Lettre 408 Le lanceur d'alerte du 9 AV
Pendant des années, Churchill avait alerté le gouvernement dirigé par Chamberlain sur les intentions belliqueuses d’A. H. clairement annoncées dans son opuscule Mein Kampf.
Winston Churchill appelait à s’armer et se préparer à une guerre que personne ne voyait venir. Que personne n’envisageait après la boucherie de la grande guerre, la « Der des Der »
Et à chaque fois, il était rabroué et renvoyé dans les cordes. Car tout peut se régler par la diplomatie. Pensait-on.
Et même alors que les alertes de Churchill se concrétisaient, invasion de la Tchécoslovaquie, annexion de l’Autriche, réarmement de la Rhénanie, Chamberlain était revenu de Munich avec un accord de paix critiqué de façon acerbe par Churchill par une phrase devenue célèbre:
« Entre la guerre et le déshonneur vous avez choisi le déshonneur. Vous aurez le déshonneur et la guerre ».
Peu après les Nazis envahissaient la Pologne.
L’histoire lui a donné raison. Churchill succèdera à Chamberlain et malgré la déconfiture des forces franco-anglaises dans la poche de Dunkerque, il refusera de négocier avec les Nazis par un discours resté célèbre: « We never surrender »
Et il mènera l’Angleterre à la victoire.
Macron est un autre lanceur d’alerte. La Pologne, encore elle, serait dans le viseur de Poutine. Il faudrait donc se réarmer à coup de milliards. Malgré la faillite de l’économie. À réfléchir.
L’histoire fourmille de ces lanceurs d’alerte dont le premier serait Noé. Alors qu’il construisait son arche et annonçait le déluge, les passants le raillaient. Et pourtant. Légende ou homme visionnaire?
Cette année, le 23 juillet commémorait la destruction des deux Temples de Jérusalem survenue le même jour à 600 ans de distance: le 9 Av selon le calendrier hébraïque.
Ce n’est pas une légende comme pourrait le penser certains ignorants. Car il est constant et admis que le Mont du Temple est l’endroit où se trouvaient ce qu’on pourrait désigner comme « le Vatican » du peuple Juif. Toute la vie civile ou religieuse s’orientait autour de ce monument, symbole d’un peuple qui avait reçu de la voix de D.ieu et de la main de Moïse, ces lois extraordinaires. Car la Torah ne se limite pas aux Dix Commandement de Charlton Eston. Ce fut pour l’époque une avancée sociétale spectaculaire, une véritable révolution dans le concept de modernité de la vie.
Pour exemple, la consécration d’un jour de repos, le Chabat. Pour tous, même pour les animaux.
Ou encore la liberté de l’esclave après sept ans.
Egalité fondamentale devant la loi. « Vous ne commettrez pas d'injustice dans les jugements : tu ne favoriseras pas le faible et tu ne privilégieras pas le grand. »
Protection pour l'étranger, de la veuve et l'orphelin.
Remise des dettes en cas de fort endettement.
La glanure: Le cultivateur doit laisser une partie de la récolte sur pied pour les pauvres.
Et bien d'autres avancées.
1. Le Premier Temple : le Temple de Salomon
Selon la tradition biblique, le premier Temple fut construit à Jérusalem par le roi Salomon, fils du roi David, vers le milieu du Xe siècle avant notre ère.
Le Temple était le centre religieux du royaume d'Israël : on y conservait notamment l'Arche d'Alliance, et les sacrifices y étaient accomplis par les prêtres (Cohanim).
En -586 le roi babylonien Nabuchodonosor II, conquit Jérusalem, détruisit le Temple et emmena une partie importante de la population en exil à Babylone.
Conséquences :
- destruction du premier sanctuaire ;
- fin du royaume de Juda ;
- déportation d'une partie de la population juive à Babylone ;
- profonde transformation du judaïsme, avec une plus grande importance accordée à la prière, à l'étude et à la Torah ;
- naissance de la diaspora juive à grande échelle.
2. Le Second Temple
Après la conquête de Babylone par le roi perse Cyrus le Grand, les exilés furent autorisés à retourner à Jérusalem. La reconstruction du Temple commença à la fin du VIe siècle avant notre ère, et fut achevé vers -515.
Au Ier siècle avant notre ère, le roi Hérode le Grand entreprit une gigantesque rénovation et un agrandissement du Temple. C'est ce Temple, considérablement agrandi et embelli, qui existait à l'époque de Jésus.
3. La destruction du Second Temple
Au Ier siècle de notre ère, la Judée était sous domination romaine. Une révolte contre Rome éclata en l'an 66.
Après plusieurs années de guerre, les armées romaines commandées par le futur empereur Titus assiégèrent Jérusalem. En 70, la ville fut prise et le Second Temple fut détruit et incendié.
La destruction du second Temple constitue l'un des événements les plus importants de l'histoire juive.
Conséquences :
- disparition du Temple comme centre du culte juif ;
- fin des sacrifices et du système sacerdotal lié au Temple ;
- déplacement du centre de la vie religieuse vers les synagogues, l'étude de la Torah et la prière ;
- développement du judaïsme rabbinique, qui allait devenir la forme dominante du judaïsme ;
- dispersion accrue des Juifs dans l'Empire romain et au-delà.
Le mur Occidental (Kotel), aujourd'hui lieu de prière majeur, est un vestige du mur de soutènement de l'esplanade construite et agrandie à l'époque d'Hérode ; ce n'est pas un mur du Temple lui-même.
Tout celà vous le saviez déjà mais qu'il est bon de se replonger vers le passé.
Le 9 Av est un jour de deuil où il est d’usage de lire la Meguila Eikha (Comment = אֵיכָה) tirée du Livre des Lamentations attribuée généralement au prophète Jérémie, Irmiyahu (יִרְמְיָהוּ) en hébreu.
Ce n’est pas un texte relatant la destruction du Temple de Jérusalem. Mais un texte annonciateur de cette destruction. Il aurait donc été écrit avant la destruction du premier Temple.
La première version du texte aurait été adressée au roi Barouh ben Neriah lequel l'aurait brulée en s'exclamant: "Comment peux tu prédire de telles inepsies. Es-tu devenu fou!".
Mais Irmiyahu ne se découragea pas. Il écrivit son alerte sur un second parchemin, cette Méguila que nous lisons en ce jour de deuil. En vain.
Il y a toujours des dirigeants qui se détournent des lanceurs d'alertes en les accusants d'exagération. Le dernier en date n'est-il pas le maladroit Eric Zémour lequel a cru devoir soutenir que le régime de Pétain avait sauvé les Juifs français. Même, si les chiffres lui donnent raison, (30% seulement ont été déportés) il fut vouée aux gémonies sur ce fondement lorsqu'il alertait sur la montée des Frères musulmans. Politiquement incorrect. Mais sa théorie semble faire florès.
Netanyahu. Encore lui, n'écoute pas son opposition qui le critique de façon acerbe au regard de l'effondrement de notre situation internationale. Face à l'Amérique qui nous boude, et c'est un euphémisme. Et que dire de cette politique d'un gouvernement aux mains de ministres de droite extrême qui fracturent la société de l'intérieur par une réforme affaiblissant l'autorité judiciaire. Une démocratie en déroute. Certains n'hésitent pas à évoquer l'implosion d'Israël sous forme de guerre civile à bas bruit. Israéliens religieux contre laïcs.
Sont-ils des histériques. Des pessimistes?
Trump.
Tout ce qui a été dit sur lui est exact.
Et surtout ce qui n'a pas encore été dit.
Cinglé, timbré ou fou lumineux.
Est-il lanceur d’alerte lorsqu’il désigne la Chine comme ennemi potentiel qu’il convient de contrer économiquement.
Et lorsqu’il annonce l’instauration d’une paix durable dans un Moyen-Orient apaisé, est-il visionnaire ou affabulateur.
On peut lui accorder le crédit d’œuvrer positivement pour une normalisation entre Israël et le Liban. Ou l'Arabie Saoudite.
L'affaire est sur les rails.
Et de faire avancer son plan de paix à Gaza où les premières forces armées internationales viennent de prendre pied. Un contingent marocain sera suivi d’autres forces pour venir au concours d'un gouvernement technocratique à mettre en place.
La Riviera deviendrait-elle réalité?
Quant à l’Iran, Trump mène une drôle de guerre où chaque frappe a pour but non d'anéantir l'ennemi, mais de l'amener à la table des négociations.
La messe n'est pas dite.
Et tous de regarder, incrédules, se dérouler ce conflit se dérouler sous leurs yeux en spectateurs experts, commentant chacun de ses propos.
Il ne sera pas question ici du Christ comme lanceur d'alerte puisqu'il n'avait pas prévu de mourir sur la croix. Pour preuve ses dernières paroles:
« Éli, Éli, lema sabachthani ? » (Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?)
Curieux, non!
Selon la théologie chrétienne, il aurait prononcé ces paroles pour évoquer la détresse que peut ressentir un humain, alors que par son essence divine, il connaissez son sort.
Amis chrétiens, soyez rassurés. Il annonçait la venue d'un monde meilleur. Certains prétendent sérieusement qu'en 2000 ans, cette prophétie s'est réalisée puisque notre monde est en paix. Une pax romana bien fragile.
Que chacun regarde autour de lui et s'interroge à son étage. Le monde est en pleine mutation. Des flux migratoires sont en marche de façon inébranlable. Les Trente Glorieuses passées pourraient bien laisser place à un monde moins tolérant, moins insouciant.
Mais attention. Ne sommes nous pas en passe de jouer à notre tour les lanceurs d'alerte!
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