Lettre 405 Mille jours après le drame
1000 jours.
On peut tromper une personne mille fois. On peut tromper mille personnes une fois. Mais on ne peut pas tromper 8 millions d’Israéliens mille fois.
Et pourtant!
Le mandat d’un gouvernement est de quatre ans. Aucun évènement aussi grave soit-il ne peut l’interrompre. Alors qu’on qualifie le massacre du 7/10 de drame le plus important depuis la création de l’Etat, le même gouvernement est toujours aux manettes.
La logique voudrait que le gouvernement démissionne en son ensemble. Et qu’une enquête publique vienne faire le jour sur les causes de cette catastrophe et désigne les coupables. On ne peut vivre autrement.
Mais le 8/10 nous étions en guerre. Et toujours très logiquement, ce gouvernement de l’échec s’est muté en gouvernement de la revanche. Et même mieux, il s’est adjoint des hommes politiques de l’opposition pour constituer un gouvernement d’unité nationale. La patrie est en danger.
Démission? Elections? Vous n’y pensez pas! Dans l’urgence, il faut parer au plus pressé.
La guerre finie on avisera. Et tous, ou presque, de s’aligner sur cette évidence. Dans ce blog, nous avons mille fois soutenu que c’était ajouter du drame au drame. De payer tribut à l’erreur. De laisser au pouvoir ceux qui avaient gravement fauté et qui refusaient à la fois de reconnaître leur échec et de démissionner.
Et rapidement, ce gouvernement d’union nationale s’est étiolé pour devenir celui d’un seul homme sous dictat de ses deux ministres d’extrême droite.
Gady Eisenkot et Benny Ganz, ces deux anciens chef d’Etat-major, membres de l'opposition, ont quitté ce cabinet de sécurité où ils n’avaient rien à dire.
Comment ces hauts dignitaires militaires pouvaient-ils accepter que le gouvernement fasse retomber la faute du drame uniquement sur l’armée et sur les services de renseignements. En s’exonérant de toute responsabilité.
Et mille jours après le drame, c’est de l’histoire ancienne. Chaque victoire militaire est sensée redorer le blason de ce gouvernement failli.
Alors regardez bien l’arnaque. Après le drame, Tsahal est accusé d’avoir seul fauté, mais après chacun de ses succès militaires, c’est le gouvernement qui s’en attribue exclusivement les honneurs.
Comment cette machine infernale a t elle pu prospérer? Un peu de bon sens. La guerre. Le moyen le plus efficace pour faire taire les opposants. Et ils n’ont pas eu le choix. Ils se sont tus. Pour un temps.
La guerre. Le moyen encore plus efficace pour mobiliser le peuple derrière un gouvernement de l’échec le plus cuisant du siècle. Et ça marche.
Alors poursuivons cette guerre à l’infini. Du moins jusqu’aux prochaines élections. Sait-on jamais, sur un malentendu ça peut fonctionner.
Il n’est pas question ici de contester la nécessité d’agir militairement, de détruire l’arsenal militaire iranien ou de ses proxys. Chacun verra midi à sa porte. Mais cette guerre qui se prolonge est le viatique du gouvernement, sa carte blanche, son joker, la raison de sa survie.
Et que n’a t on entendu « Bibi c’est fini ». « Bibi t’es foutu ». Il est la, et bien la avec cette auréole du sauveur de la nation.
N'a t il pas déclaré qu'il avait sauvé la nation de la destruction en anéantissant le nucléaire iranien. Dont acte. Son ministre des finances Smotrich n'a t il pas déclaré que grâce à lui, les otages étaient rentrés. Lui qui s'opposait à toutes les négociations afin de poursuivre la guerre à Gaza pour d'occuper le terrain et mettre en place la colonisation.
Et d'aucuns prétendent que la guerre aurait pu s'arrêter bien plus tôt en sauvant les 40 otages qui furent exécutés pendant ce temps.
Vrai, faux? Chacun veut se prévaloir d'un succès qu'il est bien difficile de percevoir, face à un drame qui mine la société laquelle ne trouve ni remède, ni soulagement.
La plaie demeure béante. La poussière a été balayée sous le tapis. Mais cette roue de la guerre qui continue à tourner va s'arrêter. Trump met du sable dans les rouages du gouvernement. L'heure des comptes et décomptes approche. Netanyahu le sait. Il l'appréhende. Alors encore une belle opération militaire contre l'Iran. Ou le Hezbollah au Liban. Les opportunités ne manquent pas pour arriver aux élections avec une belle "demi victoire" (Ou demi-échec) comme toutes les fois précédentes.
Avec ou sans les Américains. L'important est de mettre le pays dans le stress, et que sans lui, le monde risque de s'écrouler.
Car nous y sommes presque.
Et avez vous pourquoi ce monde nous met en accusation?
Alors regardez bien.
Il ne s'en prend pas aux Israéliens en général. Le monde occidental s'en prend à Netanyahu et à ses sbires de droite extrême qui prônent la colonisation à outrance.
Et que nous reproche t il? De n'avoir pas fait tomber ce gouvernement. De lui laisser carte blanche pour une politique guerrière qui ne mène à rien à ses yeux, sinon à déstabiliser l'économie mondiale.
Nous sommes responsable du prix du carburant à la pompe. Seul critère important. Trump lui-même n'a t il pas déclaré que tout le monde possède des missiles balistiques, alors pourquoi pas l'Iran!
On en est la.
De la à admettre le même principe pour l'arme nucléaire il n'y a qu'un pas. Puisqu'il est incapable de l'empêcher.
Comme si l'Iran devenait subitement un pays fiable, doté d'armes de destruction massive dont il ne se servirait pas. Comme si ces mêmes missiles balistiques n'étaient pas tombés sur Tel-Aviv!
Dernière reculade. Trump veut poursuivre son plan de reconstruction de Gaza sans désarmer le Hamas.
Mais comment le faire sans passer par lui. Sans légitimer sa présence. Son idéologie. Une sorte de libanisation de Gaza avec un gouvernement de technocrates soumis aux baïonnettes des terroristes.
Alors oui, Israéliens on vous ment. De Trump à Netanyahu, leurs slogans victorieux sont autant de poudre aux yeux. De promesses qui s'enlisent dans les sables du désert. Les forces du mal viennent de dicter leur loi contre un Occident qui veut faire la guerre sans casse, sans cercueils, sans vagues, sans hausse du prix à la pompe. Alors qu'en face, on est prêt à massacrer dans la rue 40.000 citoyens, sans que cela ne pose le moindre problème moral.
Encore une guerre asymétrique ou entre le fort et le faible, les forces s'inversent.
Alors le monde se tait. Détourne le regard. Se voile la face. Espère que cette ennemi satanique ne franchira pas sa frontière. Demeurera chez lui. Chut pas de bruit.
Mais voyez vous, rien n'est jamais fini et c'est à la fin du bal qu'on compte les entrées. Tôt ou tard ce régime des Mollahs finira par tomber comme Assad en Syrie. Et il en ira de même pour notre gouvernement que la guerre ne peut éternellement sauver. Tout artifice finit par se dévoiler.
Occupation et colonisation sont autant de d'opérations mangeuses d'hommes et de finances qu'un petit Etat ne peut supporter bien longtemps. Et notre dernier ami qui marche désormais à reculons va nous expliquer qu'il nous faut sortir de Gaza et du sud Liban, raison pour laquelle Netanyahu scande qu'il n'en est pas question. Las!
Et si vous cherchez la solution, rappelez vous que la guerre n'est pas la solution. C'est un autre moyen de faire de la politique. Et la folie c'est de faire toujours la même chose en espérant une solution différente. Preuve par neuf que cette guerre va se finir avec un gout amer, chacun annonçant qu'il a vaincu. Pyrrhus et Sisyphe comme figures de proue sur les visages de Netanyahu et Trump.
Mille jours sont passés. Ni enquête publique ni reconnaissance de responsabilité. Trump aura pour le moins enseigné à Netanyahu ce que son mentor lui avait appris.
Roy Cohn fut l'avocat de Donald Trump à partir du début des années 1970, alors que celui-ci reprenait progressivement les affaires immobilières de son père, Fred Trump. Cohn avait déjà acquis une immense notoriété comme procureur dans l'affaire des Julius Rosenberg et Ethel Rosenberg, puis comme conseiller du sénateur Joseph McCarthy pendant la période du maccarthysme.
Son influence sur Donald Trump est souvent résumée par trois principes qu'il lui aurait inculqués:
- Attaquer systématiquement l'adversaire ;
- Ne jamais reconnaître ses torts ;
- Toujours se présenter comme vainqueur, même dans une situation difficile.
Ces trois principes sont appliqués avec succès par Netanyahu: Accuser l'opposition d'être des anarchistes, n'endosser aucune responsabilité dans le drame, crier victoire et se présenter comme le sauveur de la nation.
Le film "The Apprentice" nous dévoile la face cachée de cette histoire. Alors que Roy Cohn est frappé par le sida dont il en mourra, Trump le lâche comme une vieille chaussette. Devenu infréquentable. Il fera pareille avec Netanyahu devenu partout indésirable, infréquentable, un fardeau.
"Mon D.ieu, protégez moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge". (Voltaire, Bonaparte et d'autres...)
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