Lettre 419 Le programme spartiate de Netanyahu
Mais quelle mouche l’a piqué ?
A deux jours des élections.
Netanyahu a donné une interview sur la chaîne 14 qui lui est toute acquise.
Il s’est fendu de deux nouvelles aussi simples qu’explosives:
L’aide américaine prendra fin en 2028 et il faudra apprendre à s’en passer. Slatch!!
4 milliards de dollars par an. Une broutille!
La suite vaut son pesant d’or: Il faut s’attendre à des sanctions économiques et financières.
« Pas grave. J’ai tout prévu. J’ai mis en place un système de paiement contournant ces sanctions financières: la cryptomonnaie. »
Il a inventé le fil à couper le beurre!
Le bas de laine est-il en péril? Faut-il retirer ses avoirs d’urgence? A qui faut-il se fier?
Après avoir fait fleurir l’économie israélienne, Netanyahu prédit le chaos financier, mais il possède l’antidote pour nous épargner le pire.
Beaucoup ne connaissent pas cette crypto monnaie, le Bitcoin entre autres, et ignorent totalement quelles en sont les conséquences dramatiques.
Un effondrement général de l’économie.
Ceci dit, en appelant à se préparer auxdites sanctions, Netanyahu semble les appeler de ses vœux. Et tend des verges pour se faire battre.
Deux questions nous taraudent:
- Comment en est-on arrivé la?
- Pourquoi en parler à cet instant crucial?
Cette catastrophe annoncée par les économistes n’est pas sortie du chapeau. Mais il y a un tour de passe-passe. Comment notre pays, victime d’une Shoah meurtrière est devenu responsable d’un génocide inventé. Il a suffit de quelques déclarations malencontreuses sur fond de destructions à Gaza pour rendre l’exigence d’un Etat palestinien incontournable. Et le houliganisme des affidés de Smotrich et Ben Gvir ont achevé le travail.
C’est la victoire médiatique des Frères Musulmans. Mais on les a un peu aidé.
Des pays ont déjà le doigt sur la gâchette pour déclencher ce tsunami. Ils attendent le résultat des élections.
Ils ont lancé un boycotte sur les produits israéliens en provenance de la Palestine. Et ils envisagent de l’étendre à ceux qui y collaborent, donc notamment aux banques qui les financent. Et qui forcément sont implantées en Judée Samarie.
Le système bancaire israélien en son ensemble serait ainsi exclu de la finance internationale. Plus de carte Visa, plus de virement, plus d’achat Amazone. Et comment financer notre déficit lié à la guerre?
Alors regardez bien.
Cette perspective donne le tournis. Aucun pays ne résiste longtemps à une telle exclusion et surtout pas Israël dont l’économie fonctionne grâce au Higtech et aux investissements étrangers.
Le gouverneur de la banque d’Israël a alerté sur le caractère implacable des sanctions et sur l’inanité de la solution proposée.
Alors pourquoi amener ce débat sur la table alors qu’il dessert les intérêts de Bibi? Et nous expose au discrédit international.
Nombreux sont ceux qui ont considéré que Netanyahu avait « pété les plombs ».
Mais ce n’est pas son style que de commettre une telle erreur à 48 heures d’un jour fatidique.
Il a lancé un pavé dans la mare qui fait beaucoup de vagues et qui occupe tout l’espace médiatique.
Pourquoi?
Pour éviter qu’on se concentre sur d’autres sujets qui le gênent aux entournures, notamment le massacre du 7 octobre. Ou encore les frasques de ses conseillers qui ont truqué des documents classifiés. Ou plus encore la question de l’exemption des H’aradim. Ces derniers ne décolèrent pas.
Et après avoir annoncé une éventuelle guerre pour le jour des élections, il annonce une guerre économique et financière qui est dans l’immédiat tout aussi hypothétique.
Le magicien Bibi a revêtu son habit de lumière. Il est à la manœuvre. Il se sait dos au mur et tente une sortie. Il appelle Trump à son secours. Un petit coup de pouce complémentaire.
Advienne que pourra.
Il n’envisage pas de prendre les mesures pour éviter ces sanctions. Ce que chacun ferait en toute logique.
Non. Il persiste. Ce qui semble démontrer qu’il n’envisagera pas de changer la politique dirigée par ses ministres d’extrême droite: Pousser les Palestiniens à quitter la région. De gré ou de force.
Même au prix de ruiner le pays. De nous reléguer au rang de la Russie, l’Iran, la Corée du Nord.
On se souvient du discours de Netanyahu le 15 septembre 2025 en réaction aux menaces de sanctions économiques et d’isolement diplomatique croissant:
« Nous sommes Athènes et Sparte. Mais nous allons devenir Athènes et Super Sparte. Nous n’avons pas le choix »
L’histoire grecque nous apprend que Sparte était le symbole d’une société organisée autour de la discipline militaire et de la puissance guerrière. Cette guerre du Péloponnèse dura 27 ans et si Athènes dû capituler, Sparte fini par être vaincu par Thèbes, un autre ennemi. Une sorte de victoire à la Pyrrhus.
On découvre ainsi la stratégie de Netanyahu. Devenir autonome sur le plan de l’armement militaire, refuser toute ingérence étrangère et mener à bien un plan d’évacuation des populations arabes.
Tout un programme dont le revers de la médaille est la preuve de son impossible concrétisation. Mais sa base est convaincue que le destin d’Israël est de subir une guerre éternelle face aux Arabes.
Ils y sont prêts. Mais avec quelle armée? Avec quel soutien financier.
Et nous voilà renvoyé à la question première. Comment en sommes nous arrivés là?
Face à ce dilemme, que chacun vote selon sa conscience. Si Netanyahu est réélu, et puisqu'il ne peut plus voyager, il est normal que les Israéliens en soient privés également. Le syndrome du drapeau. Tous autour de leur chef de guerre.
A Sparte comme en Grèce, chacun verra midi à sa porte. Le destin d'Israël se joue dans les urnes. Chaque bulletin compte.
Soyez tous au rendez-vous.

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