Lettre 404 Accord historique avec le Liban

Vous avez l'impression que cette guerre n'a apporté aucune solution. Qu'elle est stérile.

Que l'Iran sort grand vainqueur. 

Mais voilà qu'un pilier de son influence régionale vient de s'effondrer: Le Liban où se déroule une drôle de guerre.

Les délégations signent un accord historique

Celle du cheval de Troie. Ce cheval offert à l'ennemi comme un cadeau empoisonné. Les Libanais n'ont rien vu venir. Mais après 40 années d'infiltration, le Hezbollah a pris la main sur cet Etat exsangue.

Une proie devenue facile.

Et c’est en pleine guerre que le Liban vient signer un accord historique.

Ce n’est pas tant un accord avec Israël que contre l’Iran. Une façon de s’arracher de son emprise. Une déclaration d’indépendance d’un État à la souveraineté obérée. Sous tutelle.

Le Liban était certes en guerre avec Israël depuis 1948 et n’a jamais signé aucun traité de paix, ni reconnaissance, ni relations diplomatiques.

Un accord de cessez-le-feu a néanmoins été signé en 1949 définissant la frontière dite « ligne bleue ». Mais les deux guerres du Liban engagées contre les milices terroristes ont marqué la population libanaise sur fond de division religieuse, avec remise en cause du statu quo chrétien musulman.

En 2022, un accord fixant les frontières maritimes fut signé sous l’égide des USA pour permettre l’exploitation de gisements gaziers au large des côtes respectives. Mais qui veut investir au Liban!

Le Liban est de fait sous tutelle iranienne par le truchement du Hezbollah, principale force militaire doublée d’une influence politique soutenue par la population chiite.

Son entrée en scène remonte à la guerre Liban 1 (Paix en Galilée de 1982 à 2000). Le 30 aout 1982, l’OLP d’Arafat quitte le Liban pour se réfugier en Tunisie.

L’Iran des Mollahs décide alors d’envoyer au Sud Liban 1500 Gardiens de la Révolution pour exporter sa révolution islamique. Ils s’installent dans la plaine de la Bekaa pour unifier les différentes factions chiites sous la bannière du Hezbollah avec deux priorités: Détruire Israël et bouter les puissances occidentales hors du Liban.

Un apport qui ne peut que plaire aux Libanais dont la partie sud est occupée par Tsahal.

Le Hezbollah se positionne comme un mouvement de défense à l’occupation israélienne. En 1992, il entre en politique et pénètre le tissu institutionnel. 

Après 18 années d’occupation du Sud Liban Israël se retire en 2000, permettant au Hezbollah de s’ériger en héros national qui a vaincu Israël.

C'est alors que le piège se referme.

Car le Hezbollah refuse de désarmer et au contraire se renforce sur le plan militaire jusqu’à supplanter l’armée libanaise avec un arsenal considérable avec lequel il poursuit sa guerre larvée contre Israël.

Mais pour quel objectif? Israël parti, le Liban n'a plus aucune revendication et s'éloigne de l'idéologie mortifère du Hezbollah. Son intérêt serait au contraire de pactiser avec son puissant voisin.

Avec le temps, le conflit avec l’Iran pose la question de l’intérêt national libanais dans une guerre qui n’est pas la sienne. Le Liban est devenu la base arrière par laquelle l’Iran lance des attaques par le truchement de son proxy. Un état de guerre involontaire, subi, provoquant des conséquences dramatiques pour sa population.

La question de la souveraineté libanaise devient prégnante. Mais le Hezbollah étouffe dans l'œuf toute tentative de rapprochement.

Après l’affaire des bippers et des attaques frontales israéliennes contre les bastions du Hezbollah, ce dernier semble avoir perdu de son influence. La population est majoritairement contre la présence de cette milice armée qui n’agit que dans l’intérêt d’un pays tiers et provoque la ruine du pays.

Le cadeau devient poison.

Le Hezbollah menace le gouvernement libanais de provoquer une guerre civile s’il tente un rapprochement avec l’ennemi sioniste.

On se souvient qu’en 2008, le Hezbollah avait fomenté un coup d’état militaire en réaction à deux décrets limitant la pénétration du Hezbollah dans la sécurité de l’Etat. Le 7 mai 2008, face à ce coup de force, le gouvernement était contraint de démissionner. La question du désarmement était passée à la trappe.

En novembre 2024, dans le cadre du cessez-le-feu imposé par Trump, le Liban s’engage à désarmer le Hezbollah afin que l’armée libanaise demeure la seule force armée.

Accord historique? 

Trump venait de déclarer que le président syrien ferait mieux que Tsahal pour désarmer le Hezbollah.

Le message était à l’adresse du gouvernement libanais pour le pousser à prendre le taureau par les cornes. Il ne pouvait accepter une nouvelle entorse à sa souveraineté. Il a donc signé.

De quoi parle t on?

Un protocole d'accord de principe dont les détails ne sont pas encore dévoilés. Le retrait d'Israël doit s'accompagner d'une prise de position corrélative de l'armée libanaise.

Où, quand et comment?

Premier principe: Le Liban et Israël reconnaissent la souveraineté de chacun sur son territoire. 

Cela allait sans le dire mais encore mieux en l'écrivant. C'est la fin des agressions réciproques.

Ce qui implique à terme le retrait de Tsahal. Et une reconnaissance politique de facto.

Avec un bémol: Le Hezbollah n'est pas partie à cette pétition de principe.

L'accord va plus loin: Les deux pays soutenus par les USA déclarent s'engager sur la voie de la paix et de la sécurité réciproque dans le cadre de négociations à venir.

Deuxième principe: Le retrait de Tsahal est conditionné par le non retour du Hezbollah dans les espaces libérés et pris en main par l'armée libanaise. Des espaces "pilotes" seront mis en place pour engager ce transfert de souveraineté. Deux premières zones ont été fixées et après sécurisation, la population libanaise pourra reprendre ses droits.

Troisième principe: Les USA apporte leur soutien à l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah. Sous quelle forme? Il est question d'un secours financier important pour renflouer les caisses et réarmer l'armée libanaise.

Une force internationale pourrait se positionner pour l'épauler. Macron devrait trouver enfin une place sur la photo à condition qu'il mette ses promesses à exécution.

Voici enfin l’Etat Libanais en phase avec son voisin israélien dans une mission commune double: Désarmer le Hezbollah et se défaire de l’emprise iranienne. 

Mission impossible?

Coucher ce principe sur le papier vaut mieux que tous les accords de paix ou de reconnaissance réciproque. L’ennemi de mon ennemi est mon ami. On ne peux mieux qualifier la situation. Il n’existe aucun conflit d’intérêt entre le Liban et Israël. Aucune revendication territoriale. Quelques lignes mineures de frontière à redécouper. 

Pour Israël, cet accord est gagnant-gagnant. Il n'a pas vocation à demeurer au sud Liban mais peut légitimement y demeurer tant que le Hezbollah n'y est pas neutralisé.

Pour le Liban, le pari est plus difficile à tenir: Il entre en guerre contre une milice qui dispose d'une cinquième colonne dans son armée.

Les Forces Armées Libanaises (FAL) reflètent la société du pays dont les chiites représentent la communauté la plus nombreuse.

De la base jusqu'au sommet de l'état-major, les chiites (25% des soldats) sont influents et inféodés aux thèses du Hezbollah. Pour éviter tout conflit interne, la règle d'or qui prévalait voulait que "l'armée libanaise refuse de faire la guerre au Hezbollah".

Des tensions internes vont se produire avec une sorte de paralysie rendant difficile la concrétisation des objectifs politiques fixés par ce protocole d'accord.

Sans unité nationale, le rétablissement de la souveraineté au pays du cèdre parait bien compromis. Pour mettre fin à cette gangrène, le Liban devra se couper un bras. Le chemin parait encore long. 

Et que fera Tsahal après le premier coup de feu du Hezbollah contre cette armée qui enverra certainement des troupe à majorité chrétienne pour remplir la mission.

Il y a loin de la coupe aux lèvres.

Mais cet accord a l'avantage d'exister. Et l'Iran ne pourra le contrer sans subir les critiques acerbes du monde occidental.

Tiens, pour la première fois, Israël tient le bon coté de la cognée. Attendons avec intérêt la réaction de Macron. Car cette fois, il ne peut reprocher à Israël de porter atteinte à la souveraineté du Liban.

Trump vient de marquer un point important. Il a tenu promesse: Le Liban est une affaire indépendante avec interdiction à l'Iran de s'y immiscer.

Un caillou dans la chaussure des Ayatollahs. Et des Gardiens de la Révolution qui pourraient bien devoir plier bagages. 

ALEVAÏ (Si seulement)

Il existe toujours un antidote contre un poison. S'appelle t il Trump?

A moins que le Hezbollah ait la force de fomenter un nouveau coup d'état et de neutraliser la FAL.

Auquel cas cet accord historique aura vécu ce que durent les roses. Le temps des promesses.

Mais nous voulons tous y croire. Pour que cette guerre n'ait pas été engagée en vain.


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