidentielle. Est-ce désormais le bon cheval?
Trump va rapatrier ses troupes. Les négociations à venir vont s’éterniser dans un labyrinthe dont les Iraniens ont le secret. Ils ne lâcheront ni leur emprise sur le Liban, ni l’uranium enrichi. Sans l'option d'un retour à la guerre, Trump n’a plus de levier. Et il voudrait négocier?
Et voila que le scénario d’un Iran dominateur dans les pays du Golfe se concrétise. Il le fera par l’oppression et esprit de vengeance. Et il en aura les moyens de ses exigences. L’Iran va négocier deux attributs:
* 300 milliards d’indemnisation pour dommages de guerre payés par lesdits pays du Golfe
* Un droit de passage dans le détroit pour sa sécurisation et son entretien.
Par ici le grisbi. Le vaincu exige indemnisation. Une première! Tout ça pour ça. Trump signera surtout s’il n’a pas à payer les pots cassés. Et dans six mois ce sera une affaire ancienne. Classée. A oublier.
Ici, il convient de suspendre son souffle.
C’est l’histoire de la bouteille moitié pleine ou moitié vide. On peut analyser ce conflit en optimiste ou pessimiste. Ce qui est certain c’est que rien n’est résolu. Affaiblir n’est pas vaincre quand le fort perd la partie. Quand le roi du monde se couche.
Israël doit enfin régler ses problèmes. De sécurité. De normalisation avec ses voisins. De la Palestine.
Car tout est lié. On peut continuer à nier la réalité. Penser que par la force, la haute technologie, le savoir faire, la réitération de miracles, l’adversaire baissera pavillon. Mais après cent ans de lutte, force est de constater que rien n’a changé. Le peuple israélien est en perte de confiance. Certains, et pas des moindres n’y croient plus. Quittent le pays. Et nous sommes en passe de perdre le soutien américain. Armageddon.
La lutte idéologique est le fer de lance de notre ennemi. Alors que nous luttons pour notre survie, l’ennemi dispose d’un réseau inépuisable de populations soumises.
Cette asymétrie doit être gommée. Rayer la Palestine ou l’admettre. Tel est le dilemme. Et n’oublions pas que le plan de Trump prévoit la création de cet État palestinien source de tant d'ennuis.
Mais comme ce choix est un leurre puisqu’il ne fera pas disparaître le conflit, lequel trouve sa source dans le refus d’un État juif en terre d’Islam, on persévère dans le déni, dans le statu quo.
Trump était le génie qui devait apporter le remède.
Mais l’antidote est pire que le mal. En quittant le théâtre d’opération, il nous laisse orphelin car nous ne sommes plus fréquentables.
Mais il y a pire: Le désamour entre Bibi et Trump. Netanyahu a tenté de faire capoter les négociations qu’il estimait contraire à nos intérêts. Trump l’a humilié, insulté, écarté du jeu. Le torchon brûle-t-il? Si c’est le cas, nous perdons le seul soutien. Une perte dramatique qui signifierait le retrait définitif de Trump de son plan de paix pour le Moyen-Orient. Ces accords d’Abraham que Netanyahu bloque en refusant tout processus de création d’un État palestinien.
Premier impératif: Sortir de cette isolement. Seuls et divisés, nous sommes plus que jamais vulnérables. C’est ici que cette guerre a été perdue. Car les succès de Tsahal n’ont pas été concrétisés sur la scène politique internationale.
Sisyphe et Pyrrhus, deux concepts plus que jamais d’actualité qui doivent éclairer nos dirigeants présents et futurs.
Car si la guerre Iran/ USA a pris fin, la guerre contre Israël n’est que partie remise. Pour combien de temps?
Comme le disait Jean Racine:
« Ma foi, sur l’avenir bien fou qui s’y fiera :
Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera. » (Les Plaideurs)
beaucoup plus brièvement: se référer à l Histoire. Les américains ont TOUJOURs laissé tomberleur alliès pour des motifs de politique et interêts intérieurs: de la Corée, au Vietnam, en Irak, en Afghanistan etc.. Confier son existence essentielle aux américains est un faute historique. B.Natanyaou est premier ministre depuis 17 ans... It is time to say goodbye on chantera ensemble
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