Lettre 407 Plutôt mourrir que servir
Cette loi scélérate est passée.
Elle suspend les déserteurs Juifs ultra orthodoxes de l’arrestation et l’emprisonnement. Ceux qui ont été arrêtés seront donc libérés.
En voici les principales dispositions:
"Gel des arrestations, enquêtes ou mesures d'exécution contre les étudiants de Yechivot appelés sous les drapeaux."
"En reconnaissance de l'importance de l'étude de la Torah, il est décidé d'un dispositif spécial par arrêté temporaire du gel des arrestations des étudiants des Yechivot dont la foi est placée dans la Torah" (Toratam Omanoutam)
Cette loi temporaire aura effet jusqu'au 30 novembre, soit après les élections fixées au 27 octobre.
Netanyahu a cédé aux exigences des ultra religieux pour préserver le bloc de la coalition et affronter ensemble les élections.
En échange, ils voteront la loi affaiblissant le pouvoir de la consillère juridique du gouvernement et sur la création d'une commission d'enquête politique sur les causes du 7/10 (En troisième lecture).
Il y a des minutes historiques, celles-ci sont des minutes dramatiques. Comme le couperet de la guillotine. Elles tranchent dans le vif de la fracture sociale.
L’opposition a hurlé « BOUCHA!!! » (Honte à vous) et encore "LECH" (Dégage!).
Un recours a aussitot été déposé devant la cour suprême par l'opposotion.
Tous savent que cette loi est mort-née. Attention aux yeux!!!
Au sein de l'armée, c'est un coup de poignard dans le dos. Une traîtrise. Va t on à nouveau entendre des voix refusant de répondre à un nouveau Tsav 8. (Appel à une nouvelle période de réserve de deux ou trois mois)
La fatigue s'est installée. Les zones de combat se sont élargies. Mais les rangs sont clairsemés et ne peuvent répondre de façon efficace aux nécessités. L'augmentation du service militaire de 32 à 36 mois n'a pas été votée malgré l’urgence. Et au contraire le Likoud fait voter une loi d’exemption.
La pression sur les réservistes sera encore plus lourdes en fin d'année avec la libération des appelés.
Tsahal est une armée qui n'est pas constituée pour des guerres longues. D'où le besoin de renforcer les rangs du service d'active et d'enrôler tous les Israéliens, sans exception.
Il y aura un prix à cette
Tous n’ont pas voté. Certains membres du Likoud ont voté contre. Certains sont sortis de l’assemblée. Parmi eux, Netanyahu. Il était présent pour s’assurer de la majorité, puis a quitté la salle lors du vote.
Vous avez bien lu.
Il s’est absenté. Un coup de téléphone de haute importance! Au bon moment. « Allo, trois pizzas pour midi avec sauce piquante ».
Il ne voulait surtout pas être filmé votant une telle loi anti sioniste et tant critiquée. On se souvient du vote pour le retrait de la bande de Gaza en 2005 où il vota "pour" alors que depuis, il soutient que ce retrait fut une faute grave qui a amené le 7/10.
Combien cette vidéo fut virale contre lui.
Ca devient une habitude. Netanyahu s'absente lors du vote des lois sujettes à contestation. Il le fit pour la loi fondamentale de l'étude de la Torah et pour la loi ordonnant une enquête politique sur les causes du drame du 7/10.
Il aime tant les pizzas. "Allo..."
On ne pourra donc pas lui reprocher d’avoir voté pour cette loi scélérate qui porte atteinte à la sécurité du pays.
Car depuis des mois, le chef d’état-major Zamir alerte les dirigeants sur le manque cruel de soldats qui le force à mobiliser encore et encore les réservistes lesquels servent bien au-delà du supportable.
Et bien qu’à la veille du vote, il s’est encore fendu d’une dernière alerte, cette loi a été votée en dépit du bon sens. Contre l’intérêt national. Contre la nation tout court.
Mais il y a mieux.
Nombre de députés ont, qui un fils, qui un proche, emprisonné par l’armée comme déserteur.
Comment ne pas voter cette loi. Conflit d’intérêt? Cherchez l’erreur!
Alors deux choses.
Cette loi ne suffit pas aux exigences des H’aredim. Ils exigent une loi d’exemption totale.
D’un autre côté on sait que l’enrôlement de force est inefficace et se heurte à la force politique de cette minorité agissante. Alors à quoi bon!
Il y a ainsi près de 100.000 réfractaires qui manquent à l’appel. C’est énorme. Netanyahu veut poursuivre la guerre. Mais avec qui?
Le gouvernement, en chargeant le député Bizmuth de concocter une loi qui permettrait un enrôlement progressif, a plié. Ce projet de loi a été remisé. Ils n’en veulent en aucun cas. Non négociable.
On nous inonde de slogans d’union nationale. De résilience. De force dans l’union. Et dans le même temps, cette loi est votée par ceux-la mêmes qui accusent l’opposition de provoquer l’anarchie.
Il suffirait que ceux qui n’étudient pas s’enrôlent pour remplir les vœux de Zamir. Il lui manque 10.000 soldats combattants.
Mais les guides spirituels orthodoxes ne veulent rien entendre. Ni ceux la, ni les autres. Ceux qui vivent en orthodoxie doivent y demeurer sous peine de se fourvoyer. Ceux qui n’étudient pas sont le plus susceptibles de quitter ce monde clos. Hors sol.
Alors comprenez bien.
Les H’aredim vivent dans leur bulle. Ils s’interdisent de transiger. Leur vision d’Israël est liée à la stricte observance de la Torah. Israël est le pays des Juifs. Ce principe a été écrit dans le marbre de la loi. C’est le chemin à suivre. Les femmes sur trottoir de gauche, les hommes à droite. Comme à Bné Brak ou Bet Shemech. Aussi dans les transports publics. A l’académie.
La Merh’itsa (Séparation des sexes dans les synagogues) comme principe sociétal général. Et le reste à l’avenant.
En France, le H’alal est entré dans les cantines scolaires. Il y a dix ans, c’était un tabou.
Vous avez compris. Les minorités agissantes dictent leur loi. C’est une question de temps.
Cette année, la Yerida a dépassé l’Alya. C’est un premier signe inquiétant. Et ce malgré l’antisémitisme galopant qui sévit ailleurs.
Religion, vie publique ou vie privée. La loi qui vient d’être votée fait basculer un peu plus la nation dans une conception religieuse privilégiée.
Ce qui est désolant, c’est que ce vote n’est pas un choix national partagé mais un dictat politique auquel le gouvernement de Netanyahu s’est soumis. Pour survivre. À pures fins électorales.
Les indécis et ceux qui ne votent jamais doivent regarder ce tableau avec lucidité. Ou s’acheter un Shtreimel.
La république judaïque avance à pas comptés comme la charia en France. Pour ceux qui ne l’acceptent pas en Israël, il leur reste une chance aux élections prochaines. Ou s’exiler en Micronésie.
Mais coup de théatre.
La cour suprême a rendu son verdict avec la même célérité que celle mise par la Knesset pour légiférer.
Elle vient de rendre un arrêt intermédiaire suspendant l'application de cette loi.
Les deux pieds sur la pédale de frein. Rien ne va plus!
Le président du parti SHASS Arié Dhéry fulmine et dénie toute compétence à la cour pour contrer une loi votée à la majorité par les élus du peuple.
Il lui reproche d'être un suppot des activistes de gauche contre la volonté du peuple (Ou plutôt de ses élus). Le haute cour serait infiltrée par la politique et agirait contre la loi.
Un autre parti religieux, Agoudat Israël reproche à ce même Dhéry d'avoir poussé au vote d'une loi qu'il savait illégale. "Nous savions exactement comment ce sketch se finirait".
Et encore: "Dictature judicaire contre volonté du peuple".
Et attendez vous de savoir que la cour suprême annulera cette loi qui défie les règles basiques de l’égalité des droits et charges. On ne peut exonérer une partie du peuple de toute conscription sur des bases idéologiques.
Cette loi est contraire à sa décision précédente qui mettait le gouvernement en demeure de présenter une loi sur la mobilisation des H’aredim.
Une décision qui sera elle aussi bottée en touche? Déjà les mebres de la coalition appelle la police a refuser les arrestations s'opposant ainsi à la décison de la cour suprême.
Et se repose la question de savoir qui prime entre le gouvernement, la Knesset et l'autorité judiciaire.
Et c'est précisément la que le gouvernement voulait aboutir. Semer le chaos. Sans moi, point de salut!
Israël doit lancer un vaste programme de consultations et de communication pour définir l’ordre national futur. Par un consensus hors toute politique politicienne.
Sinon les élections qui se profilent ne feront qu’accentuer la fracture. Le balancier provoquera l’annulation de toutes les avancées des H’aredim.
Mais rien ne sera résolu pour autant. Quand une partie de la nation peut scander « Plutôt mourir que servir », cette nation doit se regarder dans le miroir.
Alors faisons un deal:
Que les H’aredim s’enrôlent et que les H’ilonim s’engagent à prier chaque Chabat à la synagogue.
Chiche!
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